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Cinéma: Le profil Amina chez Station Vu

Culture
profil amina

Le profil Amina, de Sophie Deraspe, sera projeté chez Station Vu cette semaine. C’est l’occasion de vivre une expérience hors du commun : celle d’un film qui évolue à la frontière de la fiction, du polar, du documentaire et de la politique.

Mme Deraspe signe ici une œuvre particulière et brillante. Un film qui raconte l’histoire d’amour entre deux jeunes femmes gaies, Amina Arraf, révolutionnaire américano-syrienne, et Sandra Bagaria, jeune montréalaise qui a connu Amina sur le web. Mais Le profil Amina montre surtout à quel point Internet a transformé notre rapport avec la réalité, de manière insidieuse, à tous les plans : personnel, sociétal, politique, médiatique.

Sophie Desrapse nous emmène rapidement un peu partout dans le monde à la recherche d’Amina, qui anime un blogue devenu célèbre, A Gay Girl in Damascus (une fille gaie à Damas), dont la popularité explose alors que s’enclenche le Printemps arabe et, surtout, la révolution Syrienne. Pendant que l’histoire sanglante s’écrit au Moyen-Orient, Amina et Sandra entretiennent une relation amoureuse en ligne jusqu’à son kidnapping par la police secrète syrienne. L’enlèvement déclenchera une campagne internationale pour la faire libérer, car on la croit menacée de viol, de torture et de mort.

Mais avant l’enlèvement, A Gay Girl in Damascus est devenu un phénomène mondial sur le web et dans les médias conventionnels. Un article dans le vénérable journal britannique The Guardian décrit le phénomène, ce qui lui ajoute une aura mondiale.

Le film se transforme en une sorte d’enquête journalistique qui nous emmène à Montréal, aux États-Unis, en Europe et au Moyen-Orient, où la réalisatrice, souvent accompagnée par Mme Bagaria, tente de retrouver Amina et, surtout, dialogue avec ceux et celles qui ont joué un rôle dans cette enquête aux multiples ramifications, qui a tout d’un polar et d’un thriller politique et d’espionnage. On en vient par se demander qui est réellement Amina? Et on finit par connaître son vrai visage.

Le film est intéressant parce qu’on voit à quel point le web peut influencer le cours de l’histoire de façon sournoise. Pendant que l’histoire rocambolesque d’Amina se déploie dans les médias planétaires, « des gens meurent seuls, dans le noir en Syrie » dénonce un révolutionnaire. Sophie Desraspe s’attaque ici à la question de l’identité et de la communication à l’ère du Web 2,0. On est un peu ébranlé et ému comme, on s’en doute, la réalisatrice l’a été, quand elle a décidé de faire un film sur l’histoire d’Amina, au moment de son kidnapping. Elle connaissait déjà les détails de cette histoire, car Sandra Bagaria est l’amie personnelle de la réalisatrice. Le profil Amina a fait partie de la sélection officielle du film de Sundance cette année.

Bande-annonce :

 

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