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Des nouvelles de Saint-Jean-de-Dieu

Histoire
feu Saint-Jean-de-Dieu 1890 Robert Carrière
Catastrophe à la Longue-Pointe: le feu ravage l’asile de Saint-Jean-de-Dieu en 1890. (Coll. Robert Carrière – BANQ)

Quelques nouvelles de l’asile de Saint-Jean-de-Dieu après le feu de 1890, que j’ai récupérées dans les journaux de l’époque. L’incendie a eu lieu le 6 mai cette même année.

Un patient de l’asile – 21 mai 1890

J.Coiley, un patient de l’Asile de la Longue-Pointe qui s’était sauvé jusqu’à Plattsburgh, États-Unis, a été conduit hier aux terrains de l’exposition de Montréal.

Deux fous évadés – 27 mai 1890

Deux fous nommés Phearny et Demers se sont enfuis des bâtiments de l’exposition où ils étaient internés samedi après-midi (après le feu). La police a été avisée.

Un patient de l’asile de la Longue-Pointe – 16 juin 1890

M.J.C. Leduc, propriétaire de l’hôtel St-Isidore de Prescott (Ontario), a recueilli, le 6 de ce mois, un patient échappé de l’asile de la Longue-Pointe, lors du feu. M. Leduc nous écrit à ce sujet et nous dit qu’il lui a donné l’hospitalité depuis ce temps, mais qu’il désire le remettre sous la garde des religieuses qui en prennent soin. Le patient en question a dit à M. Leduc qu’il a enduré beaucoup de misères. Il est arrivé nu-pieds et nu-tête et ses vêtements en guenilles.

2 Août 1890 à l’Asile St-Jean de Dieu

On termine les travaux de construction des bâtiments provisoires des aliénés des deux côtés de l’avenue de l’Asile St-Jean de Dieu. On y transportera dans 15 jours les fous qui sont logés actuellement sur le terrain de l’exposition.

20 Août 1890 à la Longue-Pointe

Les folles qui, après le désastreux incendie de la Longue-Pointe avaient été recueillies à l’établissement des Sourds-Muettes, ont été transportées sur les terrains de l’Asile et installées dans les bâtiments provisoires qui ont été érigés.

Le spectacle de ces malheureuses qu’on avait embarquées dans des express avait quelque chose de douloureusement émouvant.

20 fous retrouvés à Terrebonne

Hier après-midi, on a ramené des fous qu’on avait recueillis à Terrebonne qui étaient disparus depuis le feu. On en a trouvé une vingtaine dans les bois.

Décès de la semaine (Montréal) – 26 mai 1890

Il y a eu 109 décès la semaine dernière; 92 chez les catholiques et 17 chez les protestants. Les causes des maladies sont les suivantes :

Chez les catholiques : croup, 3 : rougeole, 3; fièvre typhoïde, 1; coqueluche, 2; diarrhée, 3; consomption, 8; maladies des voies respiratoires, 25; autres maladies, 48.

Chez les protestants : diphtérie, 1; croupe diphtérique, 1; croup, 1; fièvre scarlatine, 1; fièvre typhoïde, 1; consomption, 2; maladies des voies respiratoires, 2; autres maladies, 8

Semaine correspondante l’an dernier:  100.

Suicide à Longue-Pointe 2 juin 1890

Un nommé Arsène Bazinet, de la Longue-Pointe, s’est suicidé vers 9 heures et demie samedi, en se précipitant du haut en bas du quai. Il appert que le défunt ne vivait pas en bonne intelligence avec sa femme qui lui rendait la vie dure.

Il avait menacé plusieurs fois de mettre fin à ses jours, pour se délivrer des tracas et des embarras du mariage. Vendredi soir, il est arrivé d’Ottawa, et samedi, un de ses amis qui l’a rencontré à la Longue-Pointe lui a demandé pourquoi il ne s’était pas encore suicidé, en badinant.

Attends un peu et tu vas voir, a-t-il dit. Une demi-heure après il se jetait en bas du quai dans le fleuve et, malgré les efforts des personnes présentes, il a été impossible de le sauver.

Sa femme, paraît-il, n’est pas sortie de sa demeure pour s’informer du sort de son mari.

Religieuse déchue – Asile de la Longue-Pointe

Émilie Bolduc a comparu hier, en cour de police, pour répondre à une accusation de vol chez M. Prieur, rue Sainte-Catherine, où elle était en pension. Émilie Bolduc est âgée de 37 ans et a passé quatorze ans de sa vie dans les communautés religieuses en qualité de sœur tertiaire. Elle a été, dit-on, sœur converse à l’asile de la Longue-Pointe. Elle entra dans la vie religieuse à l’asile du Sacré-Cœur à Québec il y a quatorze ans, après avoir eu quelques difficultés avec les dames religieuses qui ont charge de l’institution. Elle vint à Montréal où elle obtint une place à l’asile de la Longue-Pointe, où elle ne resta pas longtemps. Elle réussit à entrer en qualité de servante au presbytère de Joliette. Elle fut renvoyée de son emploi quelques mois après et vint à Montréal où elle s’engagea comme couturière dans les familles privées.

Évasion de l’asile de la Longue-Pointe

Une évasion qui a causé un grand émoi parmi le personnel de l’asile St-Jean de Dieu a eu lieu l’autre soir. Un des détenus nommés James Martin, profitant du sommeil d’un des gardiens, se leva et après s’être habillé, se rendit à pas de loup jusqu’à l’alcôve et détacha les clefs qui pendaient à la ceinture du surveillant. Les corridors étaient alors déserts.

Martin, à l’aide de ces clefs, réussit à se frayer un passage jusqu’à la porte de sortie, qu’il n’eut aucune difficulté à ouvrir. Quelques instants plus tard, il cheminait dans la direction de la ville. Il se rendit ainsi jusque chez des parents demeurant rue Centre, à la Pointe St-Charles.

Tous surpris de le voir arriver à une heure avancée du matin, ils avertirent le sergent Murphy, du poste des environs. Martin fut conduit au poste et ramené à l’asile. Le trousseau de clefs reste entre les mains du sergent Watson du poste central et a été réclamé hier.

1890 – Journal La Minerve

Un fou que l’on suppose s’être échappé de la Longue-Pointe, lors de l’incendie de l’asile, se promène actuellement dans les environs de Richmond.

1891 – Triste cas

Un pauvre idiot du nom de Léon Aubin a été trouvé mourant de froid sur la rue par le constable Leboeuf jeudi. Il paraîtrait que le malheureux avait été amené à la ville par son père qui voulait le placer à l’asile de la Longue-Pointe, lorsqu’il parvint à s’échapper et n’a pu être retrouvé que le lendemain. Il a été envoyé en bas ce matin.

 

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