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Honoré Beaugrand: mercenaire, journaliste, poète, maire, capitaliste…

Culture, Histoire
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Honoré Beaugrand, ce n’est pas juste le nom d’une station de métro. C’est celui de l’ex-maire de Montréal. Mais qui était Beaugrand?

Tout un personnage! Honoré-Beaugrand se décrivait comme un « natural-born kicker ». On comprend pourquoi. Il fut tour à tour soldat dans l’armée mexicaine, journaliste à la Nouvelle-Orléans, touriste en Chine, romancier, poète, riche actionnaire de banques et de compagnies de chemins de fer, et fondateur du prestigieux journal La Patrie, nous apprend la jaquette du livre de Jean-Philippe Warren, professeur au département de sociologie et d’anthropologie de l’Université Concordia. Cet héritier d’une famille de coureurs des bois fut aussi matelot, cuisinier, violoneux et… investisseur. Il s’est battu pendant 17 ans au Mexique pour soutenir l’empereur Maximilien au sein de bataillons envoyés par Paris. Pas par conviction politique, mais par goût du risque!

Beaugrand est aussi connu pour ses positions politiques qui détonnent dans un Québec et un Canada conservateurs, sous le joug du pouvoir ecclésiastique et britannique, à une époque où le peuple canadien-français souffre encore des stigmates de la rébellion de 1837 et la pendaison des patriotes.

Nationaliste? Beaugrand était convaincu que les peuples ont le droit de disposer eux-mêmes de leur avenir. Social-démocrate? Il a fait la promotion d’un système d’éducation obligatoire et gratuit! Démocrate? Il a défendu le suffrage universel et la séparation de l’Église et de l’État. S’opposant aux dictats de Mgr Bourget, Beaugrand défend plutôt un républicanisme à la française. En fait, il était carrément révolté par la situation politique canadienne entre 1840 et le début des années 1900. Il dénonce les partisans de Cartier (l’ex-premier ministre du Canada), dénonçant une « ère de prostitution nationale et de domesticité générale ». Le ton est donné!

Son nationalisme, il l’acquiert alors qu’il couvre, comme journaliste, les minorités canadiennes-françaises exilées aux États-Unis. Il écrit même un roman inspiré par ses compatriotes travaillant dans les filatures du Massachusetts. En 1879, il fonde le quotidien La Patrie, où il fait l’ardente promotion de l’éducation gratuite, laïque et obligatoire, heurtant le clergé de plein fouet. Marié à une anglo-américaine protestante, Eliza Walker, Beaugrand défend l’idée d’un Canada libéré du joug britannique.

Le progressiste se fait toutefois critiquer lorsque, maire de Montréal de 1885 à 1887, il impose la vaccination obligatoire en pleine épidémie de variole. On le surnomme le « maire des Anglais ».

L’auteur en profite pour décrire le Québec de l’époque d’Honoré-Beaugrand, beaucoup plus ouvert qu’on ne le croit aux influences extérieures. Un Québec qui s’industrialise rapidement, qui s’ouvre aux idées collectivistes, mais pas dans l’optique d’un égalitarisme à la soviétique. Un Québec, en somme, partagé entre ses traditions et les progrès de la science et de la technologie.

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