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Mesurer l’austérité dans Mercier-Est

Vie de quartier
Membres de Solidarité Mercier-Est
Les représentants des organismes présents ont pris tour à tour le micro pour témoigner des impacts des mesures d’austérité dans leur milieu. (photo: Marie-Eve Cloutier)

Solidarité Mercier-Est a obtenu un mandat de grève par ses membres lors de sa plus récente assemblée régulière qui a eu lieu hier (28 avril) à la mezzanine de la piscine Annie-Pelletier.

SME se joindra ainsi aux quelque 500 autres organismes qui prendront part à la grève sociale le 1er mai prochain et réfléchira d’ici là à son implication lors de l’évènement.

En effet, une journée de grève, d’actions et de mobilisation sociales s’organise à l’occasion de la Journée internationale des travailleurs et des travailleuses partout au Québec afin de protester contre les mesures d’austérité du gouvernement libéral. Dans le quartier, Infologis de l’est de Montréal et Info-Femmes ont déjà pris les devants en invitant les différents organismes de Mercier-Est à se rassembler ce vendredi dès midi au parc de la Promenade Bellerive.

Effet de l’austérité sur les membres

Lors de la réunion, Solidarité Mercier-Est a fait un tour de table afin d’avoir une meilleure idée des effets des mesures d’austérité sur ses organismes membres.

De tous ceux qui étaient présents, personne n’est épargné. Tous sont touchés soit directement ou indirectement par la série de mesures, de réorganisation et de coupes budgétaire du gouvernement en place. D’autres savent que leur tour viendra tôt ou tard.

À la Commission scolaire de Montréal (CSDM), on dénonce des réductions budgétaires importantes qui entraineront des réductions dans les services aux élèves, mais aussi des pertes d’emplois.

Au nouveau CIUSSS, la réorganisation de l’administration et du système de gestion du réseau de la santé, en plus de coupes budgétaires, demandent à tous de s’adapter.

Chez Info-femmes, on se considère chanceux de ne pas encore être tellement affecté par les mesures d’austérité en tant qu’organisme. « On ressent la détresse et la pauvreté chez notre clientèle. Nous aurons bientôt de plus en plus de femmes qui auront besoin de nos services, mais pas plus de ressources pour les aider. Il faudra apprendre à faire plus avec moins », déplore Christine Lafleur, intervenante communautaire au Centre Info-Femmes.

Danielle Lacombe, directrice générale du PRITEM, se désole du fait que certaines ententes de services avec le gouvernement n’ont pas été indexées depuis plus de trois ans.

À la Maison des Familles, la subvention de base pour l’organisme a été reconduite, mais pour seulement une année au lieu de 3 ans. « On voit par contre nous aussi beaucoup d’incertitudes chez notre clientèle, soit les familles. De plus en plus de gens en situation difficile viennent nous voir et nous n’avons pas plus de ressources humaines pour les aider », explique Véronique Coulombe, directrice générale de la Maison des Familles.

Chez TANDEM, la Ville de Montréal a récemment annoncé vouloir restructurer le programme en le centralisant. « Nous sommes préoccupés par rapport aux services donnés par chacun des TANDEM à Montréal, car d’un endroit à l’autre, les besoins en matière d’intervention sont très différents. On craint aussi qu’il y ait des suppressions de postes », affirme Sophie Gagnon de chez TANDEM Mercier–Hochelaga-Maisonneuve.

Mobilisation

Suite à ce tour de table, Daniella Meneghini, agente de communications chez Solidarité Mercier-Est, s’est avouée à la fois émue et choquée par les révélations des différents organismes du quartier.

« J’avais déjà commencé à regarder ce qui se passait ici et ailleurs au Québec. Je pense qu’on ne réalise pas l’ampleur de la situation tant qu’on ne le couche pas sur papier. On sait que ce qui se passe en région est encore plus difficile, mais tout le monde dans la province est touché, absolument tout le monde », fait valoir Mme Meneghini.

Elle ajoute : « Néanmoins, je constate également que la mobilisation sociale prend de l’envergure. Nous sommes de plus en plus solidaires entre nous, malgré des politiques qui semblent vouloir nous diviser. En date d’aujourd’hui (28 avril), 542 groupes participeront à la grève sociale du 1er mai. On doit réfléchir aux actions concrètes à poser dans Mercier-Est. »

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