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Club de lecture: grandes émotions

Culture
L'Incal, de Moebius et Jodorovsky
L’Incal, de Moebius et Jodorovsky, est tout simplement un chef-d’oeuvre.

Voici les suggestions de notre Club de lecture cette semaine!

Encore une fois, nous avons demandé à quelques personnalités et à la bibliothécaire du quartier, ainsi qu’aux membres de notre équipe, de suggérer des titres qui les ont séduits, et de nous dire pourquoi, en quelques mots. Certains nous ont fait remarquer que le délai de deux semaines pour lire l’ouvrage et nous faire part de vos commentaires sur notre page Facebook était un peu court. Loin de nous était l’idée de vous forcer à faire de la lecture rapide! On souhaite simplement vous offrir l’espace « commentaires » au bas de la page afin que vous puissiez interagir… peu importe quand, mais n’oubliez pas de revenir! Et pour faciliter les choses, toutes les suggestions du Club de Lecture sont désormais regroupées dans un dossier.

N’hésitez pas non plus à nous faire part de vos suggestions, car nous publierons dorénavant à chaque trois semaines!

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Fiction

Suggestion de Catherine Belleau, bibliothécaire à la bibliothèque Mercier

L’ombre de l’autre femme,de Dorothy Koomson, Belfond

Romancière anglaise, Dorothy Koomson nous offre avec L’ombre de l’autre femme un suspense à caractère psychologique passionnant. À la fois une belle histoire d’amour, ce roman relate la rencontre entre Libby et Jack, son futur mari. Ce dernier a, cependant, déjà été marié à une autre femme, Ève. Jack ne parle pas volontiers de cette union avec sa nouvelle femme. Mais, elle découvrira de la correspondance qui lui révélera un tout autre aspect de la personnalité d’Ève…

L’histoire se passe en Angleterre et alterne entre Brighton et Londres. Tout débute avec un accident d’automobile où Libby se retrouve à l’hôpital. L’auteure a l’art de nous garder en haleine et de soutenir le mystère jusqu’à la toute fin. Elle réussit à créer des personnages

bien attachants, du moins certains. Un bon moment de lecture.

Essai (philosophie)

Suggestion de Stéphane Desjardins, éditeur

Notre besoin de consolation est impossible à rassasier, de Stig Dagerman, Actes Sud.

C’est un tout petit livre. Un livret, plus exactement. Vingt-et-une pages de pur délice. Une déclaration toute simple, sans ornement, de la puissance de décider pour soi-même. Une ode à la liberté, mais aussi à la beauté de la condition humaine, même si celle-ci est ternie par l’épreuve ultime qui rend notre passage sur cette terre si absurde, la mort. Dans ce texte sublime, Dagerman oscille entre pessimisme et confiance, nie l’emprise de tous les schémas philosophies, mystiques, politiques et économiques sur notre capacité à prendre des décisions pour nous même, par nous-mêmes. La liberté face à l’oppression humaine, le plaisir ou la retenue, le superficiel ou le sincère, le temps qui nous reste avant notre dernier souffle ou l’éternité : Dagerman se tient debout devant l’inéluctable et se libère de ses tourments en évoquant cette consolation qui vient de l’Autre, pourtant si souvent absent. S’il reconnaît que « Le monde est plus fort que moi », s’il se veut à la fois combatif et désespéré, Dagerman, lucide, place le combat pour la liberté comme la seule forme de rédemption pour les uns, de raison de vivre pour les autres. Stig Dagerman, un des plus grands auteurs suédois, s’est suicidé deux ans après avoir écrit ce texte magnifique, en 1952, comme pour confirmer ce qu’il avait affirmé dans ce texte; que l’espoir n’est qu’illusion. Chacun peut interpréter à sa manière son message ambivalent, mais néanmoins salutaire pour quiconque traverse une crise existentielle : on peut choisir de s’enlever la vie, car le suicide est la forme ultime de liberté et de pouvoir, mais on peut aussi choisir de continuer et d’embellir ce monde par notre talent et notre amour. À lire et à relire.

Jeunesse

Suggestion de Ganaëlle Roberge, intervenante en éveil à la lecture et au langage de La Maison des Familles de Mercier-Est

L’apprentissage des sons et des phrases : un trésor à découvrir : guide à l’intention des parents, par Maryse Beauchemin, Sylvie Martin et Suzanne Ménard, les éditions de l’Hôpital Ste-Justine, 2000 

Le développement langagier des enfants suscite parfois bien des interrogations… Créé par des orthophonistes, ce guide cherche à aider les parents à mieux saisir ce en quoi consiste le développement normal des sons et des phrases. Chacun des chapitres aborde des notions vulgarisées et des conseils pour stimuler le langage au quotidien. En complément, le guide propose plusieurs idées d’activités simples et amusantes à réaliser à la maison dans le but d’intégrer la stimulation langagière. Ce livre est disponible à la Bibliothèque Mercier dans la section « Jeunes – Biblio-parent » sous la cote 618.92 B.

Classique

Suggestion de Stéphane Desjardins, éditeur

Les Trois mousquetaires, de Alexandre Dumas, Le livre de poche

S’il y a un livre qui vous marquera à vie, c’est celui-là. Roman d’aventure, page turner efficace aux multiples rebondissements, au discours chevaleresque suranné et sympathique, Les trois mousquetaires raconte les aventures d’un jeune homme impétueux de 18 ans, d’Artagnan, qui monte à Paris pour faire carrière dans le corps des Mousquetaires, les ferrailleurs d’élite du roi de France. Il se lie d’amitié avec Athos, Portos et Aramis, fines lames et hommes d’honneur, fidèles au roi Louis XIII jusque dans la mort s’il le faut. Nos quatre héros seront rapidement mêlés aux intrigues complexes de la politique européenne de l’époque et celles, encore plus étriquées, de la Cour de France, où le roi et son premier ministre, la Cardinal de Richelieu, se disputent le pouvoir par lieutenants et nobles interposés. Le cardinal peut compter sur de sombres individus, comme le comte de Rochefort et l’intrigante Milady de Winter. Les mousquetaires n’ont que leur courage et leur sens de la justice pour sauver l’honneur de la reine, Anne d’Autriche. Les combats, rebondissements, scène d’amour pudiques, dialogues enflammés, comiques, poétiques et philosophiques, se succèdent à un rythme effréné. On sort de cette lecture essoufflé mais complètement heureux d’avoir lu un vrai de vrai roman de cape et d’épée, qui nous fait sourire à chaque page et, surtout, oublier le temps qui passe ou qu’il fait. Un classique des classiques.

Bande dessinée

Suggestion de Stéphane Desjardins, éditeur

L’Incal, Jodorovsky – Moebius, Humanoïdes Associés

Je sais, il ne s’agit pas d’une nouveauté. Mais ces six albums constituent probablement la série de science-fiction pour adultes la plus aboutie de la bande dessinée. On parle ici d’un chef d’oeuvre. D’une forme d’art.

L’Incal raconte l’incroyable odyssée de John Difool, un détective minable qui vit dans une cité-puits, une mégapole souterraine d’un futur improbable, où l’humanité vit selon des codes et une morale complètement déjantés et décadents. Les auteurs offrent une critique sociale et politique décapante de notre civilisation moderne, en caricaturant à gros traits nos excès sous toutes leurs formes. Difool sera embarqué, malgré lui, dans une enquête qui se transformera en une odyssée initiatique et philosophique au coeur de la conscience humaine. Mais, avant tout, cette quête se déroule alors que bouillonne une révolution influencée par divers courants politiques, mafieux, religieux, économiques et technologiques, qui se transforme en une véritable guerre où tous les coups sont permis. La finesse du récit, du vocabulaire, des dialogues, l’intelligence du scénario, l’humour caustique et l’extraordinaire qualité du dessin font en sorte que vous êtes incapables de décrocher du début à la fin de chaque album.

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