Publicité

La poussière de la carrière Lafarge dérange

Économie, Environnement, Vie de quartier
Un pan de mur de trente à quarante pieds de haut par une centaine de pieds en largeur est pulvérisé dans un nuage de poussière en quelques secondes. (photo: Raymond LePage, Lafarge Canada)
Un pan de mur de trente à quarante pieds de haut par une centaine de pieds en largeur est pulvérisé dans un nuage de poussière en quelques secondes. (photo: Raymond LePage, Lafarge Canada)

Une réunion convoquée par les élus hier (18 juin) a permis aux résidents du Faubourg Contrecœur et des rues voisines de faire connaître leur mécontentement au sujet de la poussière émise par la carrière Lafarge.

La réunion, qui avait lieu à l’église Saint-Justin, avait été organisée par l’arrondissement de Mercier Hochelaga-Maisonneuve. Le maire Réal Ménard et le conseiller de Tétreaultville Richard Celzi ont invité les citoyens à cette séance d’information portant sur le développement du Faubourg Contrecœur (nous y reviendrons dans un autre article) et les préoccupations citoyennes quant aux opérations de la carrière Lafarge.

En fin de soirée, le maire Ménard, qui animait la soirée, a annoncé la création d’un comité de suivi permanent, regroupant des élus et des fonctionnaires de l’arrondissement, des représentants de Lafarge et de Solidarité Mercier-Est, de la Santé publique et des résidents du secteur. « Il faut reconnaître la bonne foi de tous dans un contexte où nous avons une carrière en milieu urbain, qui est là depuis un siècle. Mais les problèmes sont réels : il faut nous mettre en mode solutions. Et nous allons en trouver, c’est certain. »

Dynamitages

Lafarge avait dépêché pas moins de quatre représentants, dont le directeur des opérations, le directeur de l’usine, Vincent Gagnon, un des dirigeants de Dyfotech, le sous-traitant responsable du dynamitage, et la porte-parole, Karine Cousineau.

Cette dernière a beaucoup insisté sur l’importance d’établir un dialogue entre Lafarge et ses voisins. Elle a reconnu que l’entreprise avait négligé de le faire depuis un an. « Nous constatons qu’il y a une méconnaissance de nos opérations au sein de la population et nous voulons que ça change », a-t-elle dit.

Certaines personnes ont réitéré leurs inquiétudes au sujet des impacts du dynamitage sur leurs propriétés, comme ils l’avaient fait à la dernière rencontre du genre, au même endroit, le 29 janvier dernier. M. Gagnon et Mme Cousineau ont révélé que Lafarge avait modifié ses pratiques de dynamitage depuis le début des opérations cette année. Dorénavant, ils étirent la séquence explosive sur deux secondes, ce qui permet d’atténuer les vibrations dans le sol et dans l’air. « La norme autorisée par le gouvernement à des opérations de dynamitage chez Lafarge est de 40 mm/seconde (ondes aériennes), a expliqué M. Gagnon. Or, nous nous limitons à 5 mm/seconde, soit 64 fois sous la norme. Pour comparer, nos dynamitages réalisés dans les chantiers des tours du centre-ville se situent autour de 25 mm/seconde. Et nous sommes à 10 mètres des immeubles voisins. Dans le Faubourg, on excède les 40 mètres. Dans ces conditions, nos dynamitages n’ont aucun impact sur les immeubles du Faubourg Contrecœur. »

Les représentants de Lafarge ont aussi insisté sur le fait qu’ils tentent par tous les moyens d’effectuer leurs dynamitages entre 11 h et 11 h 30 les mardi et jeudi, pour limiter les désagréments chez les voisins. Mais, ils les reportent si la météo n’est pas favorable (un vent qui souffle vers le Faubourg par exemple). La majorité des dynamitages se font désormais dans la partie la plus éloignée de la fosse, à l’Est.

La poussière

Plusieurs citoyens ont beaucoup insisté sur les émanations de poussière et de bruit issues des opérations de concassage. Ces opérations s’étirent souvent jusque dans la nuit. Lafarge répond qu’il mitige la poussière en arrosant ses chemins et une grande partie de ses installations, ce qui n’a pas convaincu les citoyens.

Plusieurs ont suggéré à Lafarge d’en faire plus, notamment d’instaurer des contrôles hors site, directement dans le quartier. Les gens de Lafarge n’ont pas dit non. « Plusieurs concasseurs portatifs utilisés par les constructeurs sont constamment en activité sur le territoire même du Faubourg Contrecœur, depuis des années, a déclaré Mme Cousineau à Pamplemousse.ca après la réunion. Ils émettent davantage de poussière que nous! »

Le directeur des opérations a aussi révélé que le plan de développement minier prévoyait un déplacement éventuel du concasseur principal vers un lieu qui causerait, espère-t-on, moins de désagréments au voisinage. Mais, il n’a pas pu préciser d’échéance. Les réserves de la carrière permettent une exploitation pour encore plusieurs décennies.

On veut des arbres!

De nombreux citoyens sont revenus sur l’absence d’arbres, qui agissent comme un écran antibruit et poussière. Il existait un boisé avant que le Faubourg ne soit construit. Depuis que les arbres ont disparu, la situation a beaucoup empiré.

On a donc suggéré à Lafarge de boiser rapidement le talus situé derrière le parc d’Alcantara. Le maire a évoqué une participation de l’arrondissement puisque le dossier de l’environnement et du reboisement tombe sous sa responsabilité à la Ville de Montréal. Lafarge s’est montrée ouvert à la suggestion. Une citoyenne a même évoqué une opération familiale de reboisement!

Lisez notre dossier sur Lafarge.

Vos commentaires
loading...