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Une dernière célébration émouvante à Saint-Victor

Vie de quartier
Les paroissiennes et les paroissiens à l'intérieur de l'églsie
Les gens sont venus en grand nombre pour célébrer la dernière messe de Saint-Victor. (photo: Marie-Eve Cloutier)

L’église Saint-Victor était bondée hier (28 juin) alors qu’on y célébrait la dernière messe de la paroisse après 104 ans d’existence.

La pluie de dimanche n’a vraisemblablement pas freiné personne puisqu’au moins 300 paroissiennes et paroissiens ont pris part à cet évènement tout particulièrement émouvant pour plusieurs qui devait dire adieu à leur lieu de culte. En effet, les dernières années ayant été difficiles au point de vue financier pour Saint-Victor, les membres de l’église ont voté à la majorité pour la fermeture de l’église en mai dernier.

Tourné vers l’avenir

« Dieu prend soin de notre avenir, même s’il brasse les gens de son temps. Cette dernière messe est importante. C’est triste, on pourrait demeurer figer et se dire “ben coudonc”, mais on pourrait également se dire qu’il s’agit d’une occasion pour nous de nous relancer. La vie est étonnante. Avec une attitude positive, de belles grandes choses peuvent arriver. Nous devons être capable de vivre notre foi autrement », a prononcé François Baril, responsable de la pastorale à Saint-Victor, lors de sa salutation liturgique.

Le prêtre voulait insuffler de l’espoir aux gens de la paroisse Saint-Victor en leur mentionnant qu’ils allaient continuer à se rencontrer dans l’une ou l’autre des communautés du quartier, soit Saint-François-d’Assise, Sainte-Claire ou Sainte-Louise-de-Marillac.

« Lève-toi et marche, c’est ce que nous dit l’Évangile. J’ai le cœur confiant. La vie à Saint-Victor va continuer autrement », a-t-il ajouté.

François Baril était accompagné d'anciens curés de Saint-Victor lors de la célébration. (photo: Marie-Eve Cloutier)

François Baril était accompagné d’anciens curés de Saint-Victor lors de la célébration. (photo: Marie-Eve Cloutier)

Témoignages

« Saint-Victor est le lieu où ma foi a émergé alors que j’avais 6 ou 7 ans. Touchée par les messages que j’avais entendus à l’église, j’avais alors dit à ma mère que je voulais devenir prêtre! Pour moi, venir à Saint-Victor, c’était retrouver mes amis, retrouver ma communauté », a raconté Isabelle Fortier, aujourd’hui animatrice de vie spirituelle au Collège Maisonneuve.

« Nous pouvons avoir des racines chrétiennes que l’on vienne ou pas à l’église. Vous êtes la communauté, à vous de le faire transparaître », a-t-elle enchaîné.

« Quand je suis arrivé à Saint-Victor, je ne pensais pas qu’on allait fermer la paroisse un jour. Mais, la baisse de fréquentation d’année en année ne nous a pas donné le choix. Il y avait de moins en moins de gens à la messe, plus de mariage, plus de baptême. Nous nous sommes rencontrés plusieurs fois avant d’arriver à cette décision, mais l’argent a fini par trancher », a expliqué Jean-Guy Deschamps, marguiller et paroissien de Saint-Victor depuis 52 ans.

La suite pour les organismes communautaires

De tous les organismes communautaires qui étaient hébergés à Saint-Victor, seulement la Société Saint-Vincent de Paul poursuivra sa mission.

« Nous sommes les seuls à rester et avec les autres organismes qui ferment, ça nous dit encore plus que les besoins seront toujours présents, particulièrement dans Saint-Victor qui est le secteur le plus démuni du quartier. Dans l’attente de nous trouver un nouveau local, on ira directement chez les gens qui en ont le plus besoin de notre aide », a précisé Jean-Perre Dakouo, président de la conférence de Saint-Victor de la Société Saint-Vincent de Paul.

L’organisme souhaite louer un local de 1000 pieds carrés, idéalement dans Saint-Victor, afin d’y ouvrir une friperie et d’y tenir leurs activités. Des bénévoles qui voudraient s’impliquer peuvent contacter M. Dakouo par téléphone au 438-881-4225 ou par courriel au [email protected]

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