Publicité

YYQ perd son contrat d’enlèvement de graffitis

Élus
Un des employés de YQQ à l'oeuvre pour l'enlèvement de graffitis
Un des employés de YQQ à l’oeuvre pour l’enlèvement de graffitis. (photo: Facebook – YQQ)

Y’a QuelQu’un l’aut’bord du mur n’a pas réussi à obtenir le contrat de l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve pour le service d’enlèvement de graffitis.

En effet, l’arrondissement a décidé de donner le contrat à une firme privée suite à un appel d’offres sur invitation. L’attribution du contrat, d’environ 73 500 $, au Groupe RNet était justement l’un des points à l’ordre du jour lors de la séance ordinaire du conseil d’arrondissement hier (2 juin).

« Nous nous occupons du service d’enlèvement de graffitis depuis 2003. Pour quelle raison l’arrondissement a-t-elle décidé d’aller en appels d’offres pour ce contrat, sachant qu’elle avait déjà un expert dans le milieu, qui en plus est une entreprise d’économie sociale? », a demandé Pauline Picotin, directrice générale de Y’a QuelQu’un l’aut’bord du mur (YQQ), aux élus lors de la période de questions.

« Nous ne remettons pas en questions la qualité de votre service, même que vous avez été tout à fait à la hauteur. La Direction des travaux publics nous a seulement suggéré de faire un appel d’offres pour avoir le meilleur prix et espérer en faire davantage en matière d’enlèvement de graffitis. Vous savez vous même que le budget à l’arrondissement est passé de 100 000 $ à 80 000 $ pour faire ces travaux et les demandes sont grandissantes », a répondu, Réal Ménard, maire de MHM, en ajoutant qu’il ne s’agissait pas d’un désaveu de la part de l’arrondissement.

Travailler sur plusieurs plans

Éric Alan Caldwell, conseiller d’Hochelaga, a également ajouté qu’il n’existe pas qu’une stratégie pour enlever les graffitis, mais qu’il existe plusieurs façons de faire en complémentarité.

« Il ne s’agit pas que d’enlever les graffitis, il faut aussi les prévenir. Dans la vision de l’arrondissement, il reste donc beaucoup de place pour travailler avec un organisme comme le vôtre », a-t-il indiqué.

Ce à quoi Pauline Picotin a répliqué immédiatement : « Justement, nous travaillons déjà sur quatre axes différents et pas seulement sur l’enlèvement de graffitis. On sensibilise les gens dans les écoles et dans les parcs; on fait de la prévention par la plantation de végétaux et la réalisation de murales afin d’éviter la recrudescence; on travaille de près avec le PDQ 23 pour mieux faire connaître la réglementation à ce sujet et finalement, on enlève bien entendu les graffitis. Est-ce que l’entrepreneur privé sera en mesure de tout faire cela? J’en doute fortement. »
 
De réelles économies? 

Mme Picotin affirme que les économies de 7 000 $ réalisées par l’arrondissement en ayant choisi Groupe RNet pour le contrat d’enlèvement de graffitis ne sont pas de réelles économies.

« Quatre compagnies privées et nous, YQQ, avons tenté notre chance pour l’appel d’offres. Nous avons offert notre service clé en main, sans oublier notre expertise dans ce domaine, pour la somme de 80 000 $. Dans le sommaire décisionnel de la réunion du 2 juin, on peut lire que “les citoyens de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve pourront déposer des demandes d’enlèvement de graffitis auprès de l’arrondissement [et que ces] demandes seront reçues par les travaux publics et dirigées à l’entrepreneur retenu”. Tout ça, ça prend quand même une ressource pour le faire alors que nous, on s’occupait de tout. »

Elle ajoute : « En tant qu’entreprise d’économie sociale, nous assurons le développement social en travaillant avec les différents acteurs du milieu et nous contribuons à l’économie locale, car nous achetons tous nos matériaux chez des commerçants de l’arrondissement. RNet va simplement enlever les graffitis et ne contribuera pas au développement social et à l’économie locale de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve », soutient la directrice générale.

Pertes d’emploi

Le contrat pour le service d’enlèvement de graffitis de MHM était un financement crucial pour YQQ. « Certes, nous offrons toujours nos services pour les particuliers à moindre coût, mais c’est loin d’être suffisant ».

De plus, Pauline Picotin sera contrainte de faire passer son équipe d’enlèvement de graffitis de six à trois employés.

«  Dans le plan de développement durable de l’arrondissement, il est indiqué que MHM se doit d’être solidaire en s’engageant à promouvoir les entreprises d’économie sociale. Mon seul souhait est que ces paramètres soient tenus en compte lors des prochains appels d’offre  », souligne Mm  Picotin.

Vos commentaires
loading...