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Club de lecture: de l’enfance à l’âge adulte

Culture, Histoire
maus

Voici les suggestions de notre Club de lecture cette semaine!

N’hésitez pas à nous faire part de vos suggestions sur notre page Facebook, car nous publions ce Club à chaque trois semaines!

Romans

roses

Suggestion de Catherine Belleau, bibliothécaire à la bibliothèque Mercier.

Les roses de Guernesey de Charlotte Link. Presses de la Cité, 2004, 525 p. – cote : LIN

Charlotte Link est une écrivaine allemande qui a publié son premier roman en 1982, à l’âge de dix-neuf ans. Celui-ci est un drame psychologique assez complexe. On y retrouve une multitude de personnages ayant pour la plupart un lourd passé.

Franca Palmer, une jeune femme allemande, souffrant de graves problèmes psychologiques est en proie à de fortes crises de panique. Elle abuse de médicaments pour contrer son mal de vivre. À chaque année, son mari Michael l’envoie sur l’île de Guernesey afin de déposer de l’argent sur un compte de banque pour frauder le fisc allemand. Cette fois-ci, tout se passe de travers. Arrivée sur l’île, Franca se retrouve sans endroit où loger car la réservation de sa chambre d’hôtel n’a pas été faite. Désemparée, elle rencontrera par hasard Alan, le fils d’une retraitée de l’endroit : Béatrice, propriétaire de la roseraie du Variouf située au sud de l’île. Franca décide de se réfugier quelques temps chez cette septuagénaire qui partage sa demeure avec Hélène Feldmann, de dix ans son ainée.

Béatrice et Hélène partagent un lourd passé et, petit à petit, nous découvrons l’histoire de cette île qui a été occupée par les troupes allemandes durant la deuxième guerre mondiale. Un passé rempli de peurs et de violence.

Charlotte Link maîtrise avec brio l’art du mystère et du récit romanesque. Elle réussit à nous faire douter de chacun des protagonistes. J’ai dévoré ce livre et trouve qu’il fait une magnifique lecture d’été. À vous d’en juger…

Classique

Suggestion de Stéphane Desjardins, éditeur, Pamplemousse.ca

Le lion, de Joseph Kessel, Gallimard

Souvent présenté comme un roman jeunesse, Le Lion se déguste pourtant avec bonheur tant par un enfant, un ado qu’un adulte. En fait, c’est le roman de plage idéal: lecture tranquille, aisée, mais intelligente. Il raconte une relation singulière, celle de Patricia, 10 ans, et son lion, King! Celui-ci a été recueilli alors qu’il était lionceau par les gestionnaires d’une réserve de la région du Kilimanjaro au Kenya. Maintenant adulte, il est retourné à l’état sauvage mais, chaque jour, il retrouve sa Patricia à un lieu de rendez-vous qu’eux seuls connaissent. Car Patricia s’est occupée de King alors qu’il était lionceau.

Par cette relation entre félin et jeune fille, le roman s’attarde à la difficulté de passer de l’enfance à l’âge adulte ainsi qu’aux conséquences imprévues des amitiés particulières. Comme bien des enfants, Patricia communique mieux avec ses amis imaginaires qu’avec les humains qui l’entourent. Mais ici, ces amis imaginaires sont les animaux sauvages de la réserve!

La relation entre une jeune fille et un animal comme un lion, dérange surtout la mère de Patricia, Sybil, une femme aux nerfs fragiles qui craint pour la sécurité de son enfant. Oriounga, un jeune Masaï qui veut épouser Patricia, se convainc lui-même à affronter le lion, question de vivre son rite ancestral du passage à l’âge adulte et de gagner le respect de la jeune fille. Mais Patricia, elle, choisit King, envers et contre tous. Le père de Patricia, qui gère la réserve, devra trancher entre le lion et les humains, car cet affrontement aura des conséquences tragiques.

Kessel, qui fut aussi journaliste, s’est inspiré de son propre séjour dans cette réserve et des confidences de Sybil pour écrire son roman (en 1958) où il se donne le statut de narrateur. Ce livre m’a beaucoup marqué.

Littérature jeunesse

Suggestion de Ganaëlle Roberge, intervenante en éveil à la lecture et au langage de la Maison des Familles de Mercier-Est

L’île aux monstres, par Caroline Merola, La courte échelle, 2005.

Caroline Merola a créé plusieurs livres de type « tête-bêche » où le lecteur est invité à tourner le livre après l’avoir lu jusqu’à la dernière page afin de poursuivre sa lecture dans l’autre sens. L’album L’île aux monstres raconte les aventures d’un jeune garçon explorant une île mystérieuse sur laquelle il rencontre plusieurs êtres fantastiques… Des monstres! Les illustrations très colorées attirent l’œil; chaque double page a la particularité de contenir deux images dont une seule est révélée à la fois selon le côté du livre qui est regardé. En guise d’exemple, voici la page couverture placée à l’endroit et à l’envers.

Ile_aux_monstres_endroit_envers

 

Comme vous pouvez le constater, le concept est amusant! Ce livre donne le goût d’être lu, relu et regardé plusieurs fois pour en percer tous les mystères… L’album est disponible à la Bibliothèque Mercier dans la section « Jeunes – livres d’images » sous la cote C MER.

BD

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Suggestion de Stéphane Desjardins, éditeur, Pamplemousse.ca

Maus, de Art Spiegelman, Flammarion, 295 pages

Maus est un roman graphique qui s’adresse avant tout aux adultes. Spiegelman signe le scénario et les dessins de cette oeuvre bouleversante, qui traite de la persécution des Juifs dans les années 1930 et 40, notamment pendant la Shoah, d’une manière très originale: Il se sert de l’histoire de sa propre famille, celle de son père notamment, mais la transpose dans un univers animalier où les nazis sont des chats, les Juifs des souris (maus en allemand), les Polonais des cochons (de nombreux camps de concentration étaient situés en Pologne occupée), les Américains des chiens et les Français des grenouilles.

Le père, Vladek Spiegelman, raconte donc à son fils sa déportation dans les camps nazis, celle de sa femme, et la disparition de son frère, Richieu, empoisonné par des amis polonais qui devaient protéger leur propre famille (les nazis condamnaient à mort les Polonais qui cachaient des juifs). Le père et la mère survivront à Auschwitz et Birkenau, mais seront détruits psychologiquement. Le livre étale aussi les difficultés de communication entre père et fils, exacerbées par les blessures paternelles, et qui teinte singulièrement le quotidien de l’auteur, qui se débat pour survivre dans le New York des années 1970. Un chef-d’oeuvre.

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