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Faire l’école jardinière

Environnement
Les Jeunes jardiniers de Montréal à l'oeuvre! (photo: Marie-Eve Cloutier)
Les Jeunes jardiniers de Montréal à l’oeuvre! (photo: Marie-Eve Cloutier)

L’été, c’est fait pour jouer, comme le dit la chanson. Plus d’une centaine d’élèves de Mercier-Est passeront leur été à jouer dans la terre afin de faire pousser de bons gros légumes.

Hier matin (jeudi), vers 10 h, les enfants les plus assidus arrivent. Leur carte du programme « Jeunes jardiniers de Montréal » leur donne accès au jardin communautaire BP Tétreaultville où André Pednault est depuis l’aurore. Aujourd’hui, c’est le premier cours d’une série de six qui seront dispensés au jardin: on forme les jardiniers en herbe!

« Le programme Jeunes jardiniers de Montréal vise à intégrer le jardinage au cursus scolaire. Par exemple, se servir de situations ou de thèmes reliés au jardinage dans les cours de français ou de mathématiques », explique André Pednault, président du jardin communautaire BP Tétreaultville et instigateur du projet.

Vendre sa salade

En août 2014, André Pednault a fait le tour des écoles de Mercier-Est afin de trouver des groupes désireux de participer à son projet. « J’ai eu des “oui” tout de suite pour certains et des “ouin…” pour d’autres », raconte-t-il.

Un premier groupe test composé d’élèves de 5e et 6e année de l’école Armand-Lavergne embarque dans le projet en février dernier. Trois autres groupes se sont ajoutés, dont deux de l’école Philippe-Labarre. « Mon projet demande quand même l’implication du professeur en classe, donc je travaille avec les groupes qui souhaitent le faire. Tout d’abord, je suis allé voir les profs en classe pour leur donner une formation de base sur le jardinage. J’ai fait des démonstrations et des dégustations avec les élèves. J’ai dit à tous les professeurs que je suis toujours disponible pour répondre à leurs interrogations », mentionne M. Pednault.

De la salle de classe au jardin

Le premier groupe test a dû apprendre à la dure, comme le dit André Pednault. « Je leur ai demandé de faire des semis et ensuite de les planter sans leur donner de chance! »

Pour le jardinier expérimenté, c’est une belle façon d’apprendre les choses différemment. « C’est concret de calculer dans un cours de maths la superficie disponible pour planter des tomates dans un bac à jardinage pour ensuite planter les semis qu’ils ont fait pousser dans leur cours de sciences pour venir toucher les récoltes », avance-t-il.

« C’est un contexte d’apprentissage bien intéressant, enchaîne Mme Geneviève, professeure à Armand-Lavergne qui est venue voir ses élèves au jardin jeudi matin. Malgré quelques embuches, nous avons appris beaucoup de choses. J’ai même été étonnée de constater tout ce que les enfants ne savaient pas à propos des plantes, comme faire la différence entre le fruit, la graine ou le germe. »

Au-delà des embuches

Afin d’encourager le dur labeur des élèves, André Pednault donne quand même un coup de pouce aux récoltes situées dans les 16 jardinets des Jeunes jardiniers de Montréal.

« Il y a un lutin qui se balade la nuit! lance-t-il à la blague. Pour encourager les enfants, il m’arrive de remplacer des plantes pour les aider un peu, puisqu’ils ont travaillé fort. »

D’autres belles leçons de vie ont pu être tirées de cette expérience au jardin, notamment d’apprendre que malgré la différence, on peut aller loin. En effet, M. Pednault a un handicap visuel. « Je voulais montrer aux enfants que ça ne me limite pas dans mes activités. Au départ, les gens étaient pessimistes par rapport à mon projet. De plus, certains membres du jardin communautaire étaient réticents à l’idée d’avoir des enfants parmi eux », confie le jardinier.

C’est d’ailleurs pour cette raison que les participants au projet ont rédigé un code de vie à respecter au jardin et une lettre de remerciement pour l’accueil des membres, un geste qui fut fort apprécié selon M. Pednault.

Doubler le projet

C’est ainsi que le programme des jeunes jardiniers de Montréal a pu être officiellement lancé le 12 juin dernier en présence du maire de l’arrondissement, Réal Ménard, du conseiller de Tétreaultville, Richard Celzi, des commanditaires, des élèves et des membres du jardin.

De gauche à droite: Richard Celzi, Réal Ménard et André Pednault. (photo: André Lamoureux)

De gauche à droite: Richard Celzi, Réal Ménard et André Pednault. (photo: André Lamoureux)

« Les jeunes seront les bienvenus au jardin tous les jours cet été de 8 h à midi. J’espère même pouvoir doubler mes jardinets pour accueillir encore plus de jeunes dès la prochaine année scolaire alors que nous allons commencer le programme avec la fermeture des jardinets en octobre. Le secteur de Mercier-Est n’est pas bien riche et ce n’est pas toujours évident d’avoir accès à des fruits et des légumes frais. J’espère avoir assez de récolte pour au moins nourrir les élèves qui participent au projet », fait valoir André Pednault.

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