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Quoi de n’oeuf dans nos jardins communautaires?

Environnement, Santé
Poulailler dans jardin
Certains jardins communautaires de l’arrondissement pourront faire l’élevage de poules. (photo: © coco / Dollar Photo Club)

Il n’est pas si loin, le temps où les Montréalais possédaient un jardin, un pommier et quelques poules sur leur terrain.

Si l’urbanisation de nos villes a déplacé les terres agricoles loin de nos demeures, il n’en demeure pas moins que pour diverses raisons, de plus en plus de gens ressentent le besoin ou le désir de replonger les mains dans la terre, et ce près de chez eux.

L’agriculture urbaine est une pratique croissante à travers le monde. Depuis le pot de fines herbes sur le balcon, en passant par les jardins collectifs et communautaires jusqu’aux serres sur les toits, faire pousser des aliments en ville répond à de nombreux besoins alimentaires, mais aussi sociaux et environnementaux. De plus, il est prouvé que les gens (même les enfants!) qui cultivent eux-mêmes leurs fruits et légumes ont tendance à en manger davantage. Mais la tendance s’élargit, et l’on voit de plus en plus de projets de petits élevages de poules pondeuses ou de pisciculture émerger dans les grandes villes du monde, principalement pour des raisons environnementales et économiques. Pensons au projet Plant à Chicago où dans un même bâtiment, en plein cœur de la ville, on fait pousser des légumes, produit du Kombucha et des poissons. Mais encore plus proche de nous, Blanc de gris, située dans Hochelaga-Maisonneuve est une ferme de champignons produits à partir des ressources du quartier : Marc de café, drêche de brasserie, etc.

Avec ces initiatives, on ramène la production près des lieux de consommation, ce qui a un impact majeur sur notre environnement. L’agriculture urbaine permet aussi aux citoyens de se reconnecter sur les produits qu’ils consomment. Comprendre les cycles des saisons, l’impact du climat sur la production, comprendre la relation entre les différents végétaux comestibles et les insectes, comprendre le rythme et les conditions idéales de ponte d’une poule, etc. Le volet éducatif est fort important et peut permettre aux citoyens de faire des choix plus responsables quand vient le temps d’acheter des fruits, des légumes ou des œufs tout au long de l’année.

Depuis quelques années les villes du monde entier encouragent et encadrent différents projets d’agriculture sur leur territoire. Cela passe par des révisions règlementaires, des programmes de soutien, l’intégration de l’agriculture urbaine dans la planification des projets d’urbanisme, la valorisation des territoires agricoles, etc.

À Montréal, c’est 42% des Montréalais et Montréalaises qui pratiquent cette activité, sous l’une ou l’autre des formes que celle-ci peut prendre, selon un sondage réalisé en 2013. C’est pourquoi certains arrondissements ont fait le choix de modifier des règlements pour favoriser ces initiatives. Rosemont-La Petite-Patrie par exemple, autorise sur son territoire les activités agricoles, maraichères, horticoles ou d’aquaculture à certains endroits bien délimités selon l’activité. Le long des écoles ou encore au coin de certaines rues pour des plantations, ou dans des secteurs plus industriels pour les activités plus lourdes comme l’aquaculture.

Dans Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, nous avons aussi plusieurs projets de production agricole tant pour répondre aux demandes des citoyens qui désirent cultiver leurs aliments que des productions de plus grande échelle pour lutter contre les déserts alimentaires. Cultiver ses denrées est sans contredit une manière d’effectuer un « retour à la terre » ou, du moins, un retour aux sources de nos aliments, et les initiatives et propositions citoyennes se multiplient année après année.

L’industrialisation et la mondialisation de la production alimentaire ont fait en sorte que l’on a perdu le lien avec la source de nos aliments. Comme, pour un grand nombre, l’alimentation ne se compose pas uniquement de fruits et de légumes, le désir de manger sainement ne s’arrête donc pas là. Alors, si l’on reprend contact avec la betterave, pourquoi ne pas renouer avec les poules?

C’est dans ce sens que le 7 juillet dernier les éluEs de l’arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve ont voté à l’unanimité un changement aux règlements sur le contrôle animalier permettant la garde de poule sur son territoire, à de nombreuses conditions. Ces conditions ont été établies en fonction de deux préoccupations principales : assurer la santé et le bien-être des animaux et limiter les nuisances pour les résidents limitrophes. Le changement de règlement permet donc aux jardins communautaires qui respectent les conditions et qui le souhaitent d’avoir la garde de 5 poules. Cette annonce a été accueillie très favorablement et les jardiniers ont déjà des projets éducatifs en tête pour l’utilisation des œufs qui seront produits.

J’ai bien hâte de voir le poulailler du jardin Souligny, le premier à avoir fait la demande! Bonne saison du jardinage à toutes et tous!

Les opinions émises dans les blogues sont celles de leurs auteurs et non celles de Pamplemousse.ca.
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