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Briser l’isolement des aînés du quartier

Vie de quartier
Selon un recensement effectué en 2011, 15 % de la population de Mercier-Est aurait 65 ans et plus et 35 % de cette population vivrait seule. (photo: © Hunor Kristo / Dollar Photo Club)
Selon un recensement effectué en 2011, 15 % de la population de Mercier-Est aurait 65 ans et plus et 35 % de cette population vivrait seule. (photo: © Hunor Kristo / Dollar Photo Club)

Les agents sociocommunautaires du poste de quartier 48 ont réussi à rejoindre 336 aînés de Mercier-Est cet été afin de contrer leur l’isolement.

Selon un recensement effectué en 2011 par le PDQ 48, 15 % de la population de Mercier-Est aurait 65 ans et plus et 35 % de cette population vivrait seule. De plus, les aînés isolés sont les plus vulnérables et les plus sujets aux abus.

Pendant huit semaines, chaque jeudi après-midi, des agents sociocommunautaires, accompagnés de cadets et d’employés de différents organismes partenaires du projet, ont donc fait du porte-à-porte pour aller à la rencontre des personnes âgées. Les intervenants du quartier venaient du Chez-Nous de Mercier-Est, du CSSS Mercier-Est Anjou et de Tandem Mercier–Hochelaga-Maisonneuve.

« Nous étions aussi accompagnés des gens du SAVA, un organisme de soutien aux aînés victimes d’abus, qui a vu le jour dans l’arrondissement de Rosemont-La-Petite-Patrie. Nous nous sommes inspirés de leur travail d’intervention pour mener une expérience similaire dans Mercier-Est », explique Julie Fournier, agente sociocommunautaire du PDQ 48.

Pas évident de dénoncer

Même si les cas d’abus sont parfois flagrants ou insidieux, il n’est pas toujours évident pour les aînés de dénoncer la situation.

« Très souvent, l’aîné sera la victime d’une personne qu’elle connaît, par exemple un membre de la famille ou un aidant naturel. Ça devient délicat pour eux de dénoncer ces abus. Dans d’autres cas, il s’agit de fraude téléphonique. Un inconnu se fait passer pour le petit-fils ou la petite-fille et prétend appeler ses grands-parents pour leur demander de l’aide financière. La relation de confiance fait en sorte que ces personnes se font avoir. Parfois, les personnes âgées ciblées sont en légère perte cognitive ou sont peu informées sur ce type de fraude », souligne l’agente Fournier.

Lors des rencontres, les agents sociaux communautaires remettaient des outils de prévention aux aînés, notamment des cache-monnaies et des napperons de table sur lesquels étaient inscrits des conseils de prévention ainsi que les coordonnées des différentes ressources du quartier.

Les interventions en porte-à-porte ont aussi permis de faire une dizaine de signalements aux CSSS Mercier-Est Anjou pour qu’un suivi soit fait auprès de certaines personnes âgées. Quelques incivilités notées par d’autres ont pu être rapportées aux policiers. « Certains n’osent même pas appeler le 911 », précise Julie Fournier.

Le PDQ 48 tire un bilan très positif de cette première année d’intervention auprès des aînés isolés. « Ces rencontres permettaient aussi à ces personnes d’échanger et de parler avec les gens qui représentaient les différentes ressources du quartier afin de mieux connaître leurs services. Il n’était pas rare que nos échanges durent plus de 30 minutes. Si les ressources de tous les partenaires le permettent, on aimerait beaucoup reconduire le projet l’été prochain », conclut Mme Fournier.

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