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Cinéma: Anton Tchékov 1890 chez Station Vu

Culture
Anton Tchékov 1890
Le film Anton Tchékhov est un véritable festin pour les yeux. (Photo: Films Alyne)

Le film Anton Tchékov 1890, du cinéaste René Féret, sera présenté chez Station Vu ce vendredi (11 septembre). C’est un très beau rendez-vous de cinéma.

Le biopic portant sur la vie du célèbre écrivain et dramaturge constitue en fait un voyage dans une époque complètement différente de la nôtre, dépourvue de gadgets technologiques, d’électricité, d’automobiles, et où le temps s’écoulait différemment. Et, surtout, une époque où les maladies infectieuses étaient la plupart du temps victorieuses. Comme la tuberculose, qui fauchait des millions de vies de par le monde. Dont celle de Tchékov et de son frère.

Le film se passe donc, comme son titre l’indique, à l’été 1890. Tchékov est un jeune médecin de famille. Pour survivre et nourrir sa famille, il écrit des nouvelles aux journaux russes qu’il signe par le pseudonyme Antocha Tchékhonté. Sa vie prend un tournant, pour le mieux, quand des écrivains et des personnages influents lui font prendre conscience de son talent et le paient pour qu’il publie romans, nouvelles et pièces de théâtre. Il remporte le prix Pouchkine (l’Oscar russe de la littérature, à l’époque) et rencontre même l’illustre Tolstoï, qui deviendra son ami. Les deux s’admirent mutuellement.

Tchékov vit donc désormais dans une très belle villa avec son clan. Il vit aussi une aventure avec une jeune femme mariée, à qui il révèle que son cœur est froid. Tchékov, dont le génie est de décrire les mœurs de ses contemporains avec une acuité sans bornes, est incapable d’aimer.

De plus, un de ses frères meurt de la tuberculose. L’écrivain est transformé par l’expérience et fera le voyage que son défunt frère voulait effectuer avec lui : visiter l’île-prison de Sakhaline, à 10 000 kilomètres de Moscou, où il habite. Le voyage, à l’époque, est une odyssée. Il y rencontrera les bagnards et les familles de ceux qui tiennent la prison et les écoles des familles des prisonniers. Tous ces gens vivent dans un dénuement abject. Sur Sakhaline, Tchékhov écrira, plus tard, un essai qui bouleversera les élites.

Féret signe ici un très, très beau film. Il tourne souvent en éclairages naturels, caméra à l’épaule, pour mieux plonger le cinéphile au cœur de l’action. Les dialogues, châtiés, et la mise en scène sont en mode théâtral. Mais ça ne gâche rien au plaisir. D’autant plus que la photographie, les décors, les costumes, tout est somptueux. Les paysages sont magnifiques. Notamment ceux de la Sibérie.

On sort de ce film lent, mais jamais ennuyeux avec le plaisir d’avoir voyagé et découvert une tranche de vie d’un des plus illustres écrivains de l’histoire.

Visionnez la bande-annonce.

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