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Collision entre un train et un tramway, angle Des Ormeaux et Souligny

Histoire
Accident de train et de tramway.
La cabine du wattman. (Coll. Robert Carrière, photo La Patrie – BANQ)

On parle beaucoup du train qui siffle ces jours-ci. Ce qui rappelle une collision entre un train du Canadien-Nord et un tramway sur la voie du Bout de l’île. Il y a eu un mort et un grand nombre de blessés. Nous sommes en 1913. Voici ce qu’en disent les journaux de l’époque.

C’est la nouvelle qui s’est répandue ce matin, comme une traînée de poudre, en ville, et qui a causé une sensation facile à comprendre, à cause du grand nombre de citadins qui passe l’été dans les jolis villages que traverse la ligne du Canadien-Nord, et qui reviennent en ville tous les matins. On croyait à une catastrophe épouvantable.

La collision s’est en effet produite entre un train du C.N.R. et un tramway-camion de la compagnie des tramways. Le wattman du camion a été tué sous les roues de la locomotive et six ouvriers, qui travaillaient pour la compagnie des tramways, ont été blessés.

La Patrie, 1913. (Coll. Robert Carrière, BANQ)

Les voyageurs du train du C.N.R. qui arrive à Montréal vers neuf heures n’ont pas eu d’autres ennuis qu’un retard de quelques minutes, car ce n’est pas leur train, mais un convoi de marchandises qui a tué un homme et en a blessé six autres.

Il était 7 h 40 ce matin, lorsque le convoi de marchandise No 1340, du C.N.R., qui venait de quitter la Longue-Pointe en route pour Québec, a frappé au coin de la rue des Ormeaux, à Tétreaultville, le tramway-camion No 3058 de la compagnie des tramways de Montréal.

Le tramway-camion, conduit par le wattman Arthur Beaudry, demeurant au No 1248, de la rue des Érables, était chargé de pierres. M. Beaudry crut qu’il avait le temps de traverser la voie avant le passage du convoi, mais à peine avait-il touché le premier rail que la locomotive, conduite par le mécanicien White, frappa son camion violemment, brisant le devant et arrachant un essieu.

Beaudry tomba en bas de son siège, sous les roues de la locomotive, qui l’écrasèrent à mort. Six ouvriers, occupés à poser des poteaux pour la compagnie des tramways au coin de la rue des Ormeaux, se sauvèrent à temps pour ne pas être écrasés sous le camion, mais ils furent blessés.

Voici leurs noms : Oriok Limoffay, 40 ans, 626, rue Frontenac, Thomas Sociak, 35 ans, 717, rue Saint-Dominique, Joseph Meset, F. Kemesa, Jean Sahafoma, Kanne Huske.

Le mécanicien de la locomotive stoppa et il courut au secours des blessés pendant que le conducteur du train, M. Lockead, téléphonait à la compagnie du C.N.R pour faire venir les voitures d’ambulance et le fourgon de la morgue.

Le Dr Lonergan, de Tétreaultville fut mandé aussi et accourut pour prodiguer ses soins aux blessés. On retira le cadavre mutilé de Beaudry et il fut envoyé à la morgue.

La voiture d’ambulance de l’hôpital Notre-Dame transporta deux des blessés à cette institution, Limoffay et Sociak. Ils furent pensés tout de suite par les internes de Notre-Dame. Le premier avait une fracture de la clavicule, une blessure à la tête et des blessures sur le corps. Sociak souffrait de blessures légères au corps.

La voiture d’ambulance de l’hôpital Général ramena en ville les blessés Meset et Kemasa. Le premier avait trois côtes cassées, l’autre avait des blessures peu sérieuses.

Les deux autres blessés se rendirent chez le Dr Lonergan, qui les soigna, puis ils retournèrent à leur travail. La compagnie du Canadien Nord a communiqué une déclaration officielle à la Patrie à midi.

M.Lockead , le conducteur du train, dit-on dans la déclaration, affirme que la locomotive marchait à une vitesse d’à peine huit milles à l’heure et qu’il ne comprend pas comment le wattman n’a pu éviter cet accident.

Le mécanicien White, dit la compagnie, est convaincu que le wattman Beaudry a voulu traverser la voie avant le train et que c’est son imprudence qui a été la cause de sa mort.

Le malheureux Beaudry était veuf. Il laisse six enfants, dont cinq filles et un garçon. Le plus âgé de ses enfants a 24 ans, le plus jeune en a 14. Le cadavre de la victime de ce pénible accident a été identifié à la morgue par son frère, qui demeure au 221, de la 1re Avenue à Maisonneuve. Il n’y a rien à craindre pour les blessés, leurs blessures ne sont pas mortelles.

La Patrie, 1913. (Coll. Robert Carrière, BANQ)

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