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Les 27 parcs de Mercier-Est – 3 de 3

Environnement
Le parc Carlos D'Alcantara. (photo: Marie-Eve Cloutier)
Le parc Carlos D’Alcantara. (photo: Marie-Eve Cloutier)

Mercier-Est compte 27 parcs et espaces verts. D’où vient leur nom? Fin d’une série de trois textes.

21- Pierre-Tétreault (angle Bellerive et Notre-Dame) 17 780 m2

Le parc Pierre-Tétreault est situé au prolongement de la rue qui porte le nom du fondateur de Tétreaultville. Situé face à la Promenade Bellerive, le parc s’étend entre les rues Notre-Dame, des Ormeaux et Baldwin. L’historien Robert Carrière rapporte que Pierre Tétreault a fondé Tétreaultville après avoir fait fortune en découvrant une mine au Montana. De retour à Montréal, il achète deux terres d’Olivier Archambault (lots 399 et 400) pour 26 000 $ comptant, en 1896. Une véritable fortune. Il a incité les milliers de travailleurs irlandais des shops Angus à s’installer dans sa nouvelle ville, reprend M. Carrière. Il leur a promis de bâtir une église (St Margareth, en 1908), rue Langemark (Sainte-Claire), angle des Ormeaux, et d’y amener le tramway. Pierre Tétreault a fait des dons impressionnants à l’Église catholique et à la Ville de Montréal, mais sa mémoire n’a jamais été honorée par un monument et son lieu d’inhumation est anonyme!

22- Place Honoré-Beaugrand (angle Honoré-Beaugrand et Place Chénier) 3027 m2

Situé au bout de la rue Honoré-Beaugrand, cet espace gazonné et boisé en bordure nord-est jouxte le parc du Mail, dans l’arrondissement d’Anjou. Le journaliste et romancier Honoré Beaugrand (1848-1906) passa une dizaine d’années aux États-Unis, puis fonda, en 1879, le journal La Patrie à Montréal. Il occupa ensuite la mairie de Montréal en 1885 et 1886. Il a écrit le conte La chasse-galerie, inspiré d’un récit populaire, publié pour la première fois le 13 décembre 1891.

23- Promenade Bellerive (rue Bellerive) 222 896 m2

Plus grand parc du quartier, il fut créé au début des années 1960 par le remblai de la berge du fleuve lors de travaux du pont-tunnel Louis-Hippolyte Lafontaine, du métro de Montréal et de l’Exposition universelle de 1967. Paul-Émile Sauvageau, conseiller municipal de Mercier, se bat alors pour la création du parc. En 1986, des citoyens du quartier, sous la direction du conseiller Scott McKay, se battent pour préserver le parc, qui est destiné à être annexé au port de Montréal. Le maire Jean Doré leur donne raison. La Promenade Bellerive est administrée par la Société d’animation du parc de la Promenade Bellerive, qui célébrait ses 20 ans d’existence en 2014 : V. notre dossier.  La promenade Bellerive est un des 25 grands parcs de Montréal et comporte une scène, plusieurs plages publiques, un observatoire et un quai abritant une navette fluviale qui fait la liaison avec le parc national des Îles de Boucherville, les fins de semaine d’été.

24- Sainte-Claire (angle Lebrun et Pierre-de-Coubertin) 2892 m2

Le parc rappelle le nom de la rue et de la paroisse de Sainte-Claire, fondée en 1906. Pierre Tétreault a donné des terrains et financé la cloche et les bancs de l’église, en 1907.

25- Saint-Victor (angle Hochelaga et Taillon) 28 252 m2

Le parc est situé dans le quartier et la paroisse du même nom. Le 28 juin 2015, on célébrait la dernière messe dans cette église fondée 104 ans auparavant. Le parc compte des terrains de baseball, de soccer et de pétanque, ainsi qu’une pataugeoire et une aire de jeux.

26- Sherbrooke-Contrecoeur (angle Sherbrooke et Contrecœur) 5000 m2

Parc-écran voilant la carrière Lafarge, entre la future zone commerciale du Faubourg Contrecœur et l’avenue Georges-V, au bout de la rue Hector.

27- Thomas-Chapais (angle des Ormeaux et de Grosbois) 151 856 m2

Un des plus grands parcs du quartier, il est considéré comme un véritable trésor écologique. Méconnu hors de Mercier-Est, il abrite une des rares forêts sauvages à l’est de l’autoroute 25 (v. notre dossier). On y trouve plus de 21 espèces d’arbres, plusieurs sentiers, des aires de pétanque, de jeux, d’exercice, des patinoires et, surtout, une grande variété d’oiseaux et d’animaux sauvages. Sir Thomas Chapais (1858-1946) était avocat, journaliste, ministre, sénateur et historien canadien. Il détient également le record de la plus longue carrière parlementaire au Canada, soit 54 années (de 1892 à 1946). Il fut notamment ministre dans le gouvernement conservateur de Louis-Olivier Taillon et président du conseil législatif, l’ancienne chambre haute du Parlement du Québec. Il a écrit les biographies du Marquis de Montcalm et de l’Intendant Talon. Chapais a enseigné à l’Université Laval, où il obtient un doctorat en 1898.

Espaces verts à venir

D’autres espaces verts doivent être aménagés dans les prochaines années dans Mercier-Est, autour du Faubourg Contrecœur :

• Un passage entre les rues Eugène-Achard et Anne-Courtemanche, au sud de Robitaille (quand le développement immobilier sur Anne-Courtemanche sera complété.

• Un passage menant au boisé Roger-Rousseau, à l’extrémité est de la rue Robitaille. Ce boisé, situé à Anjou, à l’est de la rue Claude-Masson, s’étend de l’avenue Charles-Goulet à l’extrémité nord du parc Carlos-d’Alcantara. Une piste cyclable est prévue à cet endroit.

• Un espace vert au fond du tourne-bride angle Robitaille et Claude-Masson, jouxtant  le boisé Roger-Rousseau. L’aménagement est prévu à l’automne ou l’an prochain. L’arrondissement attend que le chantier des résidences donnant sur le tourne-bride soit complété.

Espaces qui ne se feront pas

• Un passage entre le futur tourne-bride de la rue Duchesneau et la rue Sherbrooke (quoique des citoyens espèrent le prolongement pur et simple de cette rue). Il serait surprenant que la Ville de Montréal achète le terrain qu’elle a mis en réserve foncière, et qui vaut plus de 1,5 million de dollars, pour aménager un simple passage piétonnier. Le maire Réal Ménard et le conseiller Richard Celzi ont publiquement affirmé que la densité de trafic ne justifiait pas l’extension de la rue Duchesneau vers Sherbrooke.

• Deux passages entre la rue Paul-Pau, l’avenue de La Vérendrye (à Anjou) et la rue Eugène-Achard (quand le développement immobilier sur cette dernière rue sera terminé). Anjou espérait des passages piétons pour faciliter les déplacements vers les commerces de la Place Chaumont. L’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve s’y oppose.

Sources : Robert Carrière, Commission de toponymie du Québec, Ville de Montréal, « Patrimoine typonimique et développement urbain du quartier Mercier à Montréal » par Philippe Dugas (2010 – Rapport de recherche, maîtrise en histoire, UQAM)

Lisez la première partie.

Lisez la deuxième partie.

 

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