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Club de lecture: enquête

Culture
Couverture du roman Mordoc de Patricia Cornwell.
Le club de lecture vous présente cette semaine des romans de Patricia Cornwell, Ken Grimwood, Sebastian Meschenmoser et Gérard Bessette.

Voici les suggestions de notre Club de lecture cette semaine!

N’hésitez pas à nous faire part de vos suggestions sur notre page Facebook, car nous publions ce Club toutes les trois semaines!

Polars

Suggestion de lecture de Catherine Belleau, bibliothécaire à la bibliothèque Mercier de la Ville de Montréal :

Mordoc, de Patricia Cornwell, Calmann-Lévy, 1998 (aussi en format poche)

Vous le trouverez à la cote COR dans les romans français.

J’aime beaucoup les romans policiers de Patricia Cornwell, tout particulièrement ceux de la série ayant pour héroïne le médecin légiste Kay Scarpetta. Dans celui-ci, elle devient la cible d’un redoutable tueur en série. Il dispose d’un virus mortel qui contient une maladie éradiquée depuis plus de trente ans. C’est un très bon suspense où nous avons vraiment peur pour le personnage principal. De plus, j’aime le côté médical de ses romans, c’est-à-dire qu’on découvre grâce aux autopsies de Kay des détails infligés aux corps qui permettront de retracer la piste du tueur.

Dans ce huitième roman de la série, j’ai aussi retrouvé avec grand plaisir les personnages intéressants qui entourent Kay Scarpetta lors de ses enquêtes. Lucy Farinelli, sa nièce, Benton Wesley, profileur au FBI, et Pete Marino, inspecteur de police à Richmond, Virginie.

Je vous conseille fortement ce roman. Mais si c’est votre premier de l’auteure, il serait préférable de commencer par le début de la série pour s’y retrouver parmi les personnages. Quelquefois, il y a des allusions aux enquêtes précédentes. Le premier titre de la série est « Postmortem ».

Science-fiction

ken-grimwood-replaySuggestion de Marie-Eve Cloutier, journaliste

Replay, par Ken Grimwood, éditions du Seuil, 1988.

Jeff Winston, 43 ans, est conscient que rien n’a marché comme il l’aurait voulu dans sa vie, de la maison de rêve qu’il n’a pas, aux vacances qu’il ne peut se permettre avec sa femme, jusqu’aux enfants qu’il aurait bien aimé avoir. Au téléphone avec sa femme, Linda, qui l’entretient sur tout ce qu’ils leur faudraient pour espérer avoir une vie meilleure, Jeff meurt subitement d’un arrêt cardiaque le 18 octobre 1988. Curieusement, Jeff se réveille, confus, dans sa chambre à l’université, en 1963. Seulement, il se souvient de sa vie antérieure, celle qu’il vient de quitter.

Qui n’a jamais rêvé de pouvoir recommencer, de faire les choses différemment, même, de pouvoir revivre sa vie? Jeff Winston saisit cette occasion en profitant du cours de l’histoire, qu’il connait déjà pour l’avoir vécu une première fois, pour augmenter ses chances de réussite personnelle et professionnelle. Jusqu’à ce qu’il meurt à nouveau, 25 ans plus tard, pour se retrouver encore une fois en 1963.

Et le cycle se répète, encore et toujours. Pourquoi tous ces retours à la case départ, et surtout, pourquoi lui? Est-il le seul à vivre ce genre d’expérience?

Journaliste et auteur, Ken Grimwood a obtenu le World Fantasy Award pour Replay en 1988. Grimwood travaillait sur une suite pour son livre, mais le projet n’a jamais vu le jour, puisque l’écrivain est mort d’une crise cardiaque en 2003 à l’âge de 59 ans. En 2010, la rumeur voulait que la compagnie de film Warner Bros. travaillait à l’adaptation du livre au grand écran avec Ben Affleck comme personnage principal, mais malheureusement, le projet ne semble pas avoir connu de développement depuis.

Littérature jeunesse

La_Laine_magiqueSuggestion de Ganaëlle Roberge, intervenante en éveil à la lecture et au langage de la Maison des Familles de Mercier-Est

La laine magique de Molosse, par Sebastian Meschenmoser, Minedition, 2011.

Voilà un album original à découvrir! À l’aide d’une pelote de laine sans fin et d’aiguilles à tricoter automatiques, la Fée Porcine se tricote une robe et sort participer à un concours de beauté. Seul à la maison, son compagnon Molosse s’ennuie terriblement. N’ayant rien d’autre à faire, il s’initie au tricot, y prend plaisir et, de fil en aiguille, recouvre tout ce qui l’entoure à la façon du « yarn bombing » consistant à habiller le mobilier urbain par du tricot. Les illustrations en partie réalisées au crayon à mine sont très réussies. Il faut voir les différentes mimiques de Molosse, elles sont savoureuses! L’album est disponible à la Bibliothèque Mercier dans la section « Jeunes – livres d’images » sous la cote MES.

Classique

bagarre

Suggestion de Stéphane Desjardins, éditeur

La bagarre, de Gérard Bessette, Pierre Tisseyre éditeur, 1958

Des générations de Québécois ont connu « Le Libraire », du même auteur, une lecture obligatoire au secondaire. Pourtant, « La Bagarre » est beaucoup plus intéressant et captivant. On a ici affaire à un récit dont le propos n’a pas pris une ride, avec des personnages fascinants, comme Jules Leboeuf, qui passe son temps à boire et à fumer avec ses amis, entre deux cours et son boulot, à la Compagnie de Transport Métropolitain, cours et boulot qui l’intéressent de moins en moins. Ou comme Ken Weston, un Américain qui « étudie » ces drôles de « Canadiens français ». Ou Augustin Sillery, fils de riche, efféminé (gai?), qui multiplie les discours grandiloquents.

Même si le roman est écrit en 1958, son personnage de Leboeuf vit en union libre (!) avec une serveuse pour laquelle il se demande s’il éprouve encore du sentiment. Leboeuf travaille pour payer ses études. Il étudie pour devenir écrivain. Il veut écrire pour changer le monde. Mais il doute. Du véritable impact qu’aurait une éventuelle carrière d’écrivain sur les injustices sociales. Il doute aussi surtout de lui-même: est-il un imposteur qui veut combler le fossé entre les pauvres et les riches, alors qu’il est lui-même issu de la bourgeoisie?

Bessette a beaucoup dénoncé, à travers son œuvre, l’absurdité et les mœurs de son époque (la grande noirceur duplessiste). Avec « La Bagarre », il le fait avec beaucoup d’humour et d’action. L’écrivain a aussi dénoncé la censure, notamment dans ses œuvres, lui dont les romans furent mis à l’index. Cet auteur est resté très moderne, dans le style et le propos.

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