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Débat électoral dans Mercier-Est: la suite

Élus
Solidarité Mercier-Est a invité les principaux candidats de la Pointe-de-l'Île à faire valoir leur idée lors d'une soirée électorale le 5 octobre dernier. (photo: Stéphane Desjardins)
Solidarité Mercier-Est a invité les principaux candidats de la Pointe-de-l’Île à faire valoir leur idée lors d’une soirée électorale le 5 octobre dernier. (photo: Stéphane Desjardins)

Après un premier compte rendu de la soirée d’échange organisée par Solidarité Mercier-Est avec les candidats aux élections fédérales le 5 octobre, le Journal de Mercier-Est revient sur ce que les participants avaient à dire sur les thèmes débattus lors de l’évènement.

La table de concertation du quartier avait choisi quatre thèmes, soit l’alimentation, l’économie locale, l’environnement et la santé. Émilie Auclair, directrice générale de SME et animatrice lors du débat, posait les questions. Les candidats présents étaient Marie-Chantal Simard, du Parti libéral du Canada, Ève Péclet, du Nouveau parti démocratique et Mario Beaulieu, du Bloc Québécois. Guy Morissette, candidat conservateur, avait décliné l’invitation et décidé de ne pas participer au débat.

Question : Le Réseau pour une alimentation durable a lancé le mouvement « Je mange donc je vote! » afin d’inciter les politiciens à donner vie à une politique alimentaire pancanadienne. Dans notre quartier, l’organisme le Sésame a comme mission de favoriser la sécurité alimentaire. Que pensez-vous de ces initiatives? 

Marie-Chantal Simard : « Les biens et les logements coûtent cher. Nous ne devrions pas à faire des choix entre nous loger et nous nourrir. Dans la Pointe-de-l’Île, c’est encore plus criant. Nous souhaitons augmenter les impôts des 1 % des plus riches de la population afin d’alléger les familles de la classe moyenne. Avec plus d’argent à leur disposition, les gens pourront s’acheter de la meilleure nourriture. »

Ève Péclet : « Près de 20 % de la population de la Pointe-de-l’Île doivent consacrer la moitié de leur salaire pour se loger, les privant d’une alimentation saine. Nous souhaitons donc investir dans le logement social pour faire en sorte que les familles aient plus d’argent dans leur poche et faire en sorte que leurs enfants aillent à l’école le ventre plein. Dès que j’ai eu connaissance des projets du Sésame, j’ai fait des démarches pour ajouter certains critères au programme de stage d’été du fédéral pour que l’organisme puisse être éligible. »

Mario Beaulieu : « Je suis d’accord avec le Réseau pour une alimentation durable, mais il ne faut pas oublier que le Québec a aussi ses politiques alimentaires et sa propre approche de lutte contre la pauvreté. Le gouvernement fédéral ne devrait pas venir les entraver. De plus, le Sésame est une entreprise d’économie sociale, chose que le gouvernement fédéral ne comprend pas. On aimerait qu’il les subventionne comme on subventionne les PME. »

Question : Nos rues commerciales dans Mercier-Est demandent à être revitalisées. Est-ce que vous vous engagez à faire du développement du territoire une priorité locale? 

Marie-Chantal Simard : « J’ai vu les commerces et les restaurants fermer. Je ne veux pas que le quartier devienne un dortoir, alors qu’il pourrait devenir une plante tournante pour le tourisme vert avec le parc de la Promenade Bellerive. Il faut emmener les gens à dépenser plus dans le quartier. Je souhaite mettre la Pointe-de-l’Île sur la map! »

Ève Péclet : « On voit que le quartier est déjà très impliqué dans le développement du territoire. Il faut soutenir les entrepreneurs, les entreprises créatrices d’emplois et relancer le secteur manufacturier. Nous voulons aussi remettre en place les crédits d’impôt à l’innovation et diminuer les taux d’intérêt pour les petites entreprises. »

Mario Beaulieu : « La rue Hochelaga a déjà été une artère commerciale importante. Il faut rétablir la situation et créer une association de commerçants. La foire cet été est un bon début. Il est primordial de revitaliser le commerce et d’avoir des mesures fiscales pour les petites entreprises. Le Bloc Québécois propose aussi de créer une société de financement pour les infrastructures vertes. »

Question : Les projets reliés à un approvisionnement en pétrole via des pipelines, comme le projet d’oléoduc Énergie Est, dérangent ceux qui y voient des risques pour l’environnement, alors que d’autres pensent plutôt aux opportunités de développement que ces projets pourraient apporter dans l’est de Montréal. Quelle est votre position dans ce dossier?

Marie-Chantal Simard : « Je refuse de vivre dans un monde sans ours polaires et sans bélugas. J’ai moi-même mené une campagne électorale la plus verte possible. Chacun doit y mettre du sien. Mais, l’écologie et l’économie peuvent aller de pair. Pour ce qui est des pipelines, si ces projets ont l’acceptabilité sociale de la population, donc si les gens disent “oui”, nous allons tout faire pour que ce soit alors sécuritaire pour l’environnement. »

Ève Péclet : « Le Canada est le seul pays à être sorti du Protocole de Kyoto. Avec les projets de pipeline, Stephen Harper a saccagé la protection de l’environnement. Le gouvernement a instrumentalisé l’Office national de l’énergie. Près de 99 % de nos cours d’eau, de nos lacs et de nos rivières ont été déclassés. Au NPD, on croit qu’il faut augmenter la protection de l’environnement. Nous proposons de diminuer de 34 % les émissions de gaz à effet de serre sous le niveau de 1990 d’ici 2030. »

Mario Beaulieu : « Il faut appliquer les principes du développement durable. Cela passe par une réduction graduelle de notre dépendance au pétrole, car il ne faut pas oublier qu’on en retrouve dans à peu près tout. On s’oppose au projet de pipeline d’Énergie Est, car il produira plus de gaz à effet de serre que toutes les autres industries du Québec. Le gouvernement fédéral doit resserrer sa règlementation et démontrer qu’elle a des plans en cas d’urgence. »

Question : La circonscription de la Pointe-de-l’Île connait un mauvais bilan de santé. La Loi canadienne sur la santé « requiert que les régimes provinciaux et territoriaux d’assurance maladie couvrent l’ensemble des services médicaux et hospitaliers qui sont médicalement nécessaires. » Malgré une compensation financière que reçoivent les provinces, des frais accessoires sont tout de même facturés dans certaines cliniques ou certains hôpitaux. Mettriez-vous fin à cette pratique? 

Marie-Chantal Simard : « Je suis une candidate accréditée “santé” par la Fondation des maladies du cœur. Nous souhaitons faire en sorte qu’il y ait plus de soins donnés à domicile, nous voulons aider les aidants naturels et obtenir de meilleurs prix pour les médicaments. »

Ève Péclet : « Les conservateurs ont fait des compressions majeures dans le domaine de la santé. Le gouvernement fédéral doit agir et renégocier les accords sur la santé que Stephen Harper a mis de côté en 2014. Thomas Mulcair souhaite d’ailleurs s’asseoir avec les provinces pour discuter de ces accords. Nous voulons aussi réduire les prix des médicaments. »

Mario Beaulieu : « La Loi canadienne sur la santé prévoyait que les transferts aux provinces couvrent 50 % du financement des services de santé. Aujourd’hui, ce chiffre est à 25 % et nous vivons un déséquilibre fiscal. Les besoins sont au Québec et nos impôts vont à Ottawa. Nous disons qu’il faut revenir à ce 50 % à raison d’une augmentation de 6 % par an pour ces coûts. »

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