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Élections 2015: les candidats répondent à nos questions (3 de 6): immigration

Élus, Vie de quartier
Femme portant un niqab
La question du port du niqab pendant les cérémonies d’assermentation constitue un point tournant dans la campagne électorale. (Photo: Wikipedia)

Il y a plusieurs jours, nous avons envoyé un questionnaire détaillé, portant sur plusieurs thèmes chers à Mercier-Est, à tous les candidats dans le comté de La-Pointe-de-l’Île.

Les candidats à l’élection fédérale du 19 octobre prochain devaient réagir à chaque question par une réponse de 100 mots maximum, histoire de ne pas créer de déséquilibre entre les réponses d’un candidat à l’autre et… de ne pas tester vos nerfs de lecteurs!

Six thèmes ont été abordés : transport, environnement, immigration, santé, communauté, bruit. Aujourd’hui, nous abordons le troisième : l’immigration. Les réponses seront livrées par ordre alphabétique du nom de famille du candidat. Ont répondu les candidats des partis conservateur, néo-démocrate, libéral et bloquiste; pas ceux des partis marxiste-léniniste, communiste, rhinocéros et libertarien.

Immigration

Mercier-Est est un quartier d’accueil pour de nombreux immigrants. En début d’année, l’histoire de l’imam Chaoui et de son projet de centre communautaire islamique sur la rue de Grosbois a cependant réveillé certaines craintes de la population concernant l’endoctrinement et la radicalisation des jeunes musulmans. Des citoyens souhaitent que le gouvernement fasse la lutte au terrorisme en passant par une immigration sélective et une surveillance accrue des lieux d’endoctrinement. D’autres considèrent que certaines dispositions de la loi vont trop loin, notamment en ce qui concerne le droit du gouvernement du Canada de pouvoir désormais retirer la citoyenneté canadienne aux gens possédant une double citoyenneté, en cas de soupçon d’activité terroriste.

Cette disposition de la loi devrait-elle être retirée ou modifiée?

Mario Beaulieu, Bloc Québécois

Au Bloc Québécois, nous disons oui à plus de sécurité et de prévention, non à la création d’une police politique par la loi C-51. Le Québec doit avoir le plein contrôle de la sélection, de l’accueil et de l’intégration des immigrants et des réfugiés.

David Cox, Parti Vert

Nous ne pouvons pas laisser la paranoïa idéologique détruire le Canada que nous avons bâti. La C51 est une paranoïa et une tentative d’exercer un contrôle sur tous les Canadiens. Nos systèmes existants fonctionnent bien, on n’a pas besoin de cette législation draconienne.

Guy Morissette, Parti conservateur

Non, car toute personne qui a été reconnue coupable d’avoir tenté de commettre un acte terroriste a clairement démontré qu’elle n’adhère pas aux valeurs canadiennes. Pourquoi alors permettrait-on à une telle personne de conserver la citoyenneté canadienne, si elle détient déjà une autre citoyenneté ?

Ève Péclet, Nouveau Parti démocratique (NPD)

Dans ce dossier comme dans plusieurs autres, les conservateurs font fausse route. La gestion de l’immigration par ce gouvernement est un échec sur toute la ligne. Le gouvernement a coupé dans son ministère et ses bureaux à l’étranger. En conséquence, les délais augmentent et les erreurs se font de plus en plus communes. La citoyenneté canadienne appartient à tous celles et ceux qui l’acquièrent à la naissance ou par naturalisation. Un citoyen canadien reconnu coupable de terrorisme par une cour canadienne purgera sa peine, qu’il soit né au Canada ou ailleurs.

Marie-Chantale Simard, Parti libéral du Canada

Un gouvernement Libéral s’opposera à la création d’une citoyenneté à deux niveaux. Nous croyons que le Canada est plus fort non pas en dépit de ces différences, mais grâce à celles-ci.

Comment doit-on lutter contre la radicalisation des jeunes musulmans?

David Cox, Parti Vert

Nous devons engager tous les jeunes pour leur faire comprendre le bien commun. Nous devons mobiliser les jeunes pour les garder loin de la drogue et des gangs de rue (y compris loin de l’islam radical). Les Verts ont un grand plan qui comprend la création d’un Corps de jeunes au service de la communauté et de l’environnement. Ce plan fournira 1 milliard de dollars / an aux municipalités pour embaucher de jeunes canadiens .

Guy Morissette

La pauvreté et l’exclusion sur le marché du travail sont des terreaux fertiles pour le recrutement des jeunes dans des groupes radicaux. Un jeune musulman dont la famille vit dans la précarité parce que ces parents ne réussissent pas à se trouver de bons emplois, ou qui éprouve lui-même des difficultés à se trouver un emploi lorsqu’il atteint l’âge adulte, sera plus vulnérable qu’un jeune qui en a plus à perdre. C’est pourquoi nos initiatives pour améliorer le processus de reconnaissance des titres de compétences étrangers et mieux sélectionner les immigrants en fonction des besoins du marché du travail canadien sont si importantes.

Ève Péclet

Aucun jeune n’est à l’abri de la radicalisation et des mauvaises influences. Il y a un réel danger que certains de nos jeunes tombent dans le piège d’extrémistes islamistes ou autre. La priorité absolue devrait être mise sur la prévention et la sensibilisation. La répression arrive bien souvent trop tard et ne règle en rien le problème. Il y a des parallèles à faire avec l’approche québécoise en matière de délinquance juvénile. Ce n’est pas en remplissant nos prisons de jeunes que l’on va régler cette question. C’est donc toute l’approche gouvernementale qu’il faut revoir à Ottawa.

Comment trouver l’équilibre en matière d’immigration et de lutte contre le terrorisme?

David Cox, Parti Vert

Le Canada a toutes les ressources en place pour assurer notre sécurité. Un gouvernement du Parti Vert permettra d’améliorer notre structure actuelle de police, en plus d’ajouter une supervision publique. Les progrès de la technologie aideront également à trouver des solutions à ce problème compliqué.

Guy Morissette

Notre gouvernement conservateur ne croit pas qu’il y ait un lien de cause à effet entre les deux, tant que tous les candidats à l’immigration au Canada fassent l’objet d’une vérification rigoureuse de leurs antécédents, que nous continuons à sélectionner les immigrants en fonction des besoins du marché du travail canadien pour qu’ils puissent s’y intégrer rapidement dès leur arrivée, et que nous gardons les mesures que notre gouvernement a mises en place pour favoriser la création d’emplois.

Ève Péclet

Voilà deux questions totalement distinctes. Bon an mal an, plus des dizaines de milliers d’immigrants choisissent le Québec pour s’y établir. Ils participent pleinement à la vie économique et sociale de notre pays. 90% de ces derniers sont admis sur la base de qualifications professionnelles ou de regroupement de familles. – La lutte au terrorisme est une tout autre question. Elle concerne essentiellement des groupes armés actifs à l’extérieur du Canada. Le Canada doit appuyer les gouvernements démocratiques à lutter contre ces groupes armés radicaux illégitimes. Il faut s’assurer que de tels individus ne puissent être admis au Canada. À l’intérieur de nos frontières, il incombe au SCRS et à nos services de police de jouer un rôle essentiel en s’assurant que de telles activités n’aient pas lieu au Canada, et que si elles ont lieu, on arrête et condamne les responsables avant qu’ils ne passent à l’action. Ils ont par ailleurs déjà démontré leur efficacité ces dernières années. Il faut maintenant assurer un financement stable de leurs activités.

Marie-Chantale Simard

Toutes les communautés que nous accueillons doivent se sentir une partie intégrante du Canada, afin de dénoncer toutes activités possiblement liées à du terrorisme. Ceci est en contraste direct avec l’approche de division et de peur du gouvernement Harper.

Comment allez-vous favoriser une meilleure intégration des immigrants, notamment les réfugiés?

Mario Beaulieu

L’intégration passe par l’accès à l’emploi qui va de pair avec une meilleure intégration à notre culture et à notre langue commune. Le multiculturalisme ghettoïsant imposé par Ottawa divise et radicalise. Le Bloc est le seul parti favorable à un état laïque, à l’assermentation, au vote et aux services publics à visage découvert.

David Cox, Parti Vert

Les questions environnementales et les conflits vont conduire à une augmentation de la nécessité pour le Canada d’accepter des réfugiés. En fin de compte, notre approche serait de combiner la possibilité pour le décideur de déterminer l’admissibilité d’un demandeur en tant que réfugié et, si la demande a échoué, de déterminer également si des raisons humanitaires et de compassion justifient le séjour du demandeur au Canada.

Guy Morissette

Notre gouvernement conservateur est confiant que les réfugiés et les immigrants en général pourront bien s’intégrer à la société canadienne et à son marché du travail tant que nous respectons sa capacité d’accueil.

Ève Péclet

Nous connaissons tous des gens qui se sont installés ici au Québec. Les meilleurs outils d’intégration sont la langue et l’emploi. Il faut donc s’assurer que nos nouveaux concitoyens apprennent rapidement le français. L’emploi est de loin le principal vecteur de francisation et d’intégration. La reconnaissance des diplômes est certainement un des plus importants générateurs de frustration et un frein à la pleine intégration de nos immigrants. Nous nous privons d’expertises et de talents qui combleraient des besoins. Comme Jack Layton le disait : « Si vous avez besoin d’un médecin, aussi bien appeler un taxi. »

Marie-Chantale Simard

Pour ce qui est des réfugiés, M.Trudeau demande de mettre de côté la partisannerie pour répondre à cette crise humanitaire, comme le Canada, terre d’accueil, a fait par le passé.

Les autres thématiques de cette série:

Le transport

L’environnement

La santé

Le communautaire

Le bruit

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