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La pointe bleue de l’île

Élus
Mario Beaulieu
Photo: YouTube

Comme dans plusieurs grands centres urbains au pays, une vague rouge a déferlé sur l’île de Montréal suite aux élections fédérales du 19 octobre. Seulement La Pointe-de-l’Île est passée au bleu.

Après une longue campagne électorale de 78 jours, Mario Beaulieu devient le député de la Pointe-de-l’Île, récoltant 33,6 % des voix, selon les résultats d’Élections Canada. La lutte a été serrée toute la soirée avec la candidate libérale, Marie-Chantale Simard, qui a finalement cumulé 28,6 % des voix. La candidate sortante, la néodémocrate Ève Péclet, a terminé sa course non loin derrière, avec 26,7 %. Guy Morissette, candidat conservateur, a terminé quatrième avec seulement 8 % du vote.

« On ne s’attendait pas à ce que les libéraux nous talonnent à ce point. À un moment, nous étions pratiquement à égalité, mais nous l’avons remporté avec une majorité de 2795 voix. Ce fut une soirée palpitante! », a mentionné le nouveau député au Journal de Mercier-Est. « Je n’avais pas vraiment d’attentes. Évidemment, on se présente pour gagner, mais je suis là avant tout pour servir la population », a-t-il ajouté.

Pas un parti reconnu, mais plus de députés

Le Bloc Québécois n’a pas réussi à percer autant qu’il l’aurait souhaité le soir des élections. Même le chef du parti, Gilles Duceppe, n’a pas réussi à se faire élire dans Laurier-Sainte-Marie. Les électeurs de cette circonscription ont plutôt donné un second mandat à Hélène Laverdière, candidate NPD, qui avait déjà enlevé son siège à M. Duceppe en 2011.

Avec seulement 10 députés à l’issue des élections, le Bloc Québécois n’a pas assez d’élus pour être reconnu comme un parti à la Chambre des communes. Quel genre de répercussion cette situation peut-elle avoir sur le rôle de député de Mario Beaulieu dans la Pointe-de-l’Île?

« Nous aurions préféré être un parti reconnu, c’est certain, mais on peut au moins dire que nous sommes cinq fois plus de députés bloquistes à Ottawa qu’il y a trois jours. N’étant pas un parti reconnu, nous ne disposerons pas de budget de recherche et nous serons limités en temps de parole, mais cela ne nous empêchera pas de travailler sur les enjeux importants, comme le financement en santé et en éducation », répond Mario Beaulieu.

Pour ce qui est des dossiers plus locaux, le député de La Pointe-de-l’Île en a déjà une petite pile qui l’attend sur son bureau. « Je veux faire pression dans le dossier du CN et de la voie ferrée. J’irai consulter les intervenants et le maire de l’arrondissement en ce sens. J’espère aussi améliorer l’offre des transports en commun, voir à ce que le gouvernement réinvestisse dans le logement social et tenter de bonifier le supplément de revenus garanti pour les aînés. J’entends aussi consulter les citoyens le plus possible, car j’y crois beaucoup », souligne M. Beaulieu.

La suite des choses pour les candidats défaits

Après la « vague orange » de 2011, les analystes en politique ont plutôt parlé d’une « vague rouge » cette année, particulièrement dans les Maritimes où les 32 circonscriptions sont maintenant représentées par des candidats libéraux. À Montréal, dans La Pointe-de-l’Île, Marie-Chantale Simard n’a malheureusement pas pu en profiter. La candidate libérale retourne donc à son travail dans le domaine pharmaceutique et consacrera du temps à son agence de développement des affaires.

« Mon équipe et moi avons fait des miracles. Il n’y avait plus de militants libéraux ni d’association libérale active dans la circonscription depuis des années. Il y avait très peu de membres du parti, d’argent dans la caisse. Sans aucun support, nous sommes partis de zéro. Avec une équipe de six irréductibles, nous avons réussi à quadrupler le vote et à donner aux Libéraux de notre circonscription l’espoir de gagner et de changer les choses. Je suis excessivement fière de mon équipe et je leur suis reconnaissante. Je remercie tous les gens qui nous ont fait confiance et ont voté pour nous », a mentionné Marie-Chantale Simard au Journal de Mercier-Est.

« Les résultats sont là. Les électeurs voulaient un changement et ils voulaient un parti qui allait battre les conservateurs de Stephen Harper. Ce message était très clair. Nous avions une forte avance au départ, mais 35 % de la population demeurait indécise dans les sondages. Cela fait 148 ans que le gouvernement canadien alterne entre les libéraux et les conservateurs. Le NPD a démontré sa pertinence et je crois toujours que nous représentons l’alternative pour faire un vrai changement », a commenté la députée sortante Ève Péclet, au lendemain des élections. « Je suis fière du travail de mon équipe. Je suis impliquée auprès du NPD depuis que j’ai 18 ans et cela ne se termine sûrement pas aujourd’hui. J’espère bien pouvoir ramener ma voix un jour », a-t-elle ajouté, sur une note d’espoir.

Au moment de mettre l’article en ligne, le candidat conservateur n’avait pas rendu notre appel.

Les résultats d’Élections Canada 

Mario Beaulieu – Bloc Québécois – 18 535 voix – 33,6 % du vote

Marie-Chantale Simard – Parti libéral du Canada – 15 740 voix – 28,6 % du vote

Ève Péclet – Nouveau Parti démocratique – 14 698 voix – 26,7 % du vote

Guy Morissette – Parti conservateur du Canada – 4 398 voix – 8,0 % du vote

David J. Cox – Parti Vert – 1 124 voix – 2,0 % du vote

Ben 97 Benoit – Parti Rhinocéros – 360 voix – 0,7 % du vote

Jean-François Larose – Forces et Démocratie – Allier les forces de nos régions – 134 voix – 0,2 % du vote

Geneviève Royer – Parti Marxiste-Léniniste – 104 voix – 0,2 % du vote

Taux de participation dans La Pointe-de-l’île: 65,19 %*

Taux de participation à l’échelle du pays: 68,49 %* Il s’agit du plus haut taux de participation depuis 20 ans, selon Élections Canada.

* Ce chiffre ne tient pas compte de ceux qui se sont inscrits le jour de l’élection.

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