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Images et confusion numérique

Culture
Il y a effectivement de quoi hocher la tête ici. Il ne s'agit pas que d'images, mais aussi de sons, différents sons qui viennent créer une confusion sonore mêlée à l'image. Cette partie de l'exposition sert d'expérience pour Erick Beck. (photo: Marie-Eve Cloutier)
Il y a effectivement de quoi hocher la tête ici. Il ne s’agit pas que d’images, mais aussi de sons, différents sons qui viennent créer une confusion sonore mêlée à l’image. Cette partie de l’exposition sert d’expérience pour Erick Beck. (photo: Marie-Eve Cloutier)

Des polyptyques, des images prises à l’aide d’un téléphone intelligent, du bois, du bruit. Qu’est-ce qui peut bien unir les éléments présentés dans l’exposition « Interstices » d’Erik Beck?

« Les interstices sont les différents espaces qui ont occupé ma vie. Après une pause de 20 ans, je suis revenu il y a quelques années à la photographie. J’aime bien faire des retours en arrière. Ici, les interstices mettent la colle entre plusieurs séries d’œuvres », explique le photographe.

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Un extrait de Clarice Lispector qui vient ajouter une dimension supplémentaire au ciment qui vient unir les différents éléments de l’exposition d’Erik Beck. (photo: Marie-Eve Cloutier)

Un autre grand thème qui vient regrouper les images d’Erik Beck est assurément l’abstraction, que l’on retrouve notamment dans ses polyptyques.

« On voit dans les tableaux des textures, des bouts de paysages. On cherche à savoir d’où ça vient, on veut les contextualiser. C’est exactement l’effet que je souhaite induire chez les visiteurs », explique Erik Beck.

En ce sens, l’artiste souhaite donner beaucoup d’espace à l’interprétation de ses œuvres. « On justifie tout et explique tout en art aujourd’hui. J’aime bien au contraire donner des clés aux gens, mais les laisser faire leur propre bout de chemin pour donner du sens à ce qu’ils voient », ajoute-t-il.

Laboratoire grand format

Profitant de son passage à la Maison de la culture Mercier jusqu’au 18 décembre, Erik Beck a décidé d’inclure dans son exposition des images qui sont aussi racontées de façon sonore.

Présentée sous forme de palimpsestes, l’oreille attentive entendra une sorte de bruit qui provient de l’image imprimée sur un support fait de bois.

Des exemples de palimpsestes exposés dans la salle d'exposition de la Maison de la culture Mercier. (photo: Marie-Eve Cloutier)

Des exemples de palimpsestes exposés dans la salle d’exposition de la Maison de la culture Mercier. (photo: Marie-Eve Cloutier)

« J’ai décidé d’essayer des choses. Le palimpseste est une ancienne technique égyptienne où il était question d’utiliser à nouveau le même parchemin pour écrire dessus, par superposition d’images. Je l’ai fait ici avec une impression à jet d’encre sur du bois. De plus, j’ai ajouté du son à mes images en faisant lire du code binaire à Google Traduction, puis en ajoutant d’autres filtres, pour créer de la confusion. J’aime jouer avec cette confusion numérique », fait valoir Erik Beck.

Mouvement Art Mobile

Fait intéressant, une bonne partie des photos prises par Erik Beck l’ont été à l’aide de la caméra de son téléphone intelligent. Le photographe est d’ailleurs cofondateur du groupe Mouvement Art Mobile qui valorise l’utilisation de ce type d’appareil dans la création.

« Le téléphone intelligent fait partie des outils mis à notre disposition. Notre groupe pousse son intégration dans le processus créatif. Il peut être intéressant d’user de techniques anciennes pour créer, mais il faut aussi se servir des moyens mis en place aujourd’hui! », lance Erik Beck.

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