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Témoignage d’une mère envers la Maison des familles

Vie de quartier
Isabelle et son fils, Benjamin, 3 ans, dans la cour arrière de la Maison des Familles, située au 700, rue Georges Bizet. (photo: Maison des Familles)
Isabelle et son fils, Benjamin, 3 ans, dans la cour arrière de la Maison des Familles, située au 700, rue Georges Bizet. (photo: Maison des Familles)

Isabelle Viau, résidente de Mercier-Est, a retrouvé sa place dans sa vie de maman depuis que la Maison des familles de Mercier-Est est entrée dans la sienne.

Ces dernières années, Isabelle est passée à travers toute une gamme d’émotions. « J’ai beaucoup travaillé, car pendant sept ans, j’ai été la gérante de cinq clubs vidéos. Mon conjoint et moi, nous essayions aussi d’avoir un enfant. Après plusieurs tentatives, ça ne fonctionnait pas. Finalement, en 2011, je suis tombée enceinte. J’avais alors 40 ans », raconte Isabelle.

Le petit Benjamin est arrivé en 2012. Quelques mois plus tard, les clubs vidéos dans lesquels Isabelle travaillait ont été vendus. La mère d’Isabelle est également décédée. Suite à cet évènement malheureux, elle devait maintenant prendre soin de sa sœur handicapée. « Je devais à la fois m’occuper de mon fils, mais aussi de ma sœur comme si j’étais également sa mère. J’ai par la suite eu une petite déprime. Je me suis retrouvée isolée entre mes quatre murs et je me suis mise peu à peu à perdre confiance en moi », explique Isabelle.

De plus, Isabelle commençait à suspecter qu’un petit quelque chose n’allait pas chez Benjamin. « À l’âge de 2 ans, j’ai constaté qu’il ne parlait pas, ou très peu encore », fait-elle remarquer.

Un premier pas en avant

À l’été 2014, la Maison des familles entamait une première série d’activités dans le parc Germaine-Pépin afin de permettre aux résidants du secteur de mieux se connaitre tout en s’appropriant l’endroit.

Résidant sur la rue A. A. Desroches, Isabelle avait bien vu la pancarte qui annonçait une fête à venir dans le parc, organisée conjointement avec TANDEM Mercier–Hochelaga-Maisonneuve. Cette même journée, Juliette Grosse, travailleuse de milieu à la Maison des familles, marchait dans les rues avoisinantes pour inciter les gens à participer à cette fête.

« J’étais sur mon balcon. J’entendais une personne parler haut et fort de l’évènement. C’était Juliette, mais je ne la connaissais pas encore. Elle m’a alors fixée du regard en me disant “Vous allez venir tantôt, n’est-ce pas?” J’étais hésitante. Je pense qu’à ce moment-là, Juliette avait remarqué mon épuisement. J’avais peur pour mon fils, car je n’étais encore jamais allée au parc avec lui! », se souvient Isabelle.

Isabelle est finalement allée à la fête avec Benjamin. S’en est suivi une première participation à la journée porte ouverte de la Maison des familles. « Encore là, je ne saurais dire pourquoi, mais même si j’y allais, j’y allais à contrecœur. On m’a alors expliqué que l’organisme était là en tant que ressources pour les familles du quartier. J’ai participé à une première activité parents-enfants. Je nous sentais comme des extraterrestres mon fils et moi! » confie Isabelle.

Journée porte ouverte de la Maison des Familles en septembre 2014. (photo: Marie-Eve Cloutier)

Journée porte ouverte de la Maison des Familles en septembre 2014. (photo: Marie-Eve Cloutier)

Coup de poing

Après cette première ouverture vers l’extérieur suivant deux ans et demi de cloisonnement, Isabelle reçoit une mauvaise nouvelle.

« J’étais allée à l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont avec Benjamin pour un rhume. Les médecins ont alors soulevé la possibilité que Benjamin soit autiste. Ça m’a donné un sérieux coup de poing », dit Isabelle.

Ne pouvant pas ignorer les besoins de son fils, Isabelle continue à fréquenter la Maison des familles et progressivement, participe à de plus en plus d’activités. Petit à petit, cela aura un effet très positif sur Benjamin.

« Finalement, nous avons découvert que Benjamin n’est pas autiste du tout! En fait, il souffre plutôt de dyspraxie orale et motrice. L’équipe de la Maison des familles a tout de suite pu me donner plus d’information concernant la condition de Benjamin, en plus de me donner des outils. Mais surtout, ils ont su comment m’accompagner, m’écouter et me donner du soutien psychologique dans ce processus », mentionne Isabelle.

Amour et reconnaissance 

Isabelle avait l’impression d’avoir perdu toutes ses ressources suite au décès de sa mère : « La Maison des familles n’existait pas quand j’étais enfant. Mais même aujourd’hui, ce n’est pas tout le monde qui connait l’organisme. J’ai réalisé que beaucoup de parents ont vécu une situation similaire à la mienne. Il est important de dire que la Maison des familles est aussi un endroit où l’on peut se rencontrer et parler entre nous ».

Le seul regret d’Isabelle est de ne pas avoir connu la Maison des familles plus tôt. C’est pour cette raison qu’elle souhaite témoigner de tout son amour et de toute sa reconnaissance envers l’organisme. Elle a même eux l’idée d’envoyer une lettre à l’intention des députés locaux pour les sensibiliser à la mission de la Maison des familles, dont voici un petit extrait :

« Je m’appelle Benjamin, j’ai 3 ans.

J’ai deux maisons. La première, j’y vis avec mon papa et ma maman. La deuxième maison s’appelle la Maison des familles (Mdf).

Les gens de cette maison travaillent très fort pour aider ma famille. Depuis que je viens ici, je communique davantage et j’apprends beaucoup de choses, surtout à gérer mes émotions. Et maintenant, j’ai des amis!

À ma première maison, c’est mon papa qui subvient à mes besoins. Mais qui subvient à ceux de la Mdf? »

« La Maison des familles vit de subventions, c’est important de le souligner à nos politiciens. Je souhaite qu’elle puisse subvenir aux besoins des familles du quartier encore très longtemps. C’est grâce à eux que j’ai pu m’en sortir », laisse entendre Isabelle.

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