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Club de lecture: souvenirs

Culture
paul dans le nord

Voici les suggestions de notre Club de lecture cette semaine!

N’hésitez pas à nous faire part de vos suggestions sur notre page Facebook, car nous publions ce Club toutes les trois semaines!

Biographie

jimi hendrixSuggestion de Catherine Belleau, bibliothécaire à la bibliothèque Mercier :

Jimi Hendrix : l’homme, la magie, la vérité, de Sharon Lawrence, Flammarion, 2005, 357 p.

Disponible dans la section des documentaires à la cote : 927.89612 H

Né le 27 novembre 1942 à Seattle aux États-Unis, Jimi Hendrix, cette légende du rock, est considéré comme l’un des meilleurs guitaristes de tous les temps. Il est décédé à Londres en 1970 à l’âge de 27 ans. Cette très courte vie fut loin d’être facile. J’ai voulu en savoir plus sur l’homme qu’il était et ce livre a très bien répondu à mes attentes.

L’auteure, Sharon Lawrence, était journaliste et a suivi Hendrix dès ses débuts dans le domaine musical. Elle est devenue une amie et sa confidente. Cette biographie à caractère intime aborde sa jeunesse difficile, le développement de sa carrière fulgurante et le combat de ses héritiers pour obtenir les droits de ses œuvres après sa mort. Le livre est basé sur les entretiens qu’a eus Hendrix avec Lawrence lors des trois dernières années de sa vie.

On découvre un artiste de génie, intègre, sensible, mais aussi très bien au courant de tous les requins lui tournant autour. Sa toxicomanie est abordée sans toutefois dénigrer l’homme qu’il était vraiment. Si vous vous intéressez à ce personnage, je vous conseille ce volume. Une belle lecture pleine d’anecdotes concernant le monde musical de cette période.

Roman

charlotteSuggestion de Stéphane Desjardins, éditeur

Charlotte, de David Foekinos, Gallimard, 2014

C’est un rendez-vous de lecture à la fois très émouvant et original auquel je vous convie, avec ce récit d’un auteur qui a déjà avoué être obsédé par cette histoire, à la limite de la maladie mentale! Foekinos a beaucoup voyagé, fouillé et rencontré des tas de gens pour écrire sur la vie Charlotte Salomon, artiste, peintre et architecte, juive, morte à vingt-six ans, enceinte, dans le camp de concentration d’Auschwitz.

Charlotte Salomon est une artiste de talent. Elle vit à Berlin avec sa famille, mais l’arrivée au pouvoir de Hitler et des nazis se transforme progressivement en enfer pour les juifs d’Allemagne. La jeune peintre n’échappe pas au sort de ses milliers de compatriotes, qui voient leur existence rétrécir alors qu’ils sont progressivement exclus de la société, jusqu’à la Solution finale appliquée systématiquement par les nazis durant la Deuxième Guerre mondiale. Dans ce contexte, Charlotte Salomon s’enfuit en France où elle se croit en sécurité. Elle vit une passion amoureuse libératice, qui se traduit par une explosion de créativité. Mais elle se sait en danger et confie toute son œuvre à son médecin en lui disant : « C’est toute ma vie. » Elle sera finalement dénoncée, emprisonnée et envoyée à Auschwitz, où elle mourra en 1943. C’est le récit de sa vie que livre Foekinos dans un texte émouvant, écrit sous une forme originale, qui lui vaudra le prix Renaudot de l’an dernier. Il se lit d’un trait et saura vous émouvoir jusqu’aux larmes.

Littérature jeunesse

devant-ma-maisonSuggestion de Ganaëlle Roberge, intervenante en éveil à la lecture et au langage de la Maison des Familles de Mercier-Est

Devant ma maison par Marianne Dubuc aux éditions La courte échelle, 2010.

Voilà un incontournable québécois! Ce magnifique cartonné de l’auteure et illustratrice Marianne Dubuc a remporté de nombreux prix et a été publié à plus de 42 000 exemplaires. Les illustrations réalisées au crayon de bois sont réjouissantes et réussissent à transporter le lecteur dans des ambiances, tantôt réalistes, tantôt imaginaires, au fil des lieux et des rencontres avec les nombreux personnages. Comme une randonnée en boucle, Devant ma maison, nous invite à un voyage qui commence depuis la maison jusqu’aux confins de l’univers des contes, où nous croisons fantôme, orang-outang, méchant loup, pirate… pour finalement revenir tranquillement à la maison. Mine de rien, le vocabulaire abonde en concepts spatiaux (par exemple, « devant », « derrière », « sous », « sur », « à côté », etc.) et initie l’enfant à ces notions essentielles au langage. Du ravissement, des rires et de l’imaginaire à profusion! Cliquez ici pour voir un extrait animé dudit livre pour vous donner le goût d’y plonger tête première. 

Bande dessinée

paul dans le nordSuggestion de Stéphane Desjardins, éditeur

Paul dans le Nord, de Michel Rabagliati, La Pastèque, 2015

Nostalgie, quand tu nous tiens. Dès la première page, le sourire s’est installé dans mon visage. Et il n’a pas décroché, jusqu’à la dernière case du dernier tome de la série Paul. Michel Rabagliati joue à fond la caisse la recette qui a fait le succès de cette série désormais culte : pas d’esbroufe, pas de grandiloquence, pas de message moralisateur, pas de violence. Que des détails qui ont tous leur importance : les décors, les objets, les attitudes, le langage, la musique, TOUT est réussi dans cette reconstitution des années 1970, celles de l’adolescence de son personnage, inspiré de ses propres souvenirs et ceux de sa famille.

Par un concours de circonstances, mon père avait un chalet à Saint-Sauveur qu’il a bricolé tout seul. Comme Rabagliati, j’ai été graphiste dans une autre vie et connais la Compurwriter 88 avec ses systèmes optiques qui permettaient quatre styles différents. On était loin, très loin du MacIntosh. Même si je n’ai pas fait le passage obligé du bar de danseuses à la fin de l’adolescence, impossible de ne pas s’esclaffer quand le d.j. présente Sandraaaaa. Ou devant la réaction des membres du cinéclub de la polyvalente, devant une scène clé du film Carrie, de Brian De Palma.

Les affiches des commerces et des usines de l’époque, les chansons chantées par Paul et ses amis (le gros cornet de la crèmerie Casavant, à Saint-Jérôme : une icône de tout voyage dans le Nord!), Nadia Comaneci et Greg Joy aux J.O., le groupe Lougarou (qui deviendra Garolou). Je pourrais continuer des heures au sujet de cette BD qui a autant d’impact sur notre psyché collective qu’une série comme Mad Men. Les jeunes découvriront l’ambiance d’une époque d’avant les référendums, le sida, Internet, l’État islamique et le réchauffement climatique. Les plus vieux riront de ces termes tout droit inventés dans les années de la modernité, comme « adolescence » et « pouceux ». Mais, moi aussi, je me fais vieux et j’idéalise les années 1970, celles de mon adolescence, brillamment illustrées par un bédéiste au sommet de son art.

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