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Bien s’alimenter lorsqu’on fait face à des problèmes de santé mentale

Santé
La nutritionniste Jeanne Bédard lors de la conférence « Aliments sains, aliments plaisir » dans les locaux du Sésame, le 27 janvier. (photo: Marie-Eve Cloutier)
La nutritionniste Jeanne Bédard lors de la conférence « Aliments sains, aliments plaisir » dans les locaux du Sésame, le 27 janvier. (photo: Marie-Eve Cloutier)

Bien s’alimenter au quotidien peut être un défi pour un grand nombre de personnes. Cela l’est encore plus pour les gens vivant avec un trouble de santé mentale.

Les aliments transformés, les gras trans, trop de sucre, trop de sel, le manque de temps pour cuisiner et le manque de temps pour s’entrainer sont tous sur la liste de facteurs pouvant expliquer qu’au Canada, environ deux personnes sur trois souffrent d’embonpoint ou d’obésité.

« Si l’on observe de plus près la population souffrant d’un trouble de santé mentale, c’est une personne sur deux a des problèmes d’embonpoint ou d’obésité », précise Marie-Chantal Bienvenu, nutritionniste à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal, qui était accompagnée de sa collègue, Jeanne Bédard, lors d’une conférence sur la nutrition et la santé mentale présentée par l’organisme Cuisinons ensemble dans les locaux du Sésame, hier.

Les causes et les risques

La dépression, l’anxiété ou encore la perception d’hallucinations peuvent avoir un impact direct sur notre apport alimentaire.

« Certains médicaments, notamment certains antipsychotiques, peuvent avoir une influence sur le gain pondéral d’une personne souffrant d’une maladie mentale. Et lorsque l’on prend de 10 lb à 50 lb à cause de la prise de médicaments, notre estime de soi en prend un coup », mentionne Marie-Chantal Bienvenu.

De plus, les personnes souffrant de maladie mentale ont tendance à faire moins d’activité physique que la population en générale, qui ne bouge déjà souvent pas assez au quotidien. Et une chose est sûre : chez les uns comme chez les autres, les dangers reliés à l’embonpoint ou à l’obésité, par exemple l’augmentation du risque de maladies cardiovasculaires, sont bien réels.

Pour en finir avec les régimes

Qu’on se le tienne pour dit : 95 % des régimes alimentaires ne fonctionnement pas à long terme, dit Jeanne Bédard.

« Si l’on prive notre corps d’un apport nutritionnel important, il est évident que nous allons perdre du poids. Mais, dès que nous recommençons à manger normalement, notre système, qui a été privé de calories pendant des semaines, aura tendance à faire des réserves pour se protéger de la privatisation », explique la nutritionniste.

Comment faire alors pour arriver à perdre les kilos en trop? « Il faut faire des petits changements à la fois dans notre mode de vie. Pour ce qui est de la perte de poids, notre objectif ne devrait pas dépasser une perte de plus de 2 lb par semaine », conseille Jeanne Bédard.

Changer notre perspective

Pour arriver à faire ces petits changements dans notre vie, il faut d’abord identifier les obstacles sur notre chemin.

« Ne pas aimer cuisiner, ne pas aimer les légumes ou croire que s’alimenter santé, coûte trop cher, sont tous des obstacles au changement. Il faut changer notre façon de voir les choses. Par exemple, apprendre à cuisiner en participant à des ateliers de cuisine, découvrir de nouveaux légumes ou magasiner bon marché, comme en venant au Sésame pour s’approvisionner en fruits et en légumes frais », fait valoir Jeanne Bédard.

Finalement, parler de « bons » ou de « mauvais » aliments devrait être éliminé de notre vocabulaire afin de moins culpabiliser. « Il est préférable de parler d’aliments “habituels”, “occasionnels” et “exceptionnels” », conseille la nutritionniste.

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