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Des carrières « oubliées » dans le sous-sol de Mercier-Est

Environnement
Mercier-Est comporte trois sites potentiellement problématiques. (Carte de Radio-Canada réalisée à partir de Google Earth)
Mercier-Est comporte trois sites potentiellement problématiques. (Carte de Radio-Canada réalisée à partir de Google Earth)

Mercier-Est compte trois sites pouvant comporter d’anciennes carrières « oubliées ».

En novembre, Radio-Canada dévoilait l’existence d’anciennes carrières et dépotoirs sur son territoire. Le reportage, qui a fait grand bruit, dévoilait que la Ville connaissait leur existence depuis près d’un quart de siècle sans en avertir la population. Certains parcs ou même des propriétés privées sont aménagés sur ces anciens lieux d’enfouissement. Les sites ne sont pas clairement indiqués au rapport que Radio-Canada avait obtenu de la Ville.

La carte, préparée et diffusée par Radio-Canada, montre que Mercier-Est compte trois sites problématiques. Le plus grand est situé sous le parc Liébert, au sud de la rue Sainte-Claire. Il englobe aussi un quadrilatère formé des rues Honoré-Beaugrand, Liébert, Pierre-de-Coubertin et Hochelaga. On y retrouve une majorité de résidences, mais aussi des immeubles commerciaux sur Hochelaga, dont le supermarché IGA, Productions Jeun’Est (où se situe le cinéma Station Vu) et la Maison de la culture Mercier.

Un autre site concerne l’ancienne carrière de la rue French, soit un quadrilatère formé des rues French, Pierre-Tétreault, Sherbrooke et de Teck. Il compte plusieurs commerces sur les rues Sherbrooke et des Ormeaux et une majorité de résidences.

Enfin, le dernier site est celui de la carrière Anjou, techniquement situé dans cet arrondissement. On y trouve le parc Félix-Leclerc et des résidences, entre les rues Chénier, du Rhône, Brissac et de Boucherville.

Mercier-Est ne semble pas abriter d’anciens dépotoirs ou sites lourdement contaminés.

Signalons que dans Mercier-Ouest, juste à l’ouest de l’autoroute 25, un immense territoire sur lequel on compte l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (l’ancien Louis-H. Lafontaine), de nombreux immeubles résidentiels, industriels et commerciaux (dont le supermarché Provigo-Loblaws et l’auberge Royal Versailles) abritent l’ancienne carrière de Canada Cement, dont a déjà parlé notre historien, Robert Carrière. Ce bas terrain serait potentiellement contaminé.

« Nous allons publier une carte détaillée de l’ensemble de ces anciens sites dans les prochains jours, comme nous l’avons promis il y a plusieurs semaines, nous a expliqué Réal Ménard, maire de l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve et responsable de l’environnement au Comité exécutif de la Ville de Montréal. Ces cartes sont réalisées par nos services et seront géoréférencées. C’est avant tout par transparence que nous entendons publier ces cartes. »

Un attaché nous a par la suite précisé que l’administration actuelle n’a jamais voulu camoufler cet épineux dossier à la population. « Ce rapport a été produit il y a 25 ans et il a été tabletté, dit-il. Cinq administrations se sont succédé depuis et personne n’a agi. Nous avons en quelque sorte hérité de ce dossier pratiquement oublié. »

Plusieurs experts ont affirmé dans les médias que la Ville s’exposait à des poursuites potentielles de la part de propriétaires d’immeubles qui se retrouvent avec un actif érigé sur d’anciens sites posant des problèmes de contamination ou de stabilité des sols. M. Ménard a réaffirmé que la Ville s’engageait à publier les fameuses cartes, sans plus.

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