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Du Viêt Nam à la France, jusqu’à Mercier-Est (deuxième partie)

Vie de quartier
Un des fils de M. Tran a travaillé à la construction du stade olympique dans les années 1970. (photo: © Adwo / Dollar Photo Club)
Un des fils de M. Tran a travaillé à la construction du stade olympique dans les années 1970. (photo: © Adwo / Dollar Photo Club)

Nous sommes en 1965. Nghi Tran Quang vient de rejoindre sa femme et son plus jeune fils à Paris, après avoir fui le Viêt Nam en pleine guerre.

Hiep Tran Quang, promotion 1969, Californie, États-Unis. Plus tard la même année, Hiep va rejoindre son frère au Québec. (photo: Courtosie)

Hiep Tran Quang, promotion 1969, Californie, États-Unis. Plus tard la même année, Hiep va rejoindre son frère au Québec. (photo: Courtosie)

Après quelques années dans la ville Lumière, Hiep Tran Quang décide d’aller voir du pays et s’envole pour les États-Unis. En 1969, il débarque au Québec pour aller rejoindre son frère cadet devenu professeur… au Cégep de Sainte-Hyacinthe!

« Nous sommes tous arrivés à relai au Canada. Après l’École Polytechnique, mon frère s’est trouvé un emploi comme professeur à Sainte-Hyacinthe. Je ne connaissais personne au Québec à part lui, donc je suis allé le rejoindre là-bas. Nous étions les deux seuls vietnamiens de l’endroit! », se souvient Hiep Tran Quang.

Les deux fils Tran ont ainsi pu accueillir leurs parents par parrainage en 1974. C’est à Longueuil en 1975 que toute la famille Tran s’est retrouvée réunie, après de nombreuses années à vivre séparément dans différents pays. En effet, l’aîné de la famille a aussi immigré au Canada durant cette période. Formé en tant qu’ingénieur, il finira par travailler sur la construction du mât du stade olympique, en préparation pour les jeux de 1976.

Souvenir de jeunesse

Même s’il était heureux de retrouver ses trois fils au Québec, M. Tran pensait rester au Canada seulement un an pour ensuite retourner vivre au Viêt Nam. Plus de 40 ans plus tard, il est toujours ici.

« Mon père se remémorait son pays d’enfance. Mais, les choses ont bien changé depuis. De plus, ça aurait été bien trop difficile de refaire sa vie là-bas. De plus, ma mère ne voulait pas repartir », mentionne Hiep Tran Quang.

M. Tran aurait bien aimé continuer à travailler — il réparait des télévisions et des radios en France — mais à un an de la retraite, l’homme avait quand même assez de moyens pour vivre ses vieux jours. Les Tran pouvaient aussi compter sur la présence de leurs trois garçons qui finirent tous par marier des Québécoises.

Arrivée dans Mercier-Est

Mai Tran accompagnée de son grand-père, Nghi Tran Quang, et son père, Hiep Tran Quang, au CHSLD en janvier 2015. (photo: Courtoisie)

Mai Tran accompagnée de son grand-père, Nghi Tran Quang, et son père, Hiep Tran Quang, au CHSLD en janvier 2015. (photo: Courtoisie)

Les Trans se sont installés dans le quartier au début des années 1980.

Jusqu’à l’âge de 90 ans, M. Tran prenait les transports en commun pour aller faire ses courses au Marché Jean-Talon. « Je me souviens de l’avoir déjà aidé à transporter ses sacs. J’avais du mal à les porter tellement c’était lourd, mais lui, il y arrivait sans problème! », relate Mai Tran Quang, agente de mobilisation chez Solidarité Mercier-Est et petite-fille de M. Tran.

Même si la nouvelle génération des Tran a adopté des traditions québécoises, leur cuisine est demeurée traditionnellement vietnamienne. Et le mois prochain, à l’âge de 104 ans, M. Tran aura le privilège de devenir arrière-grand-père pour la première fois.

« Après tout son vécu, je pense qu’il était dû pour ça! », lance Mai Tran, qui de son côté deviendra tante.

 

 

 

 

Souvenir des premières années dans le quartier… 

À lire également: Du Viêt Nam à la France, jusqu’à Mercier-Est (première partie)

À suivre également: 

Le siècle de M. Tran – tous les volets de la série :

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