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Quel avenir pour le développement des communautés?

Éditoriaux, Vie de quartier
Montréal vue de l'espace
Où sont les enjeux locaux dans la centralisation actuelle? La région de Montréal vue de la station spatiale internationale, à 600 kilomètres au sud. De Saint-Jérôme à Saint-Jean-sur-le-Richelieu. De Sorel à Salaberry-de-Valleyfield. (Photo: NASA)

Dans les derniers mois, plusieurs acteurs locaux de développement ont été centralisés vers Montréal ou la grande capitale.

Nous pensons notamment à la création de PME Montréal, qui agira comme lieu de convergence pour le développement de l’entrepreneuriat avec un territoire significativement plus vaste, sans ancrage territorial et avec des ressources minimales.

Nous pensons aussi à la réorganisation du réseau de la santé. Dans Mercier-Est, nous travaillons désormais avec le CIUSSS de l’Est-de-l’île-de-Montréal. Territoire élargi sans logique de quartier naturel, il faut se réapproprier cette nouvelle structure encore obscure pour le milieu. Le programme national de santé publique 2015-2025 est d’ailleurs beaucoup plus flou sur la place du développement des communautés comme stratégie d’action pour l’amélioration des conditions de vie.

En décembre dernier, le gouvernement déposait le projet de loi 86 qui abolissait la démocratie scolaire. Cette grande institution, vieille de 170 ans, qu’est la commission scolaire de Montréal se verra, si le projet de loi est adopté tel quel, déracinée de son territoire, de ses quartiers, de ses réalités locales.

La semaine dernière, Denis Lessard, dans la Presse, nous apprenait que le maire Coderre « presse Québec de retirer des pouvoirs aux arrondissements ». Dans cet article, on lit que ce dernier souhaite « retirer aux arrondissements le pouvoir de créer des services et d’en nommer les directeurs ». Les mêmes services d’est en ouest et de nord en sud, nous en sommes. Mais qui sont les meilleures personnes pour juger des besoins d’une communauté? Se pourrait-il que les arrondissements de l’ouest aient des besoins différents que ceux de l’est, ne serait-ce que parce que leurs réalités sont fondamentalement différentes?

Cette centralisation, cette dévitalisation, ce déni des réalités locales, avons-nous pensé aux impacts dans les communautés?

Pourtant, il est reconnu qu’une prise en charge locale par la coconstruction d’objectifs répondant aux défis reconnus est la piste à privilégier pour une résolution durable et positive aux problèmes vécus localement. Comme Table de quartier, nos partenaires sont d’abord locaux. Leur richesse est leur connaissance fine de Mercier-Est, leur valeur ajoutée; leur volonté vive de voir évoluer leur quartier et la clientèle qu’ils desservent.

Ces grandes institutions, se sentiront-elles encore imputables localement? Certes, l’imputabilité est envers nos décideurs, souvent nos bailleurs de fonds. Mais, les communautés, elles? Les familles, les aînés, les enfants, les jeunes. Qui leur rendra des comptes? Les élus aux 4 ans? Il faut plus pour réellement développer un quartier, une communauté. 

Comment cette centralisation, ces réorganisations feront avancer les enjeux locaux? Comment les citoyens s’y retrouveront? Quelle place auront-ils?

*La Commission scolaire de Montréal propose une vulgarisation du projet de loi 86. Ce document a été conçu pour les organismes communautaires de Montréal. Le voici.

Les opinions émises dans les blogues sont celles de leurs auteurs et non celles de Pamplemousse.ca.
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