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Club de lecture: bêtise humaine

Culture
idées noires 2

Voici les suggestions du Club de lecture cette semaine!

Littérature jeunesse

deux manchotsSuggestion de Ganaëlle Roberge, intervenante en éveil à la lecture et au langage de la Maison des Familles de Mercier-Est

Deux manchots sur un glaçon, par Jean Leroy & Sylvain Diez, éditions Kaléidoscope, 2015.

Deux manchots se dorent au soleil, confortablement allongés sur des chaises longues installées sur un morceau de glace flottante. Quand soudain… CRAC! Les collisions s’enchaînent tour à tour avec un paquebot, un sous-marin et puis un épaulard. Leur morceau de glace rapetisse jusqu’à n’être qu’un tout petit cube. D’un bond, les deux manchots sautent alors sur la banquise espérant en vain retrouver plus de place et de tranquillité.

Les dessins de Sylvain Diez sont simples, efficaces et drôles. J’aime particulièrement l’expression des yeux des manchots qui expriment tantôt leur surprise, tantôt leur mécontentement chaque fois que leur glaçon est frappé. Le texte et les illustrations se complètent l’un l’autre de façon à faire ressortir tout l’humour ironique de l’histoire. Un album charmant!

Roman

ciel de bay citySuggestion de lecture de Catherine Belleau, bibliothécaire à la bibliothèque Mercier de la Ville de Montréal :

Le ciel de Bay City, de Catherine Mavrikakis. Montréal : Héliotrope, 2008, 291 p.

L’écrivaine est lauréate québécoise du Prix des libraires du Québec 2009 pour ce roman.

Le prix honore les auteurs pour l’originalité de l’œuvre et la qualité de son écriture. Pour cette même œuvre, elle a remporté en 2008 le Grand Prix du livre de Montréal et en 2009 le Prix littéraire des collégiens. Après tant d’éloges, j’ai décidé de le lire.

Amy Duchesnay, la narratrice, est née dans le Michigan en 1961. Née d’un mère qui la rejette. Sa mère Denise et sa tante Babette ont émigré aux États-Unis dans les années 50.

Toute leur famille a été exterminée dans les camps de concentration nazis. Même si ce sujet est tabou dans le ciel mauve de Bay City, cela n’empêche pas les fantômes des horreurs de la deuxième guerre mondiale d’être présents du début à la fin. En particulier, les grands-parents d’Amy. Cette jeune américaine qu’est Amy essaie de vivre une adolescence « normale » à Bay City. Elle vit quelques bons moments mais est habitée d’un mal de vivre insupportable. Et, c’est le qualificatif approprié pour décrire plusieurs parties de ce roman.

J’ai dû interrompre ma lecture à quelques occasions.

Bref, j’ai trouvé le personnage principal original et très intense. Catherine Mavrikakis possède une écriture magnifique et très poétique mais que l’horreur du sujet rend très pénible à lire. Un roman qui porte à réflexion et vaut le détour.

Bande dessinée

idées noiresSuggestion de Stéphane Desjardins, éditeur

Idées noires, André Franquin, Fluide Glacial, 2 tomes, fin des années 1970.

Je vous présente un classique méconnu d’un des plus grands maîtres de la bande dessinée: André Franquin (1924-1997). Le génial dessinateur et scénariste derrière Spirou et Fantasio, de Gaston Lagaffe et du Marsupilami n’a pas que fait de la bande dessinées humoristique ou pour enfants. Fait moins connu, il a succombé à une profonde dépression dans les années 1960.

Ses «Idées noires» sont-elles inspirées de cette période difficile de sa vie? Un fait demeure, en 1977, cette série, publiée initialement dans le magazine Le trombone illustré, un supplément du journal Spirou, tranche radicalement avec le graphisme habituel de l’école franco-belge de la bande dessinée. Dans un dessin magistral en noir et blanc, très détaillé et nourri d’à-plats noirs massifs, il s’attaque à des thèmes qu’on ne lui connaît pas. Il critique férocement la société de l’époque, les hypocrisies, les militaires, les chasseurs, la pollution, les religions, la peine de mort, la bêtise humaine dans son ensemble. Franquin pratique un cynisme qui fait rire jaune. Un gag fameux: celui des deux derniers représentants de l’espèce humaine qui, après un ultime cataclysme provoqué par l’Homme, tente de se faire un feu en cognant par mégarde des grenades qui ressemblent à des pierres…

Le monde dépeint dans cette bande dessinée pour adultes est un vrai cauchemar. La plupart du temps, les personnages meurent ou sont dans une situation épouvantable. La critique sociale est cinglante. Et pourtant, on rit.

Cuisine

Cuisiner_sans_gaspillerSuggestion de Marie-Eve Cloutier, journaliste

L’Art de cuisiner sans gaspiller ni se ruiner, de Florence-Léa Siry, éditions Caractères, 2015.

Il peut paraître inusité de suggérer un livre de cuisine au Club de lecture, mais « L’Art de cuisiner sans gaspiller ni se ruiner » n’est pas un livre de recettes comme les autres. Il s’agit plutôt d’un livre de canevas de recette qui nous apprend les bases de la cuisine, donc à utiliser notre imagination en fonction des aliments présents dans notre garde-manger!

Avant d’entrer dans le sujet principal du livre, soit les suggestions de recettes, Florence-Léa Siry nous présente sa vision des choses au sujet de l’art de cuisiner sans gaspiller ni se ruiner en nous racontant son histoire. Avant d’être auteur, Florence-Léa Siry est d’abord une femme d’affaires à la tête de son entreprise, le Chic Frigo Sans Fric, un service de cantine et traiteur. En matière de restauration, il n’est pas toujours évident d’éviter les pertes alimentaires et le gaspillage. Grâce à des valeurs environnementales bien enracinées en elle, Florence-Léa Siry a décidé de changer cette facette de son métier. C’est ainsi qu’elle a élaboré ses « 10 commandements », par exemple ne pas hésiter à utiliser les aliments devenus « moches » de notre frigo et s’adonner à la cuisine des « touski », et qu’elle nous rappelle quelques principes d’économie familiale bien utiles.

De plus, avec le prix des aliments à la hausse, il peut être intéressant de tirer le maximum des aliments que l’on achète. C’est ainsi les queues de fraises peuvent servir à concocter un sirop simple, ou encore que les pelures de pommes peuvent se transformer en tartelettes.

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