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Club de lecture : inverser les rôles

Culture
yoko tsuno

Voici les suggestions du Club de lecture cette semaine!

Roman

Suggestion de Catherine Belleau, bibliothécaire à la bibliothèque Mercier de la Ville de Montréal

Dracula A

Dracula BL’historienne et Drakula, de Elizabeth Kostova, Paris : XO, 2006, 2 v.

Excellent roman d’une écrivaine américaine née en 1964 de parents universitaires qui ont voyagé avec elle dans toute l’Europe. À la fois historique et occulte ce récit en est aussi un d’aventures. L’historienne et Drakula regroupe les récits du professeur Bartholomew Rossi dans les années 30, celui de son successeur, à la fin des années 50, et de l’historienne, encore jeune fille en 1972.

À Amsterdam, une jeune fille explore la bibliothèque de son père et tombe par hasard sur un vieux livre relié de cuir d’où dépassent des feuillets jaunis. Toutes les pages de l’ouvrage sont vierges, à l’exception d’une affreuse gravure de dragon dont les ailes déployées semblent protéger une étrange inscription : DRAKULA. Elle ouvrira les feuillets et découvrira les secrets de jeunesse de son père. Suite à cette découverte, la jeune fille part sur les traces de ses parents et, de ce fait, nous plonge dans un récit mystérieux et haletant où la légende du vampire des Carpates est bien explorée. Nous voyageons beaucoup, à travers la vieille Europe, dans cette œuvre très bien construite. La part de suspense est très importante et le vampire devient un danger imminent et bel et bien réel.

D’Amsterdam à Istanbul, de la Roumanie à la Hongrie, etc., l’auteure inclut de nombreux détails historiques sur l’époque byzantine ottomane. Une œuvre en 2 volumes qui ne verse pas dans l’horreur immédiat, mais nous y entraîne subtilement. J’ai dégusté avec grand plaisir « L’historienne et Drakula ». Pour tous les amateurs du genre, c’est à conseiller.

Littérature jeunesse

Suggestion de Ganaëlle Roberge, intervenante en éveil à la lecture et au langage de la Maison des Familles de Mercier-Est

Manger_Un_LoupManger un loup, par Ramadier & Bourgeau, éditions L’école des loisirs, 2014.

Un cochon se plaint, avec raison, que dans les histoires c’est toujours le loup qui mange le cochon. Il choisit alors d’inverser les rôles : c’est lui qui va manger le loup! Il s’élance vers la cuisine, prépare une grande marmite remplie d’eau qu’il fait bouillir et il ajoute des ingrédients au fil des pages. Malheureusement, il n’a pas de loup. En attendant, il va voir ce qu’il y a dans le garde-manger et découvre… un loup!

Lorsque je tourne la page où se trouve le loup caché dans le garde-manger, les enfants sursautent souvent en riant. Il n’est pas rare qu’un enfant souhaite qu’on relise l’album à plusieurs reprises. De connaître ainsi le dénouement de l’histoire permet à l’enfant d’apprivoiser sa peur en jouant avec elle. Après ma lecture, les enfants aiment bien aussi me raconter l’histoire dans leurs propres mots et à leur façon. Un album tout carton à lire et à relire! Le livre est disponible à la Bibliothèque Mercier dans la section « Jeunes – Albums carton » sous la cote RAM.

Bande dessinée

secret de khanySuggestion de Stéphane Desjardins, éditeur

Yoko Tsuno, Le secret de Khany, Roger Leloup, Dupuis, 2015

La sortie récente du 27e album de la série Yoko Tsuno, du vétéran Roger Leloup (82 ans), me permet de renouer avec une lecture de jeunesse. Car la série Yoko Tsuno est désormais un classique. Elle met en scène l’électronicienne japonaise et ses deux amis, Pol Pitron et Vic Vidéo, le Trio de l’étrange, dans des aventures alternant entre des récits se déroulant sur Terre et d’autres, autour de la planète Vinéa et son peuple. Leloup, dans un féminisme surprenant, car la bande dessinée compte peu de personnages féminins forts, multiplie les rôles de filles venues de pays exotiques, du passé (voyage dans le temps) ou du cosmos, notamment Khany, la superbe blonde vinéenne, meilleure amie de Yoko, véritable leader, aussi aventurière que justicière, comme l’est Yoko.

Justement, le dernier album tourne autour d’un secret que Khany peine à révéler à sa meilleure amie. Cette information, gravissime, met en jeu la survie des milliers de Vinéens en léthargie sous la surface de la Terre depuis des millénaires, mais aussi ceux qui sont déjà de retour sur Vinéa ainsi que… toute la vie terrestre. Leloup, qui ne manque jamais de s’attarder à différentes questions éthiques, religieuses et philosophiques, touche encore à des valeurs universelles et aborde cette fois la génétique, les génocides, la robotique et les armes bactériologiques.

Rassurez-vous, le propos est diffus et, comme d’habitude, le ton bon enfant permet de rejoindre tous les publics. Roger Leloup renoue avec l’univers iconographique qu’il a façonné avec les années, où la technologie est omniprésente, de même que les paysages grandioses et antiques, comme les vieux châteaux écossais. J’ai eu la chance d’interviewer deux fois ce proche collaborateur de Hergé et de Peyo, qui s’est lancé dans l’aventure solo de Yoko Tsuno en 1969, l’année où les Humains se sont posés sur la Lune. Il m’avait alors présenté sa fille adoptive… une Coréenne. Nous avions discuté de la technologie et des valeurs japonaises (fidélité, travail, respect, droiture), héritées du shintoïsme et du bouddhisme, qu’il admire et saupoudre dans ses albums, ainsi que de la technologie, qui le passionne depuis l’enfance. Leloup, en un sens, est bien de son temps. Un conseil: relisez les albums précédents, car plusieurs aspects de l’histoire s’y réfèrent constamment.

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