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Pratiques parentales positives: l’effet Triple P

Éducation
Malgré des doutes au départ, la méthode Triple P aura été la solution pour deux familles de Mercier-Est qui nous livrent leur témoignage. (photo: © jolopes / Dollar Photo Club)
Malgré des doutes au départ, la méthode Triple P aura été la solution pour deux familles de Mercier-Est qui nous livrent leur témoignage. (photo: © jolopes / Dollar Photo Club)

Pour Nora Abouche et Julie Fréchette, deux mamans de Mercier-Est, leur participation au programme Triple P aura changé complètement la dynamique familiale à la maison.

Beaucoup de similitudes relient les deux témoignages de ces mères. En entrevue avec le Journal de Mercier-Est, toutes les deux ont affirmé avoir eux des réticences au départ face à ce programme qu’est Triple P, en phase de projet-pilote sur le territoire du CLSC de Mercier-Est-Anjou. Mais, en fin de compte, Triple P aura eu l’effet positif escompté.

Julie et son fils Cédric. (photo: Courtoisie)

Julie et son fils Cédric. (photo: Courtoisie)

Vouloir une solution magique

Nora Abouche est mère de quatre enfants, dont trois garçons âgés de 5, 9 et 11 ans, et une petite fille de 2 ans. Julie Fréchette a un fil âgé de 8 ans. Et comme dans bien des familles, il y a des jours où ça va bien, et d’autres jours où ça va moins bien, jusqu’à ce que ça aille mal, de manière récurrente. Pourtant, les deux femmes ont tout fait pour offrir le meilleur milieu familial possible à leurs enfants.

« Je craignais qu’une dépendance aux jeux vidéos allait se développer chez mes garçons. J’avais de la difficulté à gérer ces moments avec eux et je ne voulais pas que ça soit encore pire plus tard », raconte Nora Abouche.

« Mon garçon avait commencé à faire des crises à l’école. Tout a viré de bord en l’espace d’un an. Je voulais rapidement trouver une façon d’aider mon garçon », explique pour sa part Julie Fréchette.

Croyant toutes les deux avoir mis le doigt sur le problème qui causait tous les maux aux deux familles, les deux mères voulaient une solution presque « magique » pour y remédier facilement. Mais, elles se rendront rapidement compte que la source du problème allait se révéler être tout autre.

Le rôle de parent

Nora Abouche a été recommandée vers le programme Triple P par le SAC Anjou et le Carrefour des femmes d’Anjou. Julie Fréchette, qui était sur une liste d’attente au CLSC Mercier-Est-Anjou pour consultation avec son garçon, s’est fait recommander d’essayer le projet pilote par l’établissement.

Les deux ont pris part aux séances de groupes ainsi qu’aux conférences offertes dans le cadre du programme Triple P, où l’on apprend essentiellement à favoriser le développement de ses enfants et à gérer leurs comportements et leurs émotions d’une manière constructive et non blessante.

« J’ai trouvé la première séance très longue. On mettait l’accent sur la relation parent-enfant et je me disais que ce n’était pas moi qui avais le problème, mais mon enfant. Et ne faire que du renforcement positif, j’avoue que je trouvais ça un peu exagéré. Je ne voyais pas comment ça pouvait aider mon enfant dans ses crises. Mais, dès la deuxième séance, j’ai commencé à mettre en pratique ce qu’on nous a appris et le résultat fut instantané », explique Julie Fréchette.

« J’ai finalement réalisé qu’une partie du problème venait un peu de moi. Après avoir passé deux ans à l’extérieur de Montréal, nous sommes revenus vivre ici et j’ai dû inscrire mon fil à l’école de quartier qui n’était pas mon premier choix. Il s’est fait des nouveaux amis, mais un mois après la rentrée scolaire, il a été victime d’intimidation et il est devenu plus agressif. On lui a diagnostiqué un trouble d’anxiété généralisée. De mon côté, je le traitais trop comme un adulte au lieu d’être un parent pour lui, donc ça n’aidait en rien sa situation », ajoute-t-elle.

Les quatre enfants de Nora Abouche. (photo: Courtoisie)

Les quatre enfants de Nora Abouche. (photo: Courtoisie)

Pratiques parentales positives

Grâce à Triple P, Nora Abouche aura finalement réalisé que son fil cadet avait un trouble d’apprentissage. « Après réflexion, on s’est aperçu mon mari et moi que nous avions trop chouchouté Walid. À sa naissance, nous avons dû faire des suivis au département d’oncologie à l’Hôpital Sainte-Justine. Il est né avec une rate plus grosse et il avait des problèmes hématologiques. Il était aussi susceptible de faire une leucémie. Nous l’avons surprotégé. Donc, si on avait le malheur de le contrarier, il piquait une crise. Cela avait un effet domino sur ses frères et sa sœur. Walid était devenu comme une boule de laine et l’on ne savait plus par quel bout le prendre pour le démêler », illustre Mme Abouche.

« La méthode Triple P nous a ouvert les yeux sur notre façon de faire. On ne s’en était jamais rendu compte, mais avant, on fonctionnait souvent selon les besoins de Walid jusqu’à limiter les activités avec nos autres enfants. Maintenant que nous avons trouvé une solution pour le problème de comportement de Walid, on s’est mis à se préoccuper des besoins de nos quatre enfants », explique Nora Abouche.

Elle ajoute : « Je pensais avoir trouvé le problème, j’étais convaincue qu’il s’agissait des jeux vidéos, mais même si j’avais une partie de la solution, les outils fournis par Triple P ont été comme une lumière pour nous. Aujoud’hui, nous avons une routine à la maison pour faire les devoir et souper en famille. De plus, on formule le temps de jeux vidéos comme une récompense et moins comme le retrait d’un privilège en cas de punition. »

Maison vs école

L’environnement à la maison et à l’école peut représenter deux univers très distincts. Étant donné les effets très positifs du programme Triple P sur son fils Cédric, Julie Fréchette aura bien aimé voir la direction de son école être plus ouverte à la méthode.

« L’école que fréquentait mon fils n’a pas voulu essayer la méthode Triple P, selon ce que rapporte Mme Fréchette. Finalement, pour combler ses besoins particuliers, Cédric fréquente l’école Charles-Bruno depuis la rentrée en septembre. On est chanceux quand même, mais j’aimerais voir plus de gens embarquer dans le programme ».

Nora Abouche est du même avis : « On pourrait même former les infirmières dans les CLSC avec la méthode Triple P. On met beaucoup d’emphase sur les cours prénataux avant la naissance d’un enfant, et après, les parents sont un peu laissés à eux-mêmes. L’éducation de nos enfants passe par des pratiques parentales positives. »

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