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Qui a inspiré le nom de la station de métro Beaugrand?

Histoire
La carte de Gilles Laporte explique sommairement l'origine du nom de chaque station du métro de Montréal.
La carte de Gilles Laporte explique sommairement l’origine du nom de chaque station du métro de Montréal.

Le nom des stations de métro rappelle un lieu, une rue, une institution, ou une personnalité qui a façonné l’histoire de Montréal ou du quartier.

On peut toujours faire une recherche sur Internet pour trouver l’origine du nom d’une station de métro. Mais aucune carte ne compilait ces informations. Un montréalais et historien, Gilles Laporte, a remédié à la situation. On peut visionner sa carte sur le web.

Mercier-Est ne compte qu’une seule station de métro (certains aimeraient que la ligne soit prolongée jusqu’à la rue Contrecœur, un sujet qui fut débattu lors de la dernière élection fédérale).

Honoré-Beaugrand en 1887.Honoré-Beaugrand rappelle la rue nord-sud située à l’est du quartier (autrefois la rue Trudel de la Longue-Pointe), mais surtout la mémoire d’un important journaliste et romancier québécois. Honoré Beaugrand (1848-1906) fut notamment fondateur, en 1879, du journal La Patrie, longtemps le plus important quotidien francophone et un des plus grands journaux du Canada. Il fut aussi maire de Montréal, rappelle la carte de M. Laporte. Il occupa ce poste en 1885 et 1886.

La vie de Honoré-Beaugrand aurait pu faire l’objet d’un roman ou d’un film. Il a vécu une décennie aux États-Unis avant de revenir à Montréal pour y fonder La Patrie. En 1891, il publie sa version du conte populaire La Chasse-Galerie, qui deviendra un immense succès et qui a fait l’objet d’un film du réalisateur Jean-Philippe Duval, qui sera lancé le 26 février prochain (bande-annonce).

Fils de navigateur, militaire, il fera la guerre au Mexique sous l’égide de l’infortuné empereur Maximilien, pour les Français. Il a vécu à La Nouvelle-Orléans à la fin des années 1860, où il devient journaliste. Il pratiquera ensuite son métier à Saint-Louis, à Boston et au Massachusetts, où il rencontre sa femme, Eliza Walker, qu’il épouse en 1873 à St.Paul de Fall River. La même année, il devient franc-maçon.

Deux ans plus tard, il lance le journal La République, à Boston. Admirateur des idéaux de la Révolution française, Honoré Beaugrand deviendra anticléricaliste et promoteur des libertés individuelles, inspiré par la constitution américaine. En 1878, il lance le journal Le Fédéral à Ottawa, qui disparaît quelques mois plus tard. Beaugrand s’installe ensuite à Montréal, où il lance un hebdomadaire satirique Le Farceur. Mais, en 1897, à la demande du Parti libéral du Québec, il lance La Patrie, une immense réussite commerciale, qui fera sa fortune (l’immeuble de La Patrie est encore debout et fut, un certain temps, un pavillon de l’UQAM, rue Sainte-Catherine, entre Saint-Denis et Saint-Laurent).

Comme maire de Montréal, il a fait la promotion de controversées campagnes obligatoires de vaccination. L’affaire Louis Riel et une épidémie de variole, amplifiée par la pauvreté généralisée des Canadiens français, enveniment les relations entre francophones et anglophones et ternit l’image de Beaugrand.

On devine, dans le Québec ultra-catholique et puritain de la fin des années 1800, que le libéral (au sens social du terme) et anticlérical Honoré-Beaugrand a suscité son lot de controverses!

Pamplemousse.ca a déjà abordé la biographie de ce personnage exceptionnel de l’histoire.

 

La carte de Gilles Laporte explique sommairement l'origine du nom de chaque station du métro de Montréal.

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