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Un après-midi au Congo

Culture
Marie-Louise Mumbu et Philippe Ducros en train de préparer un repas typiquement congolais pendant la pièce « Bibish à Kinshasa ». (photo: Marie-Eve Cloutier)
Marie-Louise Mumbu et Philippe Ducros en train de préparer un repas typiquement congolais pendant la pièce « Bibish à Kinshasa ». (photo: Marie-Eve Cloutier)

Samantha quitte le Congo pour aller vivre en France. Le long du voyage, dans l’avion, elle ressasse ses souvenirs, ce qu’elle a vu et entendu dans sa ville natale de Kinshasa. En arrière-plan, Bibish nous raconte et nous explique la scène.

« Bibish de Kinshasa » est l’adaptation théâtrale du livre « Samantha à Kinshasa » de l’auteure Marie-Louise « Bibish » Mumbu, paru chez l’éditeur Recto-Verso. La pièce a été présentée en après-midi le 13 février dernier, avant le vernissage de l’exposition « La porte du non-retour », à la Maison de la culture Mercier.

La mise en scène est d’ailleurs réalisée par Philippe Ducros, auteur de l’exposition photo, et lui-même interprète dans l’histoire. La comédienne Gisèle Kayembe y incarne le rôle de Samantha qui est journaliste. Les odeurs de nourriture congolaise ont aussi un rôle à jouer dans cette pièce, car Bibish est Philippe Ducros vont, tout le long de la présentation, préparer un repas typiquement congolais. L’expérience théâtrale devient soudainement plus immersive, d’autant plus que le public pourra goûter à la nourriture à la fin de la pièce.

Gisèle Kayembe interprète le personnage de la journaliste Samantha qui quitte son pays natal pour aller vivre en France. (photo: Marie-Eve Cloutier)

Gisèle Kayembe interprète le personnage de la journaliste Samantha qui quitte son pays natal pour aller vivre en France. (photo: Marie-Eve Cloutier)

« L’histoire que je raconte dans “Samantha à Kinshasa” est légèrement autobiographique, dans le sens où l’héroïne est une femme journaliste, comme moi, et qu’elle raconte beaucoup de choses que j’ai vécues et entendues à Kinshasa. Mais, le livre fait surtout état de l’envie de partir que tout le monde peut avoir », explique Marie-Louise Mumbu.

« J’ai commencé mon travail d’écriture en 2006. Mais, même en tant qu’auteure, je ne peux pas tuer mon côté journalistique. J’écris des écrits. Je vois toujours mes personnages en mouvement, comme des clichés photo. Je m’inspirais beaucoup des gens autour de moi. Peu importe où j’étais, j’écoutais les conversations. En 2009, une amie m’a aidée à trouver le fil conducteur de toutes mes histoires avec l’idée du personnage de Samantha. Son rôle de journaliste pouvait lui permettre de rapporter tous ces écrits », ajoute-t-elle.

L’histoire de Bibish

La pièce « Bibish de Kinshasa » est donc l’histoire derrière l’histoire, celle de son auteur et de son œuvre. Elle a d’abord été présentée à Kinshasa et en France avant d’être adaptée ici par Philippe Ducros.

« La metteure en scène de la pièce en France nous a fait nous rencontrer, Philippe et moi, lorsque je venais m’installer au Canada en 2010. À l’époque, il partait pour le Congo pour son projet “La porte du non-retour”. Un peu plus tard, nous nous sommes revues au Centre des auteurs dramatiques et nous avons commencé à travailler sur la mise en scène de la pièce », raconte Marie-Louise Mumba.

Sortir du livre, entrer dans le pays

De l’extérieur, il ne semble pas faire bon vivre au Congo. Maladies, exploitation minière, guerre, injustice, violence, et des morts, des millions de morts. Pourtant, le Congo de Bibish semble plus modéré. Sans fermer les yeux sur les horreurs qui se passent au pays, Bibish met plutôt en lumière le beau, le drôle, l’anecdote, la jeunesse.

« Il y a beaucoup d’humour noir dans le livre. On rit beaucoup de nous-mêmes. La vie est dure au Congo et on finit par n’avoir peur de rien. La preuve, on arrive bien à vivre au Canada malgré le froid! », lance à la blague l’auteure.

Durant la pièce, les actes de lecture sont entrecoupés de conversations entre Marie-Louise Mumbu et Philippe Ducros où il est question d’élaborer un peu plus sur la scène entendue. « Cela nous permet aussi de parler de l’actualité, de faire se questionner les gens qui viennent voir la pièce, notamment en ce qui concerne l’exploitation minière canadienne au Congo. À Kinshasa, on dit que si tu détiens l’information, tu détiens le pouvoir. Si tu ne sais pas, tu meurs petit à petit », mentionne Marie-Louise Mumbu.

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