Publicité

Cinéma : El Club, une œuvre atypique

Culture
Marcelo Alonso
Une histoire fictive, inspirée d’un fait divers. Photo : Eyesteel Films

Vendredi soir (4 mars), Station Vu présentera El Club, dernier long-métrage du Chilien Pablo Larraín. Auréolé du Grand Prix du Jury à la dernière Berlinale, El Club est un film perturbant et dérangeant. Après sa trilogie sur la dictature du général Pinochet, Tony Manero, Santiago 73 post mortem et No, le réalisateur s’intéresse aux hommes d’Église interdits d’exercer leurs fonctions.

À travers cette histoire fictive, inspirée d’un fait divers, Larraín brosse un portrait collectif d’une confrérie religieuse exclue du sacerdoce catholique. Ces brebis galeuses, coupables d’actes odieux répréhensibles, ont été soustraites à la justice civile par les figures d’autorité de l’Église.

Secrets inavouables

Nous plongeons en plein drame de la vie de représentants de Dieu qui ont tous leurs petits secrets inavouables cachés au fond d’un placard. Forcés de s’exiler dans un coin reculé, balayé par les vents, quatre prêtres et une bonne soeur mènent une retraite spirituelle.

Pécheurs repentis, ils expient leurs crimes en suivant des règles disciplinaires très strictes. Prières collectives, promenades sur la plage, émissions de télévision, discussions à huis clos, courses de lévriers et confessions forcées rythment leurs journées.

L’arrivée d’un nouveau pensionnaire perturbera la tranquillité des lieux. Le père Garcia, émissaire discret, remettra de l’ordre dans cette communauté religieuse minée par l’irruption inattendue d’une ancienne victime. Le chemin de leur rédemption finale sera long, semé d’embûches et d’épreuves.

El Club, un film audacieux

Les sujets sont graves et sensibles : absence de transparence, abus de pouvoir, culpabilité, homosexualité, lâcheté, mensonge, pédophilie, perversité humaine, religion et violence.

El Club se distingue par son humour noir, sa réalisation maîtrisée, ses images sombres ou floues, ses dialogues crus, son scénario habilement ficelé, ses personnages pathétiques et sa trame sonore signée Arvo Pärt. Une pléiade de comédiens, Alfredo Castro, Roberto Farias, Marcelo Alonso, Alejandro Goic et Antonia Zegers, tirent leur épingle du jeu avec des interprétations convaincantes.

Assurément, cette proposition cinématographique habitera les cinéphiles pendant longtemps!

La bande-annonce

Le film El Club sera présenté en version originale espagnole avec des sous-titres français.

Vos commentaires
loading...