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Optimisation de l’A25: avait-on vraiment l’intention de consulter les citoyens?

Transport
Plusieurs citoyens craignent que le projet d'optimisation de l'autoroute 25 soit réalisé au détriment de certains résidents du quartier, notamment ceux de la rue Curatteau. (photo: Marie-Eve Cloutier)
Plusieurs citoyens craignent que le projet d’optimisation de l’autoroute 25 soit réalisé au détriment de certains résidents du quartier, notamment ceux de la rue Curatteau. (photo: Marie-Eve Cloutier)

Les citoyens de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve auraient-ils été « bernés » dans le processus de consultation public avec les représentants du ministère des Transports dans le dossier de l’optimisation de l’autoroute 25?

C’est du moins ce que pense Jean Lapointe, président Collectif en environnement Mercier-Est (CEM-E). M. Lapointe suit de près l’évolution de ce projet de réaménagement dont le chantier devrait commencer ce printemps. Présent lors du conseil d’arrondissement du 2 mars dernier, il en a profité pour s’adresser à nouveau aux élus à ce sujet, durant la période de questions.

« Nous avons eu connaissance du projet dès 2013. On avait alors dit qu’on voulait être consulté. On nous avait dit “oui”. En 2014, vous nous avez dit qu’il n’y aurait pas de consultation au courant l’année. Il n’y en a pas eu. En 2015, nous avons finalement appris que le processus d’appel d’offres était en cours », lance Jean Lapointe à Réal Ménard, maire de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve.

Il ajoute : « J’ai même découvert que Sylvie Vachon, présidente-directrice générale de l’Administration portuaire de Montréal, faisait déjà allusion à l’accès direct prévu pour les camions à l’autoroute 25 à la sortie du port de Montréal dans une allocution prononcée devant la Chambre de commerce et d’industrie de la Rive-Sud, le 20 septembre 2012. C’était six mois avant l’annonce publique du projet dans les médias. »

Le président du CEM-E était visiblement choqué. « Dès 2013, nous avons demandé à être consultés. Je constate aujourd’hui que nous avons plutôt été illusionnés. [Malgré deux rencontres en décembre et en février], le MTQ est plus ou moins ouvert aux modifications. Est-ce encore possible de penser réaménager le projet? », demande M. Lapointe.

« Chaque occasion qu’on a eue, nous avons créé des espaces de discussion pour parler du dossier d’optimisation de l’autoroute 25 [avec les citoyens et le MTQ]. Le ministère semble ouvert à de petits changements, comme inclure des technologies de mitigation, mais la grande architecture du projet va rester la même », répond le maire Ménard.

Un aperçu du plan concernant le projet d'optimisation de l'autoroute A25 du MTQ. (Capture d'écran: Projet corridor A-25 - Carte )

Un aperçu du plan concernant le projet d’optimisation de l’autoroute A25 du MTQ. (Capture d’écran: Projet corridor A-25 – Carte )

Consultation ou séance d’information? 

Sans dire que le projet sera voué à l’échec, Laurence Lavigne-Lalonde, conseillère de Maisonneuve-Longue-Pointe, est d’avis que le ministère des Transports aurait eu avantage à être plus à l’écoute de la population dans tout le processus.

« Nous avons tenté d’organiser des rencontres avec le MTQ qui pour certains ont été décevantes. Plusieurs questions ont été posées, mais peu de réponses ont été livrées. Je crois qu’il y a eu une grande confusion entre les termes “consultation publique” et “séance d’information” au sein du ministère », mentionne Mme Lavigne-Lalonde.

La conseillère s’est d’ailleurs dite prête à appuyer les citoyens concernés par le dossier d’optimisation de l’autoroute 25 dans des demandes d’accès à l’information ou dans des messages adressés au MTQ. Mme Lavigne-Lalonde a elle-même envoyé une lettre à Jacques Daoust, ministre des Transports, de la Mobilité durable et de l’Électrification des transports. Pour l’instant, cette missive est demeurée sans réponse, d’après ce qu’a appris le Journal de Mercier-Est

Crainte du retour du camionnage sur Curatteau

Le camionnage sur la rue Curatteau est interdit depuis déjà presque 20 ans, excepté pour les livraisons locales. Or, une partie de cette interdiction sera levée avec le projet d’optimisation de l’autoroute 25.

Ce faisant, des citoyens sont inquiets de voir des camions en profiter pour emprunter des passages qui leur sont interdits la nuit, entre 19 h et 7 h. « On subit le camionnage, car on est pris entre le pont-tunnel Louis-Hyppolite Lafontaine et l’autoroute 25, et le port de Montréal qui s’étend de plus en plus vers Montréal-Est. On veut avoir une garantie qu’il n’y aura pas de camionnage de nuit là où c’est interdit », demande Suzie Miron, résidante de Mercier-Est.

« Je ne comprends pas d’où vient cette crainte. L’interdiction du camionnage de nuit ne sera pas levée. Il faut juste faire en sorte que les camions puissent aller le plus rapidement possible vers le réseau autoroutier supérieur. Le projet d’optimisation de l’autoroute 25 semble indiquer que ce sera le cas », souligne Réal Ménard.
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