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Cinéma : Le fils de Saul, un film-choc

Culture
Géza Röhrig
L’épuisant et misérable quotidien de Saul. Photo : Indiewire.com

Jeudi en après-midi et en soirée (12 mai), Station Vu présentera Le fils de Saul, une création plébiscitée par la critique, de László Nemes.

Le jeune cinéaste tape en plein dans le mille avec ce film-choc. Il transpose en images et en sons une réalité, celle d’un membre du groupe des Sonderkommandos, déportés et condamnés à assister les SS au sein des camps d’extermination.

Parfaitement maîtrisée, cette première réalisation laisse pantois les spectateurs. Ceux-ci entrent de plain-pied dans l’un des crematoriums d’Auschwitz-Birkenau.

Saul et sa quête de sens

Ce drame raconte la quête, a priori impossible, finalement bouleversante. Le fils de Saul dépeint l’épuisant et misérable quotidien de Saul Ausländer (Géza Röhrig), un prisonnier de guerre.

Encadrés par les kapos, Saul et ses frères d’infortune travaillent sans relâche. Obligés d’arborer l’étoile jaune et la croix rouge, ils effectuent des tâches spécifiques : accueil, collecte des effets personnels, crémation, déblaiement, nettoyage et dispersion des cendres.

Alors que Saul nettoie les chambres à gaz, il croit reconnaître son fils parmi les amas de cadavres. Étrangement, le râle rauque de cet enfant emplit son âme. Dans cette mort particulière, le Juif hongrois vit une lueur d’espoir.

Le fils de Saul, des récompenses cinématographiques prestigieuses

Lauréat de la 73e cérémonie des Golden Globes et de la 88e cérémonie des Oscars (meilleur film en langue étrangère) et du Grand Prix du jury au dernier Festival de Cannes, László Nemes se dirige lentement mais sûrement dans la cour des grands.

Bénéficiant d’une photographie soignée, signée Matyas Erdely, d’une mise en scène habile, d’images fugitives de même que d’un montage sonore fait de sons assourdissants, l’œuvre s’avère percutante. Les horreurs concentrationnaires ne sont pas cachées, mais elles sont montrées en arrière-plan précis, en arrière-plan complètement flou ou hors champ. Le spectateur évolue avec le protagoniste.

Dans ce premier rôle de composition, le poète et écrivain hongrois Géza Röhrig reste impeccable de la première à la dernière scène. Son jeu, tout en retenue, est remarquable.

Par son intensité troublante, Le fils de Saul frappe en plein cœur!

La bande-annonce

Le film Le fils de Saul sera présenté en version originale hongroise avec des sous-titres français.

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