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Club de lecture: liberté

Culture
CVT_Sauvage_4541

Voici les suggestions du Club de lecture cette semaine!

Littérature jeunesse

Suggestion de Ganaëlle Roberge, intervenante en éveil à la lecture et au langage de la Maison des Familles de Mercier-Est.

CVT_Sauvage_4541Sauvage, par Emily Hughes, éditeur Autrement jeunesse, 2014.

Voici un album tout simplement magnifique! La page couverture présente une petite fille à la chevelure verte constellée de fleurs sauvages qui regarde le lecteur avec ses grands yeux. Ouvrez le livre et vous entrerez dans son univers… L’histoire débute ainsi : « Personne ne se souvenait du jour où elle était arrivée là. Mais chacun sut aussitôt qu’elle était faite pour vivre dans les bois. » La fillette grandit au cœur de la forêt. Tour à tour, les oiseaux lui apprennent à parler, les ours où trouver de la nourriture et les renards comment s’amuser. Elle mène une vie heureuse jusqu’au jour où deux « animaux inconnus » (deux chasseurs…) la rencontrent et l’arrachent à sa forêt. Un célèbre psychiatre et sa femme l’adoptent et essayent de lui inculquer de nouvelles façons de vivre. La tentative est un vrai fiasco! La fillette quitte leur maison avec fracas en entraînant avec elle le chat et le chien avides eux aussi de liberté et de nature.

La relation étroite tissée entre le texte et les illustrations offre au lecteur un niveau de compréhension riche. Les splendides illustrations regorgent de détails à découvrir! L’auteure-illustratrice recourt à une bonne dose d’humour pour illustrer les efforts du psychiatre cherchant en vain à éduquer la petite fille. Le récit semble remettre en question le conformisme ambiant de la société moderne tout en prônant avec beaucoup de fraîcheur le droit à la liberté, à l’unicité et à la différence. Un album à découvrir absolument! Le livre est disponible à la Bibliothèque Mercier dans la section « Jeunes – Livres d’images » sous la cote HUG.

Roman

Suggestion de Catherine Belleau, bibliothécaire à la bibliothèque Mercier de la Ville de Montréal.

Le gout sale du secretLe goût salé du secret, de Barbara Delinsky. Paris : Mosaïc, 2015, 505 p.

Présentement offert dans la section romans des nouveautés de la bibliothèque.

Très connue en littérature féminine, Barbara Delinsky est née près de Boston au Massachusetts en 1945. Elle a écrit près de soixante-dix romans au cours des vingt dernières années. Je vous suggère son tout dernier titre. « Le goût salé du secret » est une belle lecture d’été empreinte de fraîcheur, d’amour et d’amitié. L’histoire se passe au bord de la mer sur l’île fictive de Quinnipeague, au large du Maine.

Charlotte, journaliste à son compte, vient retrouver son amie d’enfance et d’adolescence Nicole afin de l’aider à élaborer un livre de cuisine. Lors de ses retrouvailles, des secrets feront surface… Julian le mari de Nicole est atteint de la sclérose en plaques et peut-être bien que Charlotte pourrait l’aider. Charlotte fera la rencontre d’un habitant de l’île, Leo. Avec lui, elle vivra le début d’une belle relation.

L’auteure est diplômée en psychologie et cela se sent dans les descriptions des relations entre ses personnages. Un roman à lire pour se détendre. Il est facile à lire et offre un point de vue optimiste sur la vie. J’ai particulièrement aimé les moments où Nicole parle des herbes et épices qu’elle veut utiliser dans son livre de recettes. Les descriptions de la vie sur cette île, de l’océan, des jardins nous offrent un terrain idéal pour l’évasion.

Suggestion de Marie-Eve Cloutier, journaliste et chef de pupitre

Maquette Fiction OKPutain, de Nelly Arcan. Édition du Seuil, 2001

Alors que le film sur la vie de Nelly Arcan doit en principe sortir en 2016 (aucune date ne semble avoir été annoncée pour l’instant), j’ai pensé suggérer cette semaine le premier roman de la défunte écrivaine : Putain. Isabelle Fortier, de son vrai nom, s’est enlevé la vie dans son appartement du Plateau-Mont-Royal, en 2009. J’ai lu son œuvre, et les subséquentes, après sa mort (car il faut dire qu’en 2001, j’avais à peine 15 ans). Je crois même avoir découvert l’auteure lorsque l’on a annoncé sa mort dans les médias. Avoir lu Nelly Arcan et après apprendre son suicide est une chose troublante vu les propos tenus dans son livre (même ses livres), et l’inverse, lire du Nelly Arcan après sa mort est tout aussi troublant.

Son récit, qui mélange fiction et autobiographie, raconte la vie du personnage principal, Nelly, qui débute avec une psychoanalyse de son enfance très catholique, son arrivée à Montréal, ses études à l’UQAM, sa proximité géographique avec l’univers de la prostitution, univers dans lequel est plongera bien malgré elle, jusqu’à ce qu’elle réalise qu’elle était peut-être en fait née pour être putain. Vient ensuite l’amour, la haine, d’elle-même et des hommes. Le vocabulaire, obsessionnel et souvent cru, déstabilise. Et les références à la mort donnent des frissons dans le dos. On souhaite tout de même continuer la lecture, simplement afin de mieux comprendre cette femme brisée.

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