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Des histoires de papas en vedette

Culture, Vie de quartier
Les pères sont à l'honneur, dans Papas de l'Est. (Photo: Pexels)
Les pères sont à l’honneur, dans Papas de l’Est. (Photo: Pexels)

La cinéaste Carole Laganière songe à faire un film sur son père aujourd’hui décédé. Pour nourrir sa recherche, elle a filmé des papas de l’Est qui témoignent en compagnie d’un de leurs enfants. Le résultat sera présenté dès le 1er juin, chez Station Vu.

Même s’il ne s’agit que d’images de recherche, Papas de l’Est présente plusieurs aspects du visage de la paternité. Armée de son seul iPhone, Carole Laganière est allée à la rencontre de six couples de pères et d’enfants de Mercier et d’Hochelaga-Maisonneuve pour recueillir leurs témoignages. Un travail effectué alors qu’elle était cinéaste en résidence dans l’arrondissement, un programme subventionné notamment par le Conseil des arts de Montréal. « Bien sûr, je posais quelques questions, mais j’avais envie de les laisser s’exprimer sans contraintes, de leur laisser toute la liberté. Les entrevues duraient entre une heure et une heure trente. »

La cinéaste a été étonnée de constater à quel point les pères s’étaient livrés à cœur ouvert. « J’ai eu de très belles surprises, car ils étaient prêts à témoigner et nous ont parlé de leur relation avec leur enfant avec beaucoup d’émotion », raconte-t-elle. Cela a aussi permis à la Carole Laganière de poser son regard sur l’évolution de ce lien filial, alors qu’elle a filmé des papas, âgés de 40 à 95 ans, et leurs enfants, qui ont entre 9 et 65 ans. « La paternité d’hier et d’aujourd’hui, les complicités, les tensions aussi, tous disent avec franchise le lien qui les unit à leur père, à leur enfant. Ces moments évoqués ensemble sont parfois drôles, parfois touchants, ils disent beaucoup l’importance de la présence du père. »

La marque d’un quartier

L’empreinte des quartiers a aussi son incidence sur les relations familiales, a-t-elle constaté au fil des entrevues. Certains lieux ont laissé des souvenirs ou ont une symbolique particulière. L’homme de 95 ans explique à quel point le parc, avec ses matchs de baseball, était important pour eux, raconte Carole Laganière. Un autre s’est rendu dans la ruelle de son enfance pour réaliser qu’il n’y avait plus aucun enfant qui y jouait. « Cela montre, en quelque sorte, l’importance d’habiter l’espace », ajoute-t-elle.

D’où l’intérêt de recueillir des témoignages de résidents de l’arrondissement. D’autant plus que Carole Laganière est née dans Hochelaga-Maisonneuve et a vécu une partie de sa jeunesse dans Mercier. Une façon aussi de suivre les traces de son père, avec qui elle n’était pas très proche, tout en alimentant sa réflexion sur ce lien déterminant pour un enfant. « Le travail présenté dans Papas de l’Est constitue une recherche pour un court métrage que j’aimerais faire sur mon père. Ce sont donc des images de recherche que j’ai recueillies pendant cette démarche et qui sont présentées dans un montage de 35 minutes. »

Papas de l’Est sera présenté dans les locaux de Station Vu, situé au 8075, rue Hochelaga, le 1er juin prochain, à 13 h 30 et à 19 h 30. Il prendra ensuite l’affiche directement à la Maison des familles de Mercier-Est, au 700 rue Georges-Bizet, le 15 juillet à 9 h 30. La projection sera suivie d’un échange en compagnie de pères et de leur enfant ayant participé au tournage.

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