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Double vie… artistique

Culture
L'exposition Artefacts est présentée jusqu'au 22 mai à la Maison de la culture Mercier. (Photo: Anne-Marie Tremblay)
L’exposition Artefacts est présentée jusqu’au 22 mai à la Maison de la culture Mercier.(Photo: Anne-Marie Tremblay)

Plusieurs enseignants en arts plastiques mènent une double vie : quand la cloche sonne, ils enfilent leur sarrau et découpent, peignent, sculptent, photographient… Pamplemousse.ca en a rencontré quelques-uns, lors du vernissage d’Artefacts qui a réuni plus de 80 visiteurs, le 30 avril dernier.

Présentée à la Maison de la culture Mercier, cette exposition met en vedette les œuvres hétéroclites d’une quinzaine de membres de l’Association des éducateurs et éducatrices spécialisés en arts visuels du Québec (AQÉSAP). « Plusieurs enseignants réussissent à créer, mais peu d’entre eux ont une pratique soutenue, faute de temps. Ils n’ont pas un corpus assez imposant pour attirer une galerie. C’est pourquoi nous organisons, chaque deux ans, une exposition mettant en vedette leurs créations », explique Yves Girard, artiste et membre de l’AQÉSAP.

En effet, créer entre deux cours est une tâche très exigeante, avoue d’emblée Julie Morin, également impliquée dans l’association. Cette artiste réussit à combiner les deux au prix d’efforts constants. « C’est parfois difficile de tout faire, mais le fait de créer nourrit aussi mon enseignement, me permet de me ressourcer », indique-t-elle. Pour d’autres, cette exposition, une deuxième édition à la Maison de la culture Mercier, constitue l’occasion de présenter leurs créations pour la première fois. « Je me rappelle d’une femme qui avait éclaté en sanglots devant ses statuettes, bien mises en valeur sous la lumière. C’était toute reconnaissance pour elle, qui n’avait pas eu un parcours facile », se rappelle Yves Girard.

Inspirations multiples

Cette année, les visiteurs pourront voir quinze petites collections, toutes aussi différentes les unes des autres, regroupées sous le thème « Artefacts ». Un mot qui évoque autant les traces laissées par l’homme que les phénomènes technologiques accidentels altérant une expérience, explique Yves Girard. « Nous voulions un thème assez large, qui permettrait de remonter de l’origine de tout ce qui est produit par l’être humain, jusqu’à aujourd’hui. »

C’est pourquoi, les peintures où figure le premier Nintendo côtoient des statuettes d’inspiration ancienne ou des tableaux style cartes postales. Sculptures, peintures, collages : les médiums utilisés sont presque aussi nombreux que les artistes présentés. Même la radiographie est utilisée, pour montrer le passage du temps entre la chaire et les derniers vestiges de vie. D’autres jouent avec la lumière pour créer des effets spéciaux hauts en couleur.

Yves Girard présente quant à lui un échantillon de ses bijoux, confectionnés à la main. Inspiré de la nature, il moule l’écorce et les branches pour en créer colliers, broches et autres items. Des objets qui évoquent les talismans, ces porte-bonheurs prisés par les peuples nomades, entre autres. « Ce travail me permet de passer d’un élément aussi commun qu’une brindille à un objet revêtant une certaine dimension mystique. »

Sa collègue, Julie Morin, a quant à elle travaillé sur la ligne mince faisant qu’un objet du quotidien est un artefact et non un déchet. « Dès qu’on s’approprie ces objets, leur signification change. J’ai donc réuni des objets qui pourraient sembler être des rebuts, mais qui sont en fait des fragments de vie. » Ses collages dressent donc un portrait de l’artiste, avec ici, un morceau de verre, un matériel souvent utilisé par l’artiste, là, des feuilles, symboles de l’inspiration que lui procure la nature, etc.

L’exposition Artefacts est présentée en tandem avec Tracés sur carbone, qui met en vedette le travail de Marc Laforest, enseignant en art plastique.

 

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