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La CDEST ferme ses bureaux

Économie
31A-CDEST

Après avoir liquidé son mobilier, la Corporation de développement de l’Est (CDEST) a fermé ses bureaux, le 13 mai dernier.

Si sa structure est maintenue pendant un an, l’organisme a bel et bien mis fin à la plupart de ses activités. En effet, la CDEST regroupait trois volets: le développement économique local, le développement économique communautaire et le Carrefour jeunesse-emploi. Au cours des dernières années, la corporation a perdu ces deux premiers mandats.

Ne restait donc que le CJE Hochelaga-Maisonneuve. Si cet organisme était chapeauté par la CDEST, il avait sa propre équipe et ses locaux. « Le conseil d’administration a donc décidé de garder la corporation vivante pour un an, histoire de trouver la solution pour assurer la pérennité du CJE, dont le mandat a été renouvelé pour trois ans », explique Francine Labelle, ex-directrice de la CDEST.  Les membres du CA se sont donc donné douze mois pour trouver la meilleure solution pour permettre au CJE de voler de ses propres ailes.

Une décision prise après avoir appris, fin mars dernier, que  Développement économique Canada (DEC) ne renouvellerait pas son mandat de développement économique communautaire de l’organisme, deux jours avant la fin de l’entente. « Alors qu’on était si près de l’échéance, on ne s’y attendait pas du tout. Comme c’était une entente sur cinq ans et que DEC était à revoir sa stratégie, on pensait que cela allait être reconduit pour un an. D’autant plus qu’on avait proposé un plan de repositionnement », explique Francine Labelle.

« Le développement économique communautaire soutient la mobilisation et la concertation pour permettre la réalisation de projets structurants dans les quartiers », explique l’ancienne directrice générale.  La corporation venait en appui aux initiatives émergeant de la communauté qui avaient besoin d’une expertise plus pointue. La CDEST était d’ailleurs membre de Solidarité Mercier-Est et participait au projet d’entrée de quartier.

La CDEST n’est pas la seule à avoir subi ce sort : DEC a aussi mis fin au financement des toutes les corporations de développement économique communautaire de Montréal qui n’étaient plus que trois.

Coups durs à répétition

Ce non-renouvellement était un deuxième coup dur pour la CDEST, déjà fragilisée après avoir perdu son mandat de Centre local de développement (CLD) l’année dernière. Après le remaniement imposé par le gouvernement provincial, c’est la Ville de Montréal qui s’occupe dorénavant de ce dossier. Les 18 CLD du territoire ont été regroupées dans PME-Montréal, qui compte six chapitres. Pour l’arrondissement, c’est PME-Montréal-Centre-Est qui a pris le relai.

Le transfert du mandat CLD de la CDEST vers PME-Montréal-Centre-Est a aussi des conséquences localement, ajoute Francine Labelle. En effet, cet organisme couvre un plus vaste territoire, avec une seule portion du budget. « Juste au niveau de l’économie sociale, on parle de réductions majeures des montants. Si on regarde seulement le territoire du centre-est, ils ont 200 000 $ au total pour l’économie sociale, alors que chacun des trois secteurs du centre-est avait un budget supérieur à cela pour ce volet », indique-t-elle.

Une grande perte pour Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, a aussi affirmé Laurence Lavigne Lalonde, conseillère de Maisonneuve-Longue-Pointe, lors du conseil d’arrondissement de mai dernier. « C’est une bien triste nouvelle, car la CDEST était un lieu unique, qui permettait de faire les choses différemment, de créer des liens entre le communautaire, la communauté, les entreprises et l’entrepreneuriat social. C’était vraiment l’endroit où les gens qui voulaient se lancer en affaires différemment pouvaient le faire. » Toutefois, cinq des ex-employés de la CDEST se sont réunis pour créer l’Effet quartier, une coopérative de travailleurs.

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