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Tracés créatifs à découvrir

Culture
Dans tracés sur carbone, l'artiste et enseignant Marc Laforest utilise et superpose les dessins de ses élèves. A découvrir jusqu'au 22 mai à la Maison de la culture Mercier. (Photo Anne-Marie Tremblay)
Dans tracés sur carbone, l’artiste et enseignant Marc Laforest utilise et superpose les dessins de ses élèves. A découvrir jusqu’au 22 mai à la Maison de la culture Mercier. (Photo Anne-Marie Tremblay)

Les étudiants de Marc Laforest ne savent peut-être pas à quel point ils inspirent leur prof d’art plastique. Dans Tracés sur carbone, présenté à la Maison de la culture Mercier jusqu’au 22 mai, il s’approprie leurs traits de crayons, les combine et les transforme pour en faire émerger des tableaux abstraits. Rencontre.

Pour Marc Laforest, tout est prétexte à l’expérimentation créative. « En classe, j’ai demandé à mes élèves d’utiliser des carbones pour certains travaux. Ce sont leurs tracés, imprimés sur ce papier décalque qui ont servi de point de départ à cette série, présentée pour la première fois », explique l’artiste montréalais, rencontré lors du vernissage de l’exposition, le samedi 30 avril dernier.

Autrefois utilisé pour ajouter les chiffres sur une facture, le papier carbone peut servir plusieurs fois et conserve la marque de chacun des croquis, gribouillis ou mots qui y sont retranscrits. Une mémoire avec laquelle s’est amusé le détenteur d’une maîtrise en arts visuels et médiatiques de l’UQAM.

Les carbones ont été récupérés et scannés. Ensuite, chaque ligne a été découpée dans du papier noir, ce qui a donné naissance à la première série intitulée Tracé materialisé. C’est pourquoi l’observateur attentif pourra déceler certaines formes, certains dessins, qui viennent s’entremêler les uns aux autres. Une façon aussi pour l’enseignant d’évoquer le théâtre d’ombres.

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Un exemple de la série Tracés materialisés, de Marc Laforest. (Photo courtoisie Maison de la culture Mercier)

Toute une tête!

La série Émergence met quant à elle en valeur un procédé semblable. Cette fois par contre, les traits sont gravés sur le plexiglas, donnant une nouvelle couleur aux lignes qui tissent la trame de fond. « De plus, j’ai utilisé des papiers carbones que les élèves avaient utilisés pour faire un autoportrait d’eux-mêmes », précise-t-il. Ainsi, si les contours rappellent la forme d’une tête, les traits se multiplient, se confondent et s’enchevêtrent. Une façon d’illustrer « l’aspect fantomatique de ces tracés qui appartiennent à un passé flou, où les visages d’anciens élèves et leurs réalisations se superposent », explique-t-on dans les documents présentant l’exposition.

(photo: Courtoisie)

Plus concrètement, Marc Laforest voulait démontrer que l’art peut être partout, à condition de s’y attarder. « À travers cette démarche, je voulais rendre un peu de noblesse à quelque chose d’aussi banal que des traces sur un carbone. » De la même manière, chaque chose de la vie peut prendre des couleurs artistiques, si l’on en décide ainsi.

Inspiration quotidienne

Ce n’est pas la première fois que Marc Laforest utilise la salle de classe de l’école secondaire de Laval où il enseigne comme point de départ pour créer. « J’ai aussi pris une photo d’un vieux tabouret de ma classe, que j’ai agrandi pour en faire une véritable toile de deux pieds sur trois pieds », raconte-t-il. Une toile qu’il a légèrement modifiée, ajoutant quelques détails ici et là, comme ses initiales et celles de son amoureuse. Une reproduction grand format qui a été créé pendant une résidence d’artistes au Centre de recherche et diffusion en arts contemporains numériques, à Sagamie.

L’exposition Tracés sur carbone est présentée conjointement avec Artefacts, qui met en vedette le travail des membres de l’Association des éducateurs et éducatrices spécialisés en arts plastiques du Québec (AQÉSAP). Des créations à découvrir jusqu’au 22 mai prochain.

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