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« Longue vie à Station Vu! »

Culture
Le réalisateur et président d'honneur de l'événement, Louis Bélanger et le fondateur et idéateur de Station Vu, Stéphane Hardy prennent la pause, à l'entrée du studio Piccolo. (Photo: Anne-Marie Tremblay)
Le réalisateur et président d’honneur de l’événement, Louis Bélanger, et le fondateur et idéateur de Station Vu, Stéphane Hardy, prennent la pause, à l’entrée du studio Piccolo. (Photo: Anne-Marie Tremblay)

Plus d’une centaine de citoyens, élus, artistes et amateurs de septième art ont levé leur verre à la santé de Station Vu, lors du cocktail-bénéfice qui s’est déroulé le 9 juin dernier. Une façon de montrer leur appui à ce cinéma de quartier indépendant de Mercier-Est.

C’est dans une ambiance lounge, avec DJ, bar à bonbons, toile collective et encan silencieux, que s’est déroulée cette troisième édition de l’événement, aux studios Piccolo, rue Lepailleur. « La première année nous a permis d’amasser les fonds nécessaires pour acheter notre premier projecteur et lancer officiellement le projet », se rappelle Stéphane Hardy, fondateur de Station Vu et résidant de Mercier-Est. En effet, s’il a commencé à réfléchir au concept en 2010, le projet a été incorporé en 2011 et les premières projections, dans les locaux de Productions Jeun’Est, rue Hochelaga, ont débuté en 2014.

Deux ans après les premières présentations, l’initiative a pris racine dans le quartier et compte sur des appuis toujours plus nombreux, estime Stéphane Hardy. Constituée en corporation, Station Vu a dépassé le cap des 1000 membres en 2016. Et, signe de l’intérêt des résidants, le nombre de projections a doublé, entre 2014 et 2015. « Et nous constatons une augmentation constante du nombre de personnes en salle », ajoute-t-il.

Appui de l’arrondissement et du milieu artistique

Au nombre de ceux-ci, la conseillère du district de Maisonneuve-Longue-Pointe, Laurence Lavigne Lalonde, était sur place, tout comme le maire de l’arrondissement, Réal Ménard. Il a d’ailleurs profité de l’occasion pour annoncer que l’arrondissement injecterait 15 000 $ par année, pendant trois ans, dans le projet. « On espère que cette somme aura un effet d’entraînement et encouragera d’autres bailleurs de fonds, comme le gouvernement provincial et fédéral, à investir aussi. » Une excellente nouvelle pour Stéphane Hardy, alors que le financement demeure le nerf de la guerre pour survivre. Surtout dans un contexte où Station Vu fait presque cavalier seul, avec les fermetures récentes de l’Excentris et de la Boîte Noire, deux institutions montréalaises dédiées au septième art.

Dans ce contexte, pas étonnant que Station Vu obtienne le soutien du milieu artistique québécois. D’ailleurs cette année, le réalisateur Louis Bélanger qui vient de lancer la comédie Les mauvaises herbes, a accepté d’être le président d’honneur de l’événement. « Je suis peut-être romantique, mais je me souviens de l’époque des ciné-clubs, alors que les lumières s’éteignaient pour qu’on puisse écouter un film et qui permettaient ensuite de se rencontrer et de discuter. Aujourd’hui, la façon de regarder des films est en mutation, mais je pense que ce besoin de rencontre existe encore. D’où l’importance de lieux comme Station Vu. »

De plus, les endroits devenant ancrage dans un quartier constituent un thème cher au réalisateur, qu’il a exploité entre autres dans le film Gaz Bar Blues. Station Vu en est un exemple. Le Studio Piccolo, implanté depuis plus de 30 ans dans Mercier-Est, en est un autre. Fondé dans les années 1970 par des résidants de Mercier-Est, le studio a vu plusieurs vedettes s’y succéder, comme Céline Dion. Le piano à queue, installé dans l’espace d’enregistrement, a d’ailleurs été mis à contribution durant la soirée de financement.  « La musique de tous mes films a été composée par mon frère, le musicien (et harmoniciste) Guy Bélanger, et plusieurs pièces ont été enregistrées ici, aux studios Piccolo », a-t-il lancé à l’assistance.

Le réalisateur Denys Arcand était aussi sur place. Cet ancien résident de Mercier-Est a rappelé à quel point le contact entre cinéastes et spectateurs est aujourd’hui rare, mais précieux. « On ne les croise que dans les soirs de premières où on ne reçoit que des compliments! » Présent deux fois lors de la projection de ses films à Station Vu, il a apprécié les discussions avec les spectateurs qui se sont étirées bien au-delà de l’horaire officiel. Monique Simard de la SODEC et Carole Brabant de Téléfilm Canada ont aussi pris la parole.

Durant la dernière année, Station Vu a mis à l’horaire 122 projections, présenté 54 films et organisé 23 rencontres avec des réalisateurs. Un travail qui n’aurait pas été possible sans les bénévoles, les employés et une bonne dose d’acharnement, a conclu Stéphane Hardy.

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