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PITREM : Garder le cap malgré la tempête

Économie, Vie de quartier
L'Assemblée générale annuelle du PITREM s'est déroulée le 21 juin dernier. (photo: Anne-Marie Tremblay)
L’Assemblée générale annuelle du PITREM s’est déroulée le 21 juin dernier. (photo: Anne-Marie Tremblay)

La dernière année a apporté son lot de turbulences au sein du Programme d’information sur le travail et la recherche d’emploi de Montréal (PITREM). Même si l’organisme a eu l’impression de perdre ses repères en cours de route, il a su garder le cap et retrouver le nord, résume Danielle Lacombe, sa directrice générale.

En effet, le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale a complètement revu sa façon de financer la mission des Carrefour Jeunesse-Emploi (CJE), l’un des volets offerts par le PITREM. « Alors que nous étions subventionnés à la mission, le ministère finance maintenant des programmes, avec des cibles de résultats, des volumes de jeunes », explique-t-elle, en marge de l’assemblée générale annuelle du 21 juin dernier.

Avec ce changement, le PITREM craignait de ne plus pouvoir desservir une certaine partie de sa clientèle et de ne plus pouvoir remplir sa mission, qui est de favoriser « l’insertion sociale, professionnelle et économique des jeunes adultes âgés de 16 à 35 ans du quartier Mercier ayant des besoins relatifs au marché du travail », peut-on lire dans la documentation de l’organisme.

Ainsi, l’équipe redoutait de ne plus pouvoir recevoir les jeunes au travail, les étudiants et ceux qui sont âgés de 16 et 17 ans. « On a donc décidé d’arrêter d’être réactifs et de plutôt mettre nos efforts à faire la preuve qu’on pouvait réussir. Nous avons donc travaillé fort pour tester des choses, nous donner le droit de faire des essais-erreur, de penser en dehors de la boîte. Ce qui a eu pour effet de solidariser l’équipe », explique Danielle Lacombe.

Ouvert à tous

C’est d’ailleurs pour réaffirmer sa mission, qui inclut tous les 16 à 35 ans, que le PITREM a organisé sa première journée portes ouvertes, explique pour sa part Véronique Lalonde, directrice des services. « Cela nous a permis de faire connaître nos services auprès des jeunes. Certains sont allés directement à la rencontre des recruteurs qui étaient sur place et d’autres se sont inscrits à nos programmes. » Au total, l’événement, qui comptait également conférences et ateliers, a attiré 80 personnes.

Autre nouveauté : le PITREM a été partenaire du programme de subventions des couches lavables de l’arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve. Ce projet a permis de remettre 100 $ à 75 familles pour l’achat de couches lavables. Le budget a été renouvelé pour 2016-2017 et est présentement disponible pour 75 nouveaux parents.

Des services multiples

Véronique Lalonde remarque aussi que, depuis les changements imposés par le gouvernement, les jeunes prennent parfois une trajectoire différente, selon leur profil. En effet, l’organisme ratisse large, si on ose se fier à leur présentation lors de l’assemblée générale annuelle. Par exemple, l’an dernier, 74 personnes ont profité d’un stage rémunéré de six semaines dans une entreprise, une vingtaine ont reçu du soutien pour se lancer en affaires et plus de 200 participants ont eu des rencontres personnalisées pour les aider dans leur recherche d’emploi, pour démarrer un projet ou pour retourner aux études.

Le PITREM travaille aussi de concert avec le Centre jeunesse, le CIUSS, production Jeun’Est, plusieurs écoles pour jeunes raccrocheurs, etc. « Notre mission dépasse largement la simple recherche d’emploi et touche plusieurs aspects comme le budget, la citoyenneté, etc. », précise Danielle Lacombe. Chez certains, il faut revoir les besoins de base, avec des notions touchant le respect, l’hygiène corporelle, etc. « Je me souviens d’un jeune qui ne savait pas qu’on devait conserver le jambon au réfrigérateur », raconte-t-elle.

D’où l’importance pour la directrice générale d’aller au-delà des chiffres et des programmes mesurés avec précision dans le temps. « Il faut voir nos interventions comme si elles faisaient partie d’un continuum. Cela peut prendre plusieurs fois, à plusieurs moments différents, pour que cela fonctionne », indique-t-elle.

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