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Serrurier Pro-Lock ferme sa boutique

Économie
Stéphane Pelletier, propriétaire de Serrurier Pro-Lock fermera sa boutique sur Hochelaga pour se concentrer sur son service mobile. (Photo Anne-Marie Tremblay)
Stéphane Pelletier, propriétaire de Serrurier Pro-Lock fermera sa boutique sur Hochelaga pour se concentrer sur son service mobile. (Photo Anne-Marie Tremblay)

Après 18 mois d’existence, Serrurier Pro-Lock fermera les portes de sa boutique située au 8726 Hochelaga, le 21 juin prochain. Le problème? « Il y avait trop de travail pour une personne, mais pas assez pour deux », estime Stéphane Pelletier. Le jeune propriétaire continuera tout de même d’offrir ses services sur la route, avec son unité mobile.

Pas facile le métier de serrurier, à en juger par les propos tenus par Stéphane Pelletier. Le serrurier déplore la concurrence, qu’il juge même parfois déloyale. « Quand je vois les dépanneurs, les cordonniers, les quincailliers qui taillent des clés à bas prix et à deux pas de ma boutique, ça me fâche un peu. Ce sont autant de clients qui auraient pu entrer dans mon commerce et me demander conseil sur une serrure qui fonctionne mal, acheter une poignée ou un cadenas », explique le jeune homme qui est né et a grandi dans Tétreaultville.

Il digère aussi mal que les taxis se plaignent contre Uber, mais n’hésitent pas à déverrouiller les voitures, quand le conducteur oublie les clés à l’intérieur, pour 20 ou 30 $. « En plus d’avoir étudié un an pour obtenir mon DEP en serrurerie, il faut que je paie chaque année un permis de 1200 $ au Bureau de la sécurité privée pour exercer mon métier », déplore Stéphane Pelletier.

Si l’obtention de ce permis n’est pas nécessaire pour la reproduction de clés, il est obligatoire pour tout ce qui concerne l’installation, l’entretien et la réparation de dispositifs de verrouillage. « Pourtant, on n’a aucune garantie que la personne derrière le comptoir n’a pas fait une copie supplémentaire de votre clé avec une intention malveillante, poursuit Stéphane Pelletier. Surtout que plusieurs commerçants ne chargent pas de taxes et n’émettent pas de facture. Autrement dit, il n’y a aucune trace de cette transaction. »

Une fermeture de rue qui a fait mal

La fermeture partielle de la rue Hochelaga, entre les rues des Ormeaux et Joffre, une partie de l’été dernier, n’a pas aidé Serrurier Pro-Lock à bâtir sa clientèle, surtout en période de déménagement. À cause des travaux, il n’y avait aucune place de stationnement près de son commerce, et ce, même aux intersections. « Un client qui a le choix entre un commerce où il y a un stationnement accessible et un autre où il n’y en a pas n’hésitera pas longtemps. » Des circonstances qui n’ont pas aidé la boutique à s’enraciner, alors que c’était son premier été.

S’il a embauché un employé pendant quelques mois, Stéphane Pelletier a finalement décidé d’opérer seul. Mais partager son temps entre le dépannage sur la route et le commerce était loin d’être l’idéal. « Soit que j’étais obligé de référer certains clients chez d’autres serruriers parce que j’étais à la boutique, ou j’arrivais en retard pour ouvrir mon commerce parce que j’étais chez un client », raconte-t-il.

Après six mois de réflexion, il a donc décidé de fermer boutique et d’offrir uniquement un service sur la route. Il aurait essayé de croître assez pour embaucher un employé, mais il a aussi finalement réalisé qu’il n’avait pas envie d’endosser le rôle du patron. « En plus, ce n’est pas si facile d’augmenter assez ses revenus pour couvrir les frais de cet employé supplémentaire et gagner plus pour que ça rapporte », ajoute-t-il.

Stéphane Pelletier a ainsi fait une croix sur son rêve, du moins en partie. C’est donc avec émotion, même si sa décision est mûrement réfléchie, qu’il mettra la clé sous la porte définitivement, le 21 juin prochain. La boutique, quant à elle, sera fermée aux clients dès le 17 juin. « Mais je vais continuer d’offrir mes services sur la route et j’aimerais offrir un rabais aux gens du secteur. » Une histoire à suivre.

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