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Les religieuses aiment l’argent

Histoire
(photo: Journal La Patrie, 1er décembre 1890 - BAnQ Coll. Robert Carrière)
(photo: Journal La Patrie, 1er décembre 1890 – BAnQ Coll. Robert Carrière)

L’intérêt est le mobile des actions, dit-on. Or, serait-ce aussi le cas pour les religieuses?

En 1890, le journal La Patrie relate les considérations d’Honoré Mercier, alors premier ministre du Québec, et de son parti politique au sujet du fonctionnement des asiles.

Voici l’extrait:

La politique du gouvernement Mercier, au sujet des asiles, a toute l’approbation de la Patrie. Citons quelques-uns des considérants de l’organe libéral.

Ah! Les religieuses sont bien bonnes, nous les aimons beaucoup; mais elles sont de chair et d’os comme toutes les filles d’Ève; et tout le monde sait que nos très chères femmes aiment l’argent, ce n’est pas un crime, oh! Non; mais enfin c’est un fait reconnu. Or quand on aime l’argent, on est intéressé à en avoir, etc., et pour avoir soin d’un fou il ne faut pas être intéressé à en avoir soin.

Tenez, avec le système actuel, nos fous sont bien traités si nous payons bien et l’on a intérêt à les garder fous toute leur vie pour que cela paye toujours.

Puis si nous payons mal, eh! bien ma foi, allez prendre des informations à ceux ou à celles qui sont là enfermées comme des prisonniers depuis des années, gardés à vue, à tel point qu’on ne nous permet point de leur parler seul à seul. Et vous croyez peut-être que tous ces fous officiels sont de véritables fous ?

Détrompez-vous encore; une enquête impartiale, une enquête vraie nous donnerait des surprises. Essayez donc de faire sortir un fou ou un prétendu fou de nos asiles (NDLR: à moins qu’il ne sorte par ses propres moyens! Voir ici autre texte.). Il vous faut le concours du médecin qui a soin de votre homme; ce médecin est sous le contrôle immédiat du fermier de l’asile; ce fermier a intérêt à garder ce fou; cela paye; c’est son gagne-pain; le médecin a intérêt à protéger son fermier; bref tous qui devraient vous aider à arriver à votre but ont intérêt à vous mettre des bâtons dans les roues. Et, comme il est admis que, dans ce bas monde, l’intérêt est le mobile des actions, votre homme, fou ou non, reste coffré ou bien vous êtes une puissance. On frémit en songeant à cela. Ah! Si vous aviez été témoin de ce que nous avons vu, ce printemps, et si vous aviez entendu ce que nous avons entendu ! ; Mais assez, pour aujourd’hui.

L’Électeur, qui est plus encore que l’Étendard dans les confidences de M. Mercier, serait bien aimable de nous dire si ce sont les considérations développées dans l’article de la Patrie, qui ont servi de base à la législation dont les chambres à Québec viennent d’être saisies en rapport avec les asiles.

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