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Au K’Zou : nouvelle friperie de quartier

Économie
Caroline Therrien, propriétaire de la boutique Au K'Zou. (photo : Anne-Marie Tremblay)
Caroline Therrien, propriétaire de la boutique Au K’Zou. (photo : Anne-Marie Tremblay)

Sous la bannière de l’ancien J.D. Cuisine, au 2319, rue des Ormeaux, se cache un tout nouveau commerce. Ouvert depuis début juillet, Au K’Zou (prononcez au cas où) propose une sélection de vêtements et de produits de seconde main, triés sur le volet.

« J’aimerais que ma boutique attire autant les gens qui ont plus de moyens et qui aiment les friperies, que ceux dont le budget est restreint ou qui ne peuvent s’offrir autre chose que des vêtements de seconde main », explique Caroline Therrien, propriétaire de la friperie que nous avons rencontrée, quelques jours avant l’inauguration officielle du commerce, le 21 juillet dernier.

Jour de l'ouverture officielle. (photo: courtoisie)

Jour de l’ouverture officielle. (photo: courtoisie)

Ainsi, la grande majorité des vêtements se vend entre 1 $ et 5 $. « Dans le fond, je veux que les morceaux proposés soient de qualité boutique, mais avec des petits prix qui conviennent à tous », précise-t-elle. C’est pourquoi la jeune femme prend beaucoup de soins pour laver chaque morceau, vérifier qu’ils sont en parfait état et les disposer agréablement sur les différents présentoirs.

(photo : courtoisie)

(photo : courtoisie)

Lors de notre passage, plusieurs produits de marques se trouvaient sur les rayons, dont une camisole portant l’étiquette Kollontaï ou une chemise de chez Tristan & Iseult. Loin de se limiter aux vêtements pour femmes, les étalages, en train d’être montés, proposaient aussi souliers, bijoux, livres, accessoires pour bébés, cafetière, etc. « Je veux vraiment offrir des vêtements qui conviendront à toute la famille, en plus d’une panoplie d’objets comme des cafetières ou autres », explique Caroline Therrien. Tous les items proviennent de dons.

Ouvrir sa porte à tous

Elle-même résidente de Mercier-Est depuis plus de 15 ans, Caroline Therrien a constaté les disparités importantes dans le quartier. C’est pourquoi elle veut maintenir ses prix bas, tout en offrant des morceaux de qualité. Une philosophie à laquelle elle tient mordicus, alors qu’elle-même a vécu des moments plus difficiles dans sa vie. « C’est plus qu’une question d’argent ou de bas prix, c’est une question de confiance et d’estime de soi. Je veux que les gens qui passent la porte se sentent bien accueillis. »

Sa philosophie? Ouvrir sa porte à tout le monde, peu importe son apparence, ou sa classe sociale, raconte-t-elle avec émotion. Caroline Therrien promet donc sourire, oreille attentive et cafés, vendus 1 $ sauf peut-être les jours de pluie, où elle pense les offrir gratuitement. Comme elle a deux enfants de trois et six ans, elle sait à quel point magasiner peut être compliqué pour une maman… Caroline Therrien a donc prévu une petite aire de jeux pour que les bambins puissent s’amuser pendant que les grands fouillent dans les différents rayons.

Plus encore, elle veut redonner à sa communauté et au quartier. Déjà, la jeune femme prévoit verser une partie de ses profits à la Fondation de l’hôpital Sainte-Justine. La propriétaire a aussi offert un petit crédit à l’organisme Info-Femmes, dédié au dépannage d’urgence. « Ce n’est pas une fortune, mais parfois, le simple fait d’avoir un manteau d’hiver ou des accessoires pour les enfants gratuitement, ça peut faire une différence. » Idem avec le service de garde de l’école Sainte-Claire, fréquentée par sa fille, à qui elle aimerait faire quelques dons.

Alors que le commerce a ouvert depuis le début juillet, la bouche à oreilles a commencé à faire son œuvre, constate-t-elle. « Les clients sont nombreux à nous faire don d’articles et de vêtements. Et, lorsque j’ai annoncé que je préparais un événement pour mon lancement officiel, les gens m’ont offert spontanément de cuisiner des biscuits, des beignes, etc. » Lors de notre rencontre, deux de ses amis étaient aussi sur place pour lui donner un coup de main.

La piqûre des affaires

Au fil du temps, Caroline Therrien a occupé différents boulots, souvent dans le domaine du service à la clientèle. Mais c’est avec son conjoint, propriétaire de J.D. Cuisine, qu’elle a pris goût à l’entrepreneuriat. Tous les deux, ils ont monté l’affaire de toutes pièces. « J’ai beaucoup travaillé tout le côté administratif, que ce soit le budget, la publicité, le marketing, etc. Cela m’a permis de développer ma fibre entrepreneuriale. J’adore le fait de toucher à tout, d’utiliser ma créativité pour mener à bien des projets. C’est vraiment un travail qui n’est pas routinier. »

Alors que la compagnie spécialisée dans la fabrication d’armoires de cuisine a déménagé dans un autre local, Caroline a sauté sur l’occasion pour reprendre le bail, un espace qu’elle partage avec un ébéniste. Aujourd’hui, elle n’est pas peu fière d’avoir lancé une entreprise qui porte sa couleur et qui correspond à ses valeurs. Même si elle n’a pas compté ses heures depuis le début de l’été, elle est heureuse de la tournure des événements. « Sans publicité et simplement en ouvrant ma porte, plusieurs clients sont au rendez-vous. Ça fonctionne encore mieux que ce que j’avais pensé! » Elle espère maintenant que l’achalandage se poursuive, même durant la saison froide.

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