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Club de lecture: imaginer l’histoire

Culture
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Voici les suggestions du Club de lecture cette semaine!

Roman

La_fille_du_trainSuggestion de lecture de Catherine Belleau, bibliothécaire à la bibliothèque Mercier de la Ville de Montréal

La fille du train de Paula Hawkins. Paris : Sonatine, 2015, 378 p.

Cet excellent thriller psychologique m’a tenue en haleine du début à la fin. Paula Hawkins est une écrivaine britannique née en 1972. Elle a étudié à l’université d’Oxford. Ce roman très bien construit est narré en alternance par trois femmes : Rachel, Anna et Megan. Rachel, le personnage principal, est une jeune femme perturbée par son récent divorce d’avec un homme qui l’a trompée. Elle est aussi alcoolique. Rachel prend le train deux fois par jour pour se rendre à Londres. De la fenêtre du train, elle observe un couple dont elle imagine la vie parfaite, comme celle qu’elle avait avant que son mari ne la quitte pour une autre.

Soudainement, un matin, Rachel aperçoit la femme du couple avec un autre homme que son mari, en train de l’embrasser. Quelques jours plus tard, elle découvre que cette jeune femme, Megan Hipwell, a mystérieusement disparu… Rachel va décider à un moment donné de s’en mêler. L’auteure nous entraîne avec une très grande efficacité dans un climat d’angoisse et de paranoïa soutenu. On ne peut pas s’empêcher de vouloir connaître le dénouement de l’histoire. Le portrait psychologique des trois femmes est très intéressant à suivre. Je vous recommande donc ce très bon suspense.

Suggestion de Stéphane Desjardins, éditeur

daprès une histoire vraieD’après une histoire vraie, Delphine de Vigan, JC Lattès, Paris, 2015, 479 pages.

Paranoïaques, s’abstenir! Delphine de Vigan offre ici un roman qui s’insinue dans notre esprit de façon totalement sournoise. Au début, on se demande presque pourquoi on lit une histoire aussi banale. Puis, alors qu’elle progresse, on se pose de plus en plus de questions sur l’état mental de l’auteur (qui écrit au «je») et sur les intentions de L., cette femme mystérieuse qui prend de plus en plus de place dans sa vie. Car Delphine est traumatisée par le syndrome de la page blanche. Elle est obnubilée par le succès de son roman précédent (Rien ne s’oppose à la nuit), qui soulève les passions chez ses admirateurs qui lui demandent systématiquement ce qu’il y avait de vrai dans ce récit autobiographique. Ces questions la traumatisent. Et voilà L. qui débarque en salvatrice.

«Tu sais parfois, je me demande s’il n’y a pas quelqu’un qui prend possession de toi», est-il écrit sur la pochette. Le roman explique comment L. s’y emploie, comme un briqueteur qui érige un mur. Brique par brique. Étendant méthodiquement son mortier d’une main experte. Au bout d’un moment, on a peine à décrocher de ce thriller psychologique, qui joue sur l’ambiguïté, à une époque où les gens ont soif d’authenticité et d’histoires véridiques. Justement, quelle est la part du vrai et du faux dans ce roman? On se posera cette question jusqu’à la dernière ligne. Delphine de Vigan a gagné le Renaudot 2015 avec D’après une histoire vraie.

Littérature jeunesse

Le petit chaperon rougeSuggestion de Ganaëlle Roberge, intervenante en éveil à la lecture et au langage de La Maison des Familles de Mercier-Est.

Raconte à ta façon… Le petit chaperon rouge par Sonia Chaine et Adrien Pichelin, éditions L’école des loisirs, 2014. 

Nous connaissons tous « Le petit chaperon rouge », ce célèbre conte issu de la tradition orale que Charles Perreault a été le premier à mettre par écrit et qui a ensuite été revisité par les frères Grimm, notamment par l’ajout d’un dénouement heureux. Cette fois-ci, le duo Sonia Chaine et Adrien Pichelin propose une version audacieuse, sans texte, prenant appui sur un simple graphisme et où le lecteur est invité à raconter l’histoire dans ses propres mots. De quoi nous amener à jouer, le temps d’un instant, avec l’oralité des contes traditionnels…

L’avant-propos de l’album précise d’entrée de jeu le mode d’emploi du livre et fournit la légende des pictogrammes que les créateurs associent entre eux de page en page dans le but d’illustrer le déroulement de l’histoire. Le récit s’articule ainsi autour de 9 pictogrammes symbolisant chacun un personnage, un objet ou un lieu. Par exemple, un triangle rouge est utilisé pour représenter le petit chaperon rouge, un triangle violet pour la grand-mère, un carré vert pour la forêt et une paire de ciseaux noirs pour le loup. La paire de ciseaux parvient d’ailleurs efficacement à illustrer le loup : on imagine facilement sa grande gueule affamée, surtout lorsqu’elle est affublée de dents ou encore lorsqu’elle revête la couleur de la grand-mère après l’avoir dévorée. La légende des pictogrammes est aussi imprimée au verso d’un signet attaché au livre à l’aide d’un ruban afin que le lecteur puisse au besoin la consulter pour se rafraîchir la mémoire. Pour s’inspirer, le verso du signet offre quant à lui un résumé de l’histoire relatée dans des phrases courtes, simples et associées au numéro de la page correspondante.

Par ailleurs, le préambule du livre invite également le lecteur à enrichir son récit en le ponctuant de bruits, de descriptions, d’actions et même de pensées des personnages. Un livre pour laisser libre cours à son imagination! Si vous aimez ce type d’album, le duo créateur s’est prêté au même exercice en revisitant aussi l’histoire des trois petits cochons. Ces deux livres sont disponibles dans le réseau des bibliothèques de Montréal.

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