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En route vers le 375e anniversaire de Montréal : Pleine lumière sur les Filles du Roy

Histoire, Vie de quartier
Le Choeur des Filles du Roy à Québec. (photo: courtoisie)
Le Choeur des Filles du Roy à Québec. (photo: courtoisie)

En vue du 375e anniversaire de Montréal, nous vous proposons une série de textes présentant les différents projets qui prendront vie dans Mercier-Est. Cette semaine, pleine lumière sur les Filles du Roy.

De mars à octobre 2017, plusieurs activités prendront place dans Mercier-Est pour souligner l’apport des Filles du Roy dans l’histoire. Des pionnières sans qui le Québec et Montréal n’auraient pu voir le jour, estime Michelle Desfonds, membre de la Société d’histoire des Filles du Roy fortement impliquée dans ce projet. « Ce sont des inconnues de l’histoire, alors que c’est grâce à elles que le pays s’est construit. Elles ont non seulement fondé des familles, mais aussi cultivé la terre, élevé des animaux, fabriqué des vêtements, du savon, etc. »

Si tous les détails ne sont pas encore ficelés, une chose est sûre : les Filles du Roy seront présentes lors des festivités de la Saint-Jean-Baptiste, à la Promenade Bellerive. Le Chœur des Filles du Roy entonnera quelques chansons de l’époque, alors que plusieurs kiosques exposeront les différentes facettes de la vie du début de la colonie, comme l’alimentation, l’habillement, le travail de la terre, etc. L’échange de connaissances avec les autochtones, de qui ces ancêtres se sont inspirées pour survivre, sera aussi souligné.

Si le financement le permet, les participantes pourraient même arriver par bateau. « Nous aimerions aussi organiser des reproductions de mariages d’époque avec les élus locaux », ajoute pour sa part Carole Castonguay, directrice générale de la Société d’animation de la Promenade Bellerive (SAPB), organisme porteur local du projet.

D’autres événements prendront place dans différents endroits du quartier au cours de 2017. Par exemple, le 8 mars, un cocktail dînatoire lancera le début des activités. Sous la thématique de l’intégration, cette soirée réunira des femmes de différentes origines qui, à l’instar des Filles du Roy, ont dû s’adapter à leur environnement. Ateliers de lecture et d’écriture dans les bibliothèques, rencontre des élèves dans les écoles et projection de films à Station Vu sont aussi prévus. Expositions de gravures et de vitraux pourraient également s’ajouter à l’horaire.

Mémoire collective

Autant d’occasions de réhabiliter la mémoire de ces femmes qui traînent une mauvaise réputation historique. Alors qu’on a longtemps dit que les Filles du Roy étaient des filles de joie, ce n’est pas fondé, explique Michelle Desfonds. Elles devaient même avoir un certificat de bonnes mœurs signé par le curé avant de s’embarquer, ajoute-t-elle. « Et, même si ça avait été le cas, ce n’est pas comme si elles avaient beaucoup de choix pour s’en sortir. Ces femmes étaient plutôt des orphelines qui étaient très pauvres. Elles n’avaient pas d’avenir en France et elles venaient ici pour se construire une vie alors qu’on donnait des terres à des gens dans des concessions. En échange, ils devaient la défricher et la mettre en valeur. »

Il fallait avoir du front et du courage pour s’embarquer sur l’un des bateaux ayant traversé l’océan chaque année entre 1663 à 1673 pour rejoindre la Nouvelle-France. Un voyage difficile, qui pouvait durer entre deux et quatre mois. « L’arrivée de ces femmes a permis de tripler la population du Québec et de Montréal en 10 ans », précise Michelle Desfonds. Sur les quelque 800 femmes venues peupler les rangs de la colonie au cours des ans, 72 se sont établies à Montréal, du moins à une certaine époque de leur vie. Un recueil présentant chacune d’entre elles est d’ailleurs en cours de préparation et devrait être prêt pour les célébrations de 2017.

Participantes recherchées

La Société d’histoire des Filles du Roy va encore plus loin et recherche des femmes prêtes à personnifier ces ancêtres provenant de Nouvelle-France. Une activité qui se trouve au coeur de la mission de l’organisme, actuellement en période de recrutement.  « Elles suivront une formation qui dure six jours où elles aborderont différents aspects, comme le contexte historique, l’alimentation, les vêtements, les coutumes de l’époque, etc. »,explique Michelle Desfonds.

Chacune d’entre elles pourra aussi consulter de la documentation pour connaître en détail la vie du personnage qu’elle incarnera lors des célébrations du 375e anniversaire de Montréal. Un point d’honneur pour l’organisation, qui tente depuis sa fondation en 2010 non seulement de réhabiliter l’histoire de ces pionnières, mais aussi de les sortir de l’anonymat. « Notre mission, c’est de faire connaître et reconnaître l’importance de ces femmes et de promouvoir la généalogie matrilinéaire », explique la responsable. La Société organise d’ailleurs différentes activités pour commémorer leur mémoire, dont un grand voyage en France qui a permis, en 2013, de remonter la trace de ces ancêtres débarquées 350 ans plus tôt.

Rappelons que Pleine lumière sur les Filles du Roy fait partie des 102 initiatives qui animeront les quartiers montréalais en 2017 et qui sont appuyées par la Société du 375e anniversaire de Montréal. L’appel de projets était destiné à tous les organismes à but non lucratif (OBNL) de la ville. Dans chaque arrondissement, un comité de citoyen a analysé et sélectionné les activités et événements financés par l’organisation.

En bref

Les femmes intéressées à personnifier une des Filles du Roy pendant les activités du 375e anniversaire de Montréal peuvent contacter la Société d’histoire pour connaître les détails du programme. La formation débutera en septembre.

 

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