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Feu à la Longue-Pointe : le village souligne le travail des pompiers

Histoire
L'église de la Longue-Pointe et le presbytère, qui venait tout juste d'être achevé un an avant l'incendie. (Illustration: Diocèse de Montréal - Coll. Robert Carrière)
L’église de la Longue-Pointe et le presbytère, qui venait tout juste d’être achevé un an avant l’incendie. (Illustration: Diocèse de Montréal – Coll. Robert Carrière)

Le 10 juin 1893, le village de la Longue-Pointe est encore une fois éprouvé par un incendie majeur : l’église, le presbytère ainsi qu’une dizaine de maisons sont emportés par les flammes.

Le journal La Patrie a d’abord rapporté que l’incendie avait pris naissance dans la boulangerie de Joseph Bédard avant de se propager aux bâtiments voisins, jusqu’à l’église de la Longue-Pointe ainsi que le presbytère. Alors que le brasier aurait pu détruire tout le village, le travail acharné des pompiers venus en renfort d’ailleurs à Montréal, ainsi que du bateau-remorqueur « Saint-Peter » qui a fait usage de ses puissants jets d’eau, a finalement éteint les flammes.

Voici ce que La Partie a publié dans ses pages pour donner suite à cette histoire les jours et les semaines suivant l’incendie :

La Longue-Pointe est bien éprouvée depuis quelque temps. Les citoyens ont encore vivace à leur mémoire le sinistre tableau représentant la destruction de l’asile de la Longue-Pointe, et ils n’oublieront pas de longtemps la terrible catastrophe de samedi, leur église en cendre et leur village en partie détruit.

Les pompiers sont revenus vers onze heures, samedi soir. Cette fois, heureusement, il n’y a pas eu d’accident dans la brigade. Les paroissiens de la Longue-Pointe ont assisté à la messe, dans la chapelle de l’hospice St-Benoit. Les pertes sont évaluées à 75,000.00 piastres au moins. Il y avait une légère assurance pour l’église et le presbytère, mais les autres édifices détruits n’étaient pas du tout assurés.

Un fait analogue à celui qui s’est passé lors de l’incendie de Villa-Maria nous est communiqué. Un médecin de cette ville a été averti par un citoyen de Chicago ayant des parents à la Longue-Pointe de se rendre immédiatement sur le théâtre de l’incendie et de protéger ses parents. Le docteur ignorait que la Longue-Pointe fut en feu. Évidemment, les gens de Chicago sont favorisés sous le rapport des prompts rétablissements. Le médecin en nous racontant ce fait ajouta d’un ton de mauvaise humeur; à ce train-là, lorsque je mourrai les gens de Chicago le sauront avant moi.

Malgré le mauvais temps, les citadins sont allés en grand nombre, hier, visiter les ruines. L’aspect du village est des plus tristes. Une épaisse fumée s’élève des ruines de l’église; les feuilles des arbres sont jaunies ou rôties; ce village situé sur la rive du fleuve, si gai, si enchanteur, ne présente aujourd’hui que désolation. On voyait encore hier, sur la grève, quantité d’objets que les propriétaires y avaient déposés, dans la crainte du feu. Il est probable qu’une nouvelle église soit construite à cet endroit d’ici à quelques années. Les chapelles des institutions religieuses peuvent, nous dit-on, suffire aux besoins de la population de la paroisse qui est très peu considérable.

15 Août 1893

Le maire de la Longue-Pointe, M. Joseph Vinet, ainsi que le conseiller Lapointe, ont, d’après une résolution du conseil passée le 20 juin dernier, présenté un cadeau de 20.00 piastres au chef des pompiers de Maisonneuve, M. O’Farrell, en reconnaissance des services rendus par la brigade de cette municipalité, lorsque l’incendie du 10 juin dernier menaça de détruire tout le village de la Longue-Pointe. Ce généreux cadeau était accompagné d’une adresse très élogieuse au chef et aux pompiers.

La Grotte de Notre-Dame de Lourdes de la Longue-Pointe. (photo : BAnQ - Coll. Robert Carrière)

La Grotte de Notre-Dame de Lourdes de la Longue-Pointe. (photo : BAnQ – Coll. Robert Carrière)

Des nouveaux détails concernant l’incendie à la Longue-Pointe

Le curé et toute la population du village ont beaucoup admiré le courage et la présence d’esprit avec lesquels les sœurs de la Providence, en particulier Sœur Marie-Madeleine, la supérieure, ont travaillé pour aider les citoyens de la Longue-Pointe à maîtriser l’incendie. Le village n’aurait pu échapper à une destruction complète si les sœurs et leurs employés n’eussent mis tout de suite leurs appareils à la disposition des gens.

Un des détails les plus intéressants de l’intérieur de l’église incendié était la reproduction exacte de la grotte de Notre-Dame de Lourde, de M. Adélard J. Boucher, marchand de musique de cette ville. L’existence de cette grotte se rattachait à un événement très remarquable de la guérison miraculeuse d’une des filles de M. Boucher. « Incident remarquable, la dernière personne qui ait reçu la sainte communion dans l’église détruite est Mlle Boucher elle-même. Une des gravures représente la grotte en question ».

Le 31 du mois de mai dernier, un pèlerinage unique a eu lieu à la grotte de l’église de la Longue-Pointe. Deux cent aliénés de l’asile Saint-Jean de Dieu, accompagnés par 15 religieuses et 100 sœurs tertiaires et une foule de villageois, se sont rendus en procession à la petite église, afin d’y prier à la grotte de Notre-Dame de Lourde.

La première partie de ce texte, publiée le 25 juillet : Feu à la Longue-Pointe: l’église, le presbytère et plus de 10 maisons brûlent

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