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Le jardin des nations : un projet pour l’intégration sociale

Vie de quartier
Le jardin communautaire BP Tétreaultville pourrait abriter un nouveau projet favorisant l’intégration sociale des immigrants et des personnes vivant avec un handicap ou une déficience. (photo : Anne-Marie Tremblay)
Le jardin communautaire BP Tétreaultville pourrait abriter un nouveau projet favorisant l’intégration sociale des immigrants et des personnes vivant avec un handicap ou une déficience. (photo : Anne-Marie Tremblay)

Lui-même affecté d’un handicap visuel, André Pedneault sait que la terre constitue un terreau fertile pour aplanir les différences. Avec son projet, le Jardin des nations, qui pourrait voir le jour en 2017 directement sur les terrains du jardin communautaire BP Tétreaultville, il veut utiliser le jardinage comme outil d’intégration sociale.

Le soleil plombe sur les jardins communautaires BP Tétreaultville, situé au coin des rues Aubry et de Teck. Une jardinière laisse une énorme courgette dans le réfrigérateur, branché à côté du petit chalet. « Elle a vraiment le pouce vert pour les courgettes. Elle laisse régulièrement ses plus grosses et une autre personne les ramasse, les transforme en gâteaux et les rapporte », explique André Pedneault, président du jardin communautaire.

C’est ce principe de partage des ressources qu’il aimerait mettre de l’avant avec le Jardin des nations. Un nouveau concept qui n’existe nulle part ailleurs, selon lui. « Quand les gens ont les deux mains dans la terre, les différences n’existent plus. C’est le principe sur lequel j’aimerais baser ce projet », précise-t-il. Sur l’espace actuellement inoccupé, il prévoit disposer une centaine de bacs. « Je veux que le jardinage serve de prétexte à l’intégration sociale des nouveaux arrivants, des gens qui ont besoin d’immersion en français, des personnes à mobilité réduite, handicapés ou déficients intellectuels. »

Jardin sans frontières

Un espace 100 % québécois, mais qui fera fi des ghettos, répète-t-il plusieurs fois pendant la rencontre. André Pedneault prévoit non seulement offrir l’occasion aux immigrants de parler français, mais aussi de créer des liens. « Je sais bien que plusieurs immigrants qui arrivent ici avec un bagage et savent comment cultiver la terre. Mais c’est un prétexte pour les aider à s’intégrer, à apprendre nos méthodes de production, à connaître les légumes qui poussent chez nous, etc. » Des contenants de démonstration seront aussi installés pour que les participants puissent montrer leur savoir-faire, en cultivant des plantes provenant de leur coin du monde.

André Pedneault prévoit également aménager une allée bétonnée pour faciliter l’accès aux jardins aux personnes en fauteuil roulant. De plus, il a pensé à un système de bacs surélevés et sur roulettes, qui permettra d’insérer la chaise en dessous et de faire tourner les pousses, sans se déplacer.

Avec cette initiative, André Pedneault espère faire germer une culture d’entraide et de partage entre les gens. D’autant plus que les jardins communautaires BP Tétreaultville constituent l’endroit idéal pour cela. En effet, l’espace abrite non seulement une soixantaine de terrains cultivés par les citoyens, mais aussi 32 lopins réservés aux élèves de l’école Philippe-Labarre qui participent au projet Les jeunes jardiniers, mis sur pied par André Pedneault en 2014. Autant d’occasions de créer des ponts entre les résidants du quartier, les enfants, les personnes âgées et, avec ce nouveau développement, les gens de différents pays, vivant avec un handicap, etc.

Financement recherché

Pour que tout se concrétise, il faudra toutefois trouver des commanditaires, publics ou privés, prêts à se lancer dans l’aventure. Au total, il estime devoir dénicher 100 000 $. Pour le moment, André Pedneault a reçu plusieurs appuis de principe, mais aucun engagement formel. « Je suis aussi en train de fonder un organisme sans but lucratif autour du jardin des nations qui devrait réunir 10 personnes. » Car son idée dépasse les frontières de Tétreaultville et pourrait s’exporter, s’enthousiasme-t-il. « L’échec n’est pas une option! »

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