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Magasin-partage : opération rentrée réussie

Vie de quartier
Ce sont 265 enfants du quartier qui ont reçu le matériel de base pour une rentrée réussie, grâce au magasin-partage de Mercier-Est. (photo : Anne-Marie Tremblay)
Ce sont 265 enfants du quartier qui ont reçu le matériel de base pour une rentrée réussie, grâce au magasin-partage de Mercier-Est. (photo : Anne-Marie Tremblay)

Entre cartables, sacs d’école, crayons et boîtes à lunch, plusieurs familles du quartier peinent à joindre les deux bouts. Depuis plus de 18 ans, le magasin-partage de Mercier-Est permet aux parents du quartier et aux élèves de commencer la rentrée du bon pied.

Lors de notre passage au sous-sol de l’église Saint-François-d’Assise, le 19 août dernier, les tables étaient presque vides. « Vous auriez dû venir hier, c’était pas mal plus impressionnant », lance Margot, bénévole depuis nombre d’années tant au magasin-partage qu’au comptoir vestimentaire.

Mais il faut dire que la distribution, sur deux jours, tirait à sa fin. Au total, ce sont 152 familles et 265 enfants qui ont pu bénéficier de cette distribution de matériel gratuit pour la rentrée scolaire. « Et cela ne compte que les petits d’âge scolaire, mais les familles que nous aidons sont parfois beaucoup plus nombreuses », explique Nicole Ouellette, responsable des activités et coordonnatrice du magasin-partage qui couvre tout le secteur Mercier-Est.

Pour alléger leur facture, les parents pouvaient non seulement repartir avec un sac à dos rempli d’items scolaires, mais aussi avec plusieurs produits d’épicerie, comme des fruits, des légumes, du riz, de la soupe et quelques gâteries pour les enfants, comme des biscuits. « Chaque famille a le droit de dépenser un certain montant, en fonction du nombre de personnes qui la composent. Ils doivent débourser 10 % du prix. C’est une question de dignité, les gens sont contents de payer, même si certains petits extras sont gratuits », explique Nicole Ouellette.

Visages multiples, réalités multiples

Nicole Ouellette qui coordonne le tout depuis dix ans, a constaté que la pauvreté ne recule pas au fil du temps. Au contraire. « Plusieurs personnes ont perdu leur emploi et se retrouvent très vulnérables. Par exemple, hier, une a éclaté en sanglots parce qu’on venait de lui couper l’électricité », raconte-t-elle. L’inflation qui touche le coût des aliments, mais aussi des frais entourant la rentrée qui aurait fait un bond de 4,5 % cette année, selon certaines études, ont un impact certain sur le budget des familles les plus démunies de Mercier-Est, dont 20 % vivent en milieu défavorisé, selon les données compilées par l’ancien CSSS de la Pointe-de-l’Île.

Autre constat : à l’image du quartier, les visages changent aussi et les familles proviennent maintenant des quatre coins du monde. « Il y a de plus en plus de nouveaux arrivants. Ce qui est un peu normal, car, quand tu arrives, cela peut prendre du temps pour retomber sur tes pattes. Par exemple, nous avons reçu une famille de Syriens hier et ils étaient tellement reconnaissants! » Nicole Ouellette a toutefois dû adapter l’offre de produits en fonction des différentes cultures. Ainsi, le couscous fait dorénavant partie des produits de base alors que le yogourt s’achète sans gélatine pour le magasin-partage, qui ouvre ses portes deux fois par année, à Noël et à la rentrée scolaire.

Des événements qu’il serait impossible de tenir sans la présence des bénévoles, une trentaine au total, rappelle Nicole Ouellette. Ils ont d’ailleurs dû sortir leurs lampes de poche, le mercredi, car l’électricité a manqué toute la journée. « L’une d’entre elles est allée à la maison pour préparer le dîner pour tout le monde! », raconte la coordonnatrice.

Le magasin-partage de Mercier-Est fait partie du regroupement de l’île de Montréal qui compte 17 points sur le territoire. En 2016, ce sont 4500 enfants qui ont pu recevoir un sac à dos bien rempli et 2500 familles qui ont pu garnir leur garde-manger. Plus de 600 bénévoles ont donné un coup de pouce à l’initiative.

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