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Prêtre en cour devant un juge

Histoire
Train pour le transport des patients, asile de Longue-Pointe, Montréal, 1911. (photo: CC-Musée McCord)
Train pour le transport des patients, asile de Longue-Pointe, Montréal, 1911. (photo: CC-Musée McCord)

L’asile Saint-Jean de Dieu détenait parfois des patients qui n’avaient rien à faire entre ses murs. C’est le cas d’un prêtre qui s’est retrouvé en cour devant un juge afin de demander son élargissement.

L’histoire s’est mérité quelques articles dans le journal La Patrie en 1893. Voici ce que j’ai pu trouver à ce sujet :

La cour Supérieur a été saisie, hier matin, d’une cause assez curieuse.

Me. Henri Pillet, avocat, a fait une demande d’habeas corpus ad subjiciendum (NDRL : qui signifie « que tu aies ton corps pour le présenter [devant le juge] », afin d’éviter les arrestations arbitraires) pour l’élargissement de M. l’abbé Vaillancourt, détenu à l’Asile St-Jean de Dieu de la Longue-Pointe.

La demande expose que ce dernier n’est privé de sa raison, et que par conséquent, il mérite d’être libéré. On a filé à l’appui plusieurs autres affidavits de la part des gardiens de l’institution, prétendant que le détenu n’est pas fou et qu’un plus long séjour dans cet endroit serait préjudiciable à sa santé. Le requérant déclare que la famille est prête à prendre soin de son parent, et qu’ils ont tous lieu de croire qu’il n’est pas assez malade pour être détenu dans un asile d’aliénés. M. le juge Pagnuelo a accordé la requête, et M. l’abbé Vaillancourt sera devant l’un des juges de la cour Supérieur, mercredi prochain.

L’abbé Vaillancourt perd son procès

Tel qu’annoncé, le procès de M. l’abbé Vaillancourt pour son élargissement de l’asile St-Jean de Dieu a été institué hier devant le juge Pagnuelo. C’est M. Napoléon Corbeil, neveu du malheureux abbé qui est le requérant.

Vaillancourt était présent en cour. M. Corbeil prétend que la détention de son oncle à l’asile n’a pas de motif suffisant et qu’elle lui est funeste.

Les religieuses ont plaidé justification et ont produit à leur appui un ordre des autorités exigeant l’internement.

Le juge, après avoir pris connaissance des pièces, donna gain de cause aux religieuses. Il conseilla au requérant de présenter une requête demandant l’élargissement. Cette requête sera présentée aujourd’hui.

L’abbé Vaillancourt sortira de l’asile

Pillet, agissant au nom de MM. Vital Napoléon et J.Bte Corbeil, neveux et parents les plus proches de M. l’abbé Vaillancourt, a, samedi matin, fait servir à la Sœur Madeleine du Sacré-Cœur et aux autorités de l’asile St-Jean de Dieu une sommation de remettre ce prêtre en liberté. Ses neveux se chargeront de lui.

Il y a deux ans M. l’abbé Vaillancourt, ancien professeur dans divers collèges de la Province de Québec et vicaire dans quelques-unes des paroisses, arrivait de Californie.

Un millionnaire canadien, mort depuis, M. Prudent Beaudry, lui avait donné l’argent voulu pour revenir au pays. En arrivant à Montréal, M. l’abbé Vaillancourt se présenta à l’archevêque et demanda de l’emploi dans le ministère diocésain.

Comme le poste se faisait attendre, il fit des menaces à l’archevêque et ne cessa de venir à la résidence de Mgr Fabre demander sa cure ou son vicariat.

Un jour, il fit des menaces trop accentuées et on le fit arrêter. De la prison on le conduisit à l’asile où il a demeuré jusqu’à aujourd’hui.

Cliquez ici pour voir la fiche d’information de l’image en une sur le site internet du Musée McCord. 

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